Gustav Klimt · 1916–1917 · œuvre tardive

La Danseuse : portrait, costume et tableau inachevé

Une femme aux seins découverts se tient dans un intérieur où kimono, bouquet, fleurs et coussins abolissent presque la profondeur. Derrière l’éclat décoratif se cache pourtant une histoire difficile : celle d’un portrait posthume de Ria Munk, transformé, repris puis laissé partiellement ouvert.

La Danseuse de Gustav Klimt, reproduction haute définition de la Neue Galerie
L’œuvre étudiéeLa Danseuse, 1916–1917, huile sur toile, environ 180 × 90 cm, collection privée, présentée par la Neue Galerie New York.Voir la reproduction peinte à la main →
1916–1917Datation généralement retenue pour la dernière transformation du tableau.
180 × 90 cmUn format vertical presque deux fois plus haut que large.
Huile sur toileAvec un dessin préparatoire au fusain encore visible dans le bas.
Ria Munk ?L’identification reste une hypothèse importante, pas une certitude absolue.
Partiellement inachevéLe tiers inférieur conserve des zones peu développées.

Réponse directe

Qu’est-ce que La Danseuse de Gustav Klimt ?

La Danseuse, ou Die Tänzerin, est un grand portrait vertical peint par Gustav Klimt vers 1916–1917. La figure est debout, presque frontale, la poitrine nue et le corps enveloppé dans une étoffe fleurie. Elle n’exécute pourtant aucun pas identifiable. Le mot « danseuse » décrit probablement un type de modèle et une nouvelle identité picturale, plus qu’un instant de spectacle.

Le tableau appartient à la phase tardive de Klimt, lorsque l’or continu et les surfaces parfaitement closes de la période dorée cèdent la place à des couleurs plus libres : roses, verts, rouges, bleus gris et blancs posés en touches visibles. La figure ne se détache plus d’un fond abstrait. Elle habite un intérieur instable où la table, le bouquet, le coussin et le panneau floral semblent se rabattre sur la toile.

Son histoire matérielle explique son aspect singulier. Selon une hypothèse largement discutée, Klimt aurait repris une deuxième tentative de portrait posthume de Ria Munk et l’aurait transformée en danseuse. La Neue Galerie qualifie l’œuvre d’inachevée parce que le tiers inférieur conserve du fusain apparent et des passages peu peints. La Gustav Klimt Database la décrit cependant comme une image achevée ou révisée par contraste avec Ria Munk III, clairement restée en chantier. Les deux formulations signalent des critères différents : état matériel d’un côté, autonomie visuelle de l’autre.

Lecture guidée

Une colonne humaine prise dans un intérieur qui bascule

Le tableau est moins construit par la perspective que par l’empilement de surfaces. Le visage, la poitrine, le kimono et les fleurs forment une verticale, tandis que la table et les textiles poussent l’espace vers nous.

Étude de danseuse en costume de flamenco par Gustav Klimt
Cette étude de danseuse en costume de flamenco, vers 1908, n’est pas une préparation directe du tableau. Elle montre toutefois comment Klimt isole une silhouette et laisse le vêtement déterminer le rythme général.
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Le visage comme point fixe

Au sommet de la composition, le visage est plus modelé que le reste. Les yeux sombres et la coiffure noire stabilisent un environnement saturé.

2

La nudité coupe le motif

La poitrine crée une zone de peau claire entre le visage et le vêtement. Cette interruption empêche la figure de disparaître totalement dans les fleurs.

3

Le kimono relie tout

Les motifs de l’étoffe répondent au bouquet et au décor mural. Au lieu de séparer corps et intérieur, le costume sert de charnière.

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La perspective hésite

Le bouquet paraît tantôt posé devant la femme, tantôt suspendu dans le fond. La table se redresse visuellement et l’espace devient presque textile.

5

Le bas demeure ouvert

Les jambes et la partie inférieure sont moins définies. Le fusain et les passages minces révèlent la construction sous la couleur.

Vert profondcharpente de l’intérieur
Rose peauvisage et poitrine
Jaune floraléclats du bouquet
Rouge corailrythme et chaleur
Bleu griséreculs ambigus
Blanc cassérespiration et réserve

Mode, nudité et décor

Le costume n’habille pas seulement le corps : il construit le tableau

Klimt ne décrit pas une robe à identifier comme dans un catalogue de mode. Il transforme l’étoffe en surface active, capable d’unir la femme au bouquet et à l’ornement asiatique.

Portrait d’Emilie Flöge par Gustav Klimt en 1902
Emilie Flöge, 1902La robe de réforme étire déjà le corps en une colonne décorative. Dans La Danseuse, cette logique devient plus souple et plus tactile : le motif semble se répandre hors du vêtement.
Emilie Flöge photographiée dans une robe ample vers 1906
Une robe réelle, une silhouette libreCette photographie d’Emilie Flöge rappelle l’existence des vêtements amples de la mode réformatrice viennoise. Il ne faut cependant pas attribuer automatiquement le kimono de la danseuse à son atelier.

La bande fleurie qui enveloppe la femme fait disparaître la taille, les hanches et presque les jambes. Le corps devient une longue présence colorée, comparable à une colonne. Cette solution appartient aux portraits tardifs de Klimt : les mains et le visage restent généralement plus naturels, tandis que les vêtements absorbent l’anatomie et diffusent les motifs dans le fond.

Le terme « kimono » est utile pour décrire la coupe enveloppante et le goût de l’Asie orientale, mais il ne suffit pas à documenter un vêtement précis. Klimt assemble une culture visuelle : fleurs, éventails, textiles, estampes, objets japonais et chinois circulaient dans les collections et les intérieurs viennois. Le résultat est une invention picturale occidentale nourrie de modèles asiatiques, non la copie fidèle d’un costume traditionnel.

La nudité introduit une autre tension. La femme n’est ni totalement habillée ni représentée comme un nu académique. Le vêtement ouvert, la frontalité et l’absence d’action narrative donnent à la figure une autorité presque théâtrale. Elle regarde le spectateur tandis que l’intérieur paraît se déployer autour d’elle comme un décor de scène.

Une identité transformée

La femme est-elle Ria Munk ?

La réponse la plus rigoureuse est : probablement à l’origine, mais pas avec certitude dans l’état final. Le tableau porte la trace d’une commande posthume et d’une métamorphose.

Portrait inachevé de Ria Munk III photographié au musée
Ria Munk III, 1917La photographie de musée rend visible la verticalité du portrait et ses grandes réserves. Ici, l’inachèvement ne fait aucun doute : la robe et le fond n’ont pas reçu leur développement final. Photo : Daderot, CC0.
Portrait inachevé de Johanna Staude photographié au musée
Johanna Staude, 1917–1918Autre portrait tardif inachevé : le visage et le vêtement sont très avancés, mais certaines zones restent ouvertes. Cette diversité montre que « non fini » n’est pas un état unique chez Klimt. Photo : Daderot, CC0.

Mort de Maria « Ria » Munk

La jeune femme meurt à vingt-quatre ans. Ses parents, Alexander et Aranka Munk, demandent à Klimt un portrait posthume.

Première version sur le lit de mort

Klimt peint Ria entourée de fleurs. L’image, trop directement liée au deuil pour la famille, n’achève pas la commande.

Une commande qui résiste

Dans une carte à Emilie Flöge, Klimt se plaint du « portrait Munk » et de l’impossibilité d’obtenir une ressemblance satisfaisante.

Le portrait devient La Danseuse

Selon une théorie importante, la deuxième tentative est recouverte et transformée : la jeune morte devient une figure érotique et anonyme dans un intérieur floral.

Troisième tentative : Ria Munk III

Klimt entreprend un nouveau portrait posthume, plus proche d’une effigie mondaine. Sa mort en février 1918 l’interrompt.

Première présentation américaine

La Danseuse est exposée dans la succursale new-yorkaise de la Wiener Werkstätte, devenant la première peinture de Klimt montrée aux États-Unis.

Prudence sur le modèle final : des auteurs ont proposé la danseuse Johanna Jusl, modèle régulier de Klimt, pour l’état visible aujourd’hui. D’autres conservent le titre Ria Munk II. Sans examen scientifique définitif des couches et sans document de Klimt donnant le nom du modèle final, l’identification doit rester conditionnelle.

Le mot juste

Pourquoi les sources ne s’accordent-elles pas sur l’inachèvement ?

La Neue Galerie insiste sur le fusain visible et le tiers inférieur incomplet. La Gustav Klimt Database parle, elle, d’une image « achevée » au sens d’une transformation devenue autonome. Ces positions peuvent coexister.

La Mariée, grand tableau inachevé de Gustav Klimt
Inachèvement manifeste

La Mariée

Des corps entièrement peints côtoient de larges zones où le charbon reste nu. L’arrêt du travail devient immédiatement visible dans la composition.

Adam et Ève, toile inachevée de Gustav Klimt
Deux degrés de finition

Adam et Ève

Ève possède déjà sa couleur et sa présence charnelle, tandis qu’Adam demeure fantomatique. La différence d’état organise tout le sens de l’image.

Bébé ou Le Berceau de Gustav Klimt, 1917-1918
Presque terminé

Bébé / Le Berceau

Le visage est minuscule au sommet d’une pyramide de tissus. La structure chromatique paraît complète, mais certaines parties conservent la liberté d’une esquisse.

Dame à l’éventail, tableau tardif de Gustav Klimt
Autonomie visuelle

Dame à l’éventail

La toile reste parfois dite inachevée, mais son équilibre entre figure, oiseaux et fleurs semble pleinement convaincant. Elle montre que l’aspect ouvert est aussi une esthétique tardive.

Un tableau peut être inachevé pour plusieurs raisons : le peintre cesse de travailler, meurt avant de reprendre la toile, considère certaines zones suffisamment éloquentes ou transforme une commande sans fermer tous les passages. Dans La Danseuse, l’inachèvement n’est pas un grand vide. Il se lit dans le bas plus mince, les contours au fusain et les transitions non résolues.

La surface supérieure, en revanche, est extraordinairement dense. Le visage, les seins, l’étoffe, le bouquet et le panneau floral produisent une image cohérente. C’est ce contraste qui explique le double vocabulaire des catalogues. Dire simplement « terminé » masque le chantier visible ; dire « abandonné » minimise la puissance de la composition. La formule la plus précise reste donc : œuvre très avancée, transformée en image autonome, mais laissée partiellement inachevée.

1914–1918

Ce que les portraits tardifs changent chez Klimt

La figure demeure centrale, mais le vêtement, le fond et les objets ne jouent plus un rôle secondaire. Ils construisent un espace de couleur qui conteste la profondeur classique.

Portrait de Fritza Riedler par Gustav Klimt, 1906
Fritza Riedler, 1906Le fauteuil et la mosaïque encadrent encore strictement le modèle. Le décor fonctionne comme un trône moderne.
Portrait de Sonja Knips par Gustav Klimt, 1898
Sonja Knips, 1898La robe rose occupe déjà une masse immense, mais le modèle reste inscrit dans un intérieur encore lisible.
Portrait d’Adele Bloch-Bauer I par Gustav Klimt, 1907
Adele Bloch-Bauer I, 1907L’or fusionne presque le vêtement et le fond. Dans La Danseuse, cette fusion revient sans feuille d’or, grâce aux fleurs et aux touches colorées.

Le passage de ces portraits à La Danseuse n’est pas une simple évolution du sombre vers le vif. Klimt modifie la relation entre corps et décor. Dans les commandes du début du siècle, le modèle s’inscrit encore dans un dispositif stable : fauteuil, robe, fond et accessoires sont hiérarchisés. Vers 1916–1918, les limites deviennent plus poreuses. Une fleur du kimono peut répondre au bouquet, un motif mural peut avancer au même niveau que le visage, une table peut basculer vers le spectateur.

Cette peinture tardive absorbe des leçons contemporaines sans perdre son identité. Les aplats et les couleurs intenses évoquent Matisse, tandis que l’intérêt pour les estampes et les objets asiatiques réoriente la perspective. Klimt ne devient ni fauve ni cubiste. Il utilise l’ornement pour produire sa propre modernité : une profondeur instable où le regard circule sans point de fuite unique.

Atelier de Gustav Klimt photographié par Moriz Nähr vers 1917
Atelier de Klimt photographié par Moriz Nähr vers 1917. Les grandes toiles appuyées contre les murs, le mobilier bas et les surfaces de travail rappellent que les œuvres tardives restent longtemps accessibles aux reprises.

Du fusain à l’huile

L’inachèvement rend visible la méthode de Klimt

La Neue Galerie résume un processus particulièrement lisible dans La Danseuse : Klimt trace d’abord la composition au fusain sur une toile préparée, puis développe les zones à l’huile. Il accorde une attention précoce au visage, point d’identité et de présence, avant de construire progressivement le costume et le décor.

Cette méthode explique pourquoi un portrait interrompu peut paraître simultanément précis et incomplet. Le visage semble presque exposable tandis que le bas conserve le chantier. Les dessins préparatoires ne sont pas toujours des plans fixes : Klimt multiplie les variantes de poses, déplace un bras, modifie une étoffe et peut transformer l’identité même de l’image.

1 · Fixer la présence

Le visage reçoit rapidement des valeurs, des yeux et une expression capables de tenir toute la composition.

2 · Étendre le vêtement

L’étoffe n’est pas remplie mécaniquement : ses motifs sont ajustés pour relier la figure au cadre.

3 · Recomposer l’espace

Le fond, le bouquet et la table sont repris jusqu’à faire hésiter les plans entre intérieur réel et tapis décoratif.

New York

Où voir La Danseuse aujourd’hui ?

La Neue Galerie New York présente La Danseuse comme un « Collection Highlight » et l’intègre à son parcours consacré aux chefs-d’œuvre autrichiens. La notice indique toutefois « Private Collection » : il faut comprendre qu’il s’agit d’une œuvre privée associée à la présentation du musée, non d’un tableau nécessairement possédé par l’institution.

Comme toute œuvre privée, son exposition peut changer. Avant un déplacement, vérifiez la page de collection et l’accrochage en cours. La Neue Galerie se trouve au 1048 Fifth Avenue, à New York, face à Central Park. Le musée conserve aussi un ensemble exceptionnel de Klimt, dont le Portrait d’Adele Bloch-Bauer I.

Pour étudier le dossier Ria Munk, complétez cette visite par les ressources de la Gustav Klimt Database et par la notice de Ria Munk III. Cette dernière toile, restituée aux héritiers de la famille en 2009 puis vendue en 2010, permet de comparer une image posthume encore attachée au portrait mondain à la transformation radicale opérée dans La Danseuse.

Gustav Klimt et Emilie Flöge photographiés en 1909
Gustav Klimt et Emilie Flöge en 1909. Les photographies de l’entourage du peintre complètent les toiles sans autoriser des identifications automatiques : la femme de La Danseuse ne doit pas être appelée Emilie Flöge.

Reproduction disponible

Faire reproduire La Danseuse à la peinture à l’huile

Retrouvez la fiche produit avec les formats proposés, les options de personnalisation et la réalisation peinte à la main. La reproduction est adaptée aux proportions verticales du tableau original.

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Documentation

Sources principales

Neue Galerie New York · The Dancer

Datation, statut d’œuvre privée, tiers inférieur inachevé, méthode au fusain et première exposition américaine en 1922.

Consulter la notice →

Gustav Klimt Database · Les dernières années

Comparaison des portraits tardifs, hypothèse Ria Munk, espace intérieur et statut de la version révisée.

Lire le dossier →

Gustav Klimt Database · La famille Munk

Commande posthume, difficultés de Klimt, trois versions et histoire de la restitution de Ria Munk III.

Voir la chronologie →

Christie’s · Portrait of Ria Munk III

Historique de la troisième version, état inachevé, provenance et hypothèses concernant la transformation de la deuxième version.

Consulter la notice →

Albertina · Études pour les portraits tardifs

Dessins préparatoires, variantes de figures debout et relation entre la ligne, le vêtement et l’image finale.

Explorer les études →

Belvedere Research Journal · Johanna Staude

Étude scientifique d’un autre portrait tardif inachevé, utile pour comparer les étapes de travail de Klimt.

Lire l’étude →

Crédits visuels : reproductions d’œuvres de Gustav Klimt dans le domaine public via Wikimedia Commons, Belvedere et National Gallery of Art Open Access. Photographies de musée de Ria Munk III et Johanna Staude : Daderot, CC0. Photographies historiques de Klimt et d’Emilie Flöge : domaine public. Chaque image est utilisée une seule fois dans l’article.

Questions fréquentes

La Danseuse de Klimt en huit réponses

Quand Klimt a-t-il peint La Danseuse ?

La datation généralement retenue est 1916–1917. Klimt peut encore avoir repris certaines zones avant sa mort en février 1918.

La Danseuse est-elle réellement inachevée ?

Oui au sens matériel : le tiers inférieur conserve du fusain visible et des passages peu développés. Mais la composition supérieure est si cohérente que certaines sources la décrivent comme une version achevée ou autonome par contraste avec Ria Munk III.

Qui est la femme représentée ?

Le tableau aurait commencé comme une deuxième tentative de portrait posthume de Ria Munk. Après transformation, le modèle visible pourrait être une danseuse, parfois identifiée à Johanna Jusl. Aucune identification finale n’est totalement certaine.

Pourquoi l’appelle-t-on La Danseuse ?

Le titre renvoie probablement au type du modèle et à la nouvelle identité donnée au portrait. La femme ne réalise pas de pas de danse identifiable.

Quelles sont les dimensions du tableau ?

Les notices indiquent environ 180 centimètres de haut pour 90 centimètres de large, un format très vertical qui transforme la figure en colonne.

Quel vêtement porte la danseuse ?

Elle est enveloppée dans une étoffe fleurie souvent décrite comme un kimono. Il s’agit surtout d’une invention picturale inspirée par les textiles et les arts d’Asie orientale, non d’un relevé ethnographique précis.

Quelle différence avec Ria Munk III ?

Ria Munk III est la troisième tentative de portrait posthume, commencée en 1917 et très clairement inachevée. La Danseuse serait la transformation d’une deuxième version antérieure.

Où se trouve La Danseuse ?

La notice de la Neue Galerie New York l’indique en collection privée et la présente parmi ses œuvres majeures. Son accrochage doit être vérifié avant une visite.

Conclusion

Un portrait devient une présence, et le chantier devient partie de l’œuvre

La Danseuse résume la liberté de Klimt à la fin de sa vie. Il part peut-être d’une commande impossible, renonce à la ressemblance posthume, transforme le modèle en figure théâtrale et fait du vêtement un espace entier. Le bas inachevé ne contredit pas la force du tableau : il révèle le passage du fusain à la couleur, tandis que la partie supérieure atteint une densité presque hypnotique. Entre portrait, nu, costume et intérieur, l’œuvre reste volontairement difficile à fixer — et c’est précisément ce qui la rend moderne.

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