Nature morte aux bocaux a été réalisé en 1885 à Nuenen. Van Gogh s'installe en décembre 1883 chez ses parents à Nuenen, dans le Brabant-Septentrional. Pendant deux ans, il peint la paysannerie misérable, les tisserands, les mangeurs de pommes de terre — des figures brunes, presque ténébreuses, sous l'influence des maîtres hollandais (Rembrandt, Frans Hals, Millet). C'est aussi la période des recherches sur la couleur chair et des études pour La Mangeuse de pommes de terre (avril-mai 1885). Ce tableau s'inscrit dans la production néerlandaise, marquée par les portraits de paysans, les intérieurs modestes et les scènes de la vie rurale. Van Gogh cherche alors à devenir un peintre de la condition humaine, à la manière de Millet ou de Frans Hals. La palette est brune, ténébreuse, presque expressionniste par endroits. La touche est appliquée par couches épaisses, avec des modelés sculpturaux.
Exécuté en huile sur toile, Nature morte aux bocaux mesure —. Van Gogh y développe Van Gogh travaille alors une palette sombre, dominée par les bruns terreux, les ocres foncés, les gris sourds et les noirs profonds. La touche est épaisse, les modelés sculpturaux, et la lumière entre parcimonieusement dans les intérieurs. La référence à Frans Hals et à Rembrandt est délibérée : il s'agit pour Van Gogh de prouver qu'un peintre moderne peut rivaliser avec les grands maîtres du Siècle d'or. Chaque coup de pinceau est visible, modelant la forme et l'espace par la couleur plus que par le dessin. Cette approche fait de Van Gogh l'un des précurseurs de l'expressionnisme et de l'art moderne du XXe siècle.
Conservée au Van Gogh Museum, Amsterdam, l'œuvre s'inscrit dans la période néerlandaise de Van Gogh, où il peint la paysannerie misérable du Brabant-Septentrional. Cette période, la plus sombre de sa carrière, préfigure par sa pâte épaisse et son réalisme social les recherches futures sur la couleur chair et la matière.