Cette fresque illustre l'épisode des Actes des Apôtres (9, 1-9) où Saul de Tarse, persécuteur des chrétiens, est soudainement aveuglé par une lumière divine et entend la voix du Christ. Michel-Ange représente l'instant du choc : Saul, à terre, les bras levés, tandis que le Christ, en haut, l'inonde d'une lumière aveuglante. La composition est d'une violence expressive, presque maniériste.
Contexte de la commande : la chapelle Pauline, située dans le Palais apostolique du Vatican, fut commandée par le pape Paul III Farnèse en 1537. Michel-Ange y travailla à la fin de sa vie, peignant deux grandes fresques : La Conversion de saint Paul et La Crucifixion de saint Pierre, qui sont ses dernières grandes œuvres monumentales.
Réception critique : les fresques de la chapelle Pauline, peintes à la fin de la vie de Michel-Ange, ont été moins étudiées que le plafond de la Sixtine ou le Jugement dernier, en raison de leur accès très restreint. Elles sont aujourd'hui considérées comme des sommets de l'art tardif de Michel-Ange, où la composition se dépouille au profit d'une intensité expressive nouvelle, qui annonce le baroque.
Le format vertical concentre la masse du corps et superpose les tensions. Les figures sont assemblées comme un relief, par chevauchements, torsions et oppositions de gestes. Le décor recule afin que l’anatomie porte l’action et l’émotion propres à cette œuvre.