100 tableaux — impressionnisme
Berthe Morisot : 100 tableaux essentiels
Enfants, jardins, ports, intérieurs, toilettes, fleurs et portraits : cent œuvres pour comprendre la modernité lumineuse de Berthe Morisot.
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Pourquoi Morisot compte
Une modernité construite depuis l’intime
Berthe Morisot a déplacé le centre de gravité de la peinture moderne. Elle a donné aux enfants, aux femmes, aux jardins, aux ports et aux intérieurs une intensité égale aux grands sujets historiques.
Chez Morisot, la scène familière n’est jamais petite : elle devient une expérience de lumière.
Ce top 100 suit cette liberté de touche, depuis les icônes impressionnistes jusqu’aux portraits tardifs et aux fleurs.
Entrer dans le classementLes 100 tableaux essentiels de Berthe Morisot
Les œuvres qui placent Morisot au cœur de la modernité impressionniste.
#1Le Berceau
Peint en 1872, Le Berceau montre Edma, la sœur de Berthe Morisot, veillant sa fille Blanche. Le bras gauche de la mère et celui du nourrisson forment deux diagonales parallèles, tandis que le voile du berceau établit une membrane lumineuse entre eux. Présentée à la première exposition impressionniste de 1874, cette scène de maternité transforme un moment privé en sujet majeur de la peinture moderne.
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#2Vue du petit port de Lorient
À Lorient, en 1869, Morisot place sa sœur Edma au premier plan d’un petit port ponctué de barques et de mâts. La jeune femme ne pose pas devant un paysage autonome : sa robe claire, le quai et l’eau composent un même réseau de touches. Cette vue compte parmi les œuvres où l’artiste abandonne la finition académique au profit d’une lumière mobile, déjà proche de l’impressionnisme.
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#3La Mère et la Sœur de l’artiste
La Mère et la Sœur de l’artiste réunit en 1869 Marie-Joséphine Morisot et sa fille Edma dans l’intérieur familial. Édouard Manet intervint sur la toile avant son envoi au Salon de 1870, au grand mécontentement de Berthe, qui estimait ses retouches trop envahissantes. Le tableau reste essentiel parce qu’il montre l’artiste négociant à la fois l’autorité familiale, les conventions du portrait et sa propre autonomie picturale.
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#4Chasse aux papillons
Une femme munie d’un filet accompagne des enfants dans une prairie estivale. Morisot disperse les figures parmi les herbes, les arbres et les éclats de robe, de sorte que la chasse aux papillons devient surtout une expérience du mouvement et de l’air. Montrée lors de la première exposition impressionniste en 1874, l’œuvre illustre sa manière de saisir les loisirs modernes sans transformer la scène en anecdote appuyée.
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#5Sur la plage
Sur la plage rapproche les figures du sable et de la mer sans construire un vaste panorama. Les vêtements sombres et clairs servent de points d’ancrage au milieu d’un rivage peint avec une touche rapide, presque météorologique. Morisot s’intéresse moins au spectacle balnéaire qu’à la manière dont le vent, la lumière et l’attente modifient la présence des personnages au bord de l’eau.
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#6Jour d’été
Deux femmes occupent une barque sur le lac du bois de Boulogne, lieu de promenade très fréquenté par la bourgeoisie parisienne. Morisot resserre le cadrage au point que l’eau et les reflets entourent presque entièrement les modèles. Présentée à l’exposition impressionniste de 1880, cette composition associe élégance urbaine et plein air, tout en laissant les relations entre les deux femmes volontairement ouvertes.
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#7Vue de Paris des hauteurs du Trocadéro
Depuis les hauteurs du Trocadéro, Morisot montre Paris à travers une balustrade devant laquelle se tiennent une femme et des enfants. La ville n’est pas une vedette monumentale : elle apparaît à distance, voilée par l’atmosphère, comme le prolongement d’une promenade familiale. Peinte en 1872, l’œuvre confronte l’espace domestique assigné aux femmes à l’immensité d’une capitale en pleine transformation.
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#8Femme et enfant au balcon
Une femme et une enfant regardent Paris depuis un balcon, tournant en partie le dos au spectateur. Cette orientation déplace l’intérêt du portrait vers l’acte même de voir : nous observons des figures qui observent la ville. La grille du balcon sépare l’espace protégé du premier plan de l’horizon urbain, donnant à cette scène de 1872 une tension discrète entre intimité, mobilité et désir d’ouverture.
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#9Vue d’Angleterre, ou l’Île de Wight
Pendant le séjour de 1875 sur l’île de Wight, Morisot peint le port depuis un intérieur ou une terrasse, avec une figure féminine placée près de l’ouverture. Les bateaux, les façades et l’eau sont vus à travers ce seuil plutôt que décrits frontalement. Cette construction fait du voyage une expérience située : le monde maritime s’offre au regard, mais demeure filtré par l’architecture et la position de l’observatrice.
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#10Cache-cache
Dans Cache-cache, une femme se dissimule derrière un arbre tandis qu’un enfant avance dans le jardin. Le tronc central partage la composition et transforme le jeu en succession d’apparitions et de disparitions. Morisot utilise les feuillages, les blancs de la robe et les zones laissées légères pour rendre l’instant instable; l’enfance est ici observée comme une activité réelle, non comme une pose sentimentale.
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#11Eugène Manet à l'île de Wight
Eugène Manet, époux de l’artiste, est représenté près d’une fenêtre ou d’une véranda lors du voyage à l’île de Wight en 1875. Sa silhouette sombre se découpe devant la clarté du port, mais le décor maritime reste volontairement fragmentaire. Ce portrait conjugue proximité conjugale et observation du dehors : l’homme est moins présenté par son statut que par sa manière d’habiter un moment de voyage.
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#12L’Ombrelle verte, ou La Lecture
Souvent intitulée La Lecture, cette toile montre Edma Pontillon assise dans une prairie, un livre ouvert et une ombrelle verte posée près d’elle. L’ombrelle, l’éventail et la robe claire forment de larges accents au milieu des herbes. Exposée en 1874, l’œuvre évite le portrait frontal : l’absorption dans la lecture permet à Morisot de peindre une présence indépendante du regard du spectateur.
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#13L'entrée du port
À L’Entrée du port, les mâts, les voiles et la ligne du quai structurent une vue maritime resserrée. Morisot ne cherche pas à inventorier les embarcations; elle fait varier la densité de la touche pour distinguer l’eau, les coques et l’atmosphère. Le tableau témoigne de l’importance des séjours côtiers dans son apprentissage d’un paysage soumis aux changements rapides de lumière.
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#14Bateaux en construction
Des coques posées sur le rivage et des charpentes en cours d’assemblage donnent à Bateaux en construction un sujet de travail plutôt qu’une marine pittoresque. Les diagonales des pièces de bois conduisent le regard à travers un espace instable. Morisot traite le chantier avec la même liberté que ses jardins : les formes restent lisibles, mais la touche empêche le motif industriel de devenir rigide.
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#15Sur la terrasse
Une femme assise sur une terrasse domine un rivage lumineux. Le garde-corps, la robe et la bande de mer organisent des plans successifs sans isoler la figure de son environnement. Dans cette œuvre de 1874, Morisot montre comment les nouveaux lieux de villégiature créent des manières inédites de regarder : le repos féminin devient aussi une position d’observation sur le paysage moderne.
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#16Les Sœurs
Peintes en 1869, Les Sœurs représentent vraisemblablement les demoiselles Delaroche, et non Berthe et Edma Morisot comme on l’a parfois supposé. Leurs robes identiques et le canapé fleuri rapprochent les modèles, tandis que leurs regards divergents préservent deux présences distinctes. L’éventail ouvert, la plante et le tableau accroché au mur équilibrent avec précision ce double portrait aujourd’hui conservé à Washington.
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#17Femme à sa toilette
Morisot montre une femme de dos, absorbée par sa toilette, devant une surface claire où miroir, peau et tissu se confondent presque. L’absence de contact visuel protège l’intimité du modèle et détourne la scène des conventions du nu offert au spectateur. La peinture devient une étude de blancs, de gris et de roses dont les contours inachevés suggèrent un geste saisi avant sa conclusion.
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#18La Tamise
Peinte en 1875 lors du voyage anglais, La Tamise organise le fleuve, les embarcations et les rives en bandes légères. Morisot s’intéresse à la circulation sur l’eau et à l’atmosphère humide plutôt qu’aux monuments londoniens. La vue révèle son attention aux ports comme espaces de passage : les coques et les mâts donnent une structure momentanée à un paysage toujours susceptible de changer.
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#19La Psyché
Une jeune femme se tient devant une psyché, grand miroir mobile dont le cadre coupe et redouble l’espace. Morisot ne livre pas simplement une scène de coquetterie : le reflet rend incertaine la frontière entre le corps, son image et le décor. Présentée à l’exposition impressionniste de 1877, la toile fait de la toilette un sujet moderne et interroge subtilement la construction de l’apparence féminine.
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#20Devant la psyché
Devant la psyché reprend le thème du corps féminin confronté à son reflet, mais la touche défaite empêche le miroir de produire une image parfaitement stable. Le modèle arrange sa chevelure tandis que le cadre vertical impose une architecture à la scène. Morisot transforme ainsi un geste quotidien en étude sur le regard : la femme agit pour elle-même, sans être réduite à une pose destinée au public.
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#21Avant le théâtre
Une élégante achève sa préparation avant de sortir au théâtre. La robe noire, le décolleté clair et les accessoires condensent les codes de la sociabilité parisienne, tandis que le cadrage rapproché maintient la scène dans l’intime. Morisot ne décrit pas le spectacle à venir; elle choisit ce moment de transition où l’identité privée se compose en apparence publique.
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#22La Jetée
Sur une jetée balayée par l’air marin, les figures et les bateaux sont distribués le long d’une forte ligne horizontale. Morisot laisse le ciel et l’eau occuper une grande part de la toile, donnant aux personnages une échelle fragile. Cette économie de moyens traduit la sensation d’un lieu exposé au vent, où chaque silhouette n’est qu’un passage dans l’étendue portuaire.
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#23Dans les blés
Dans les blés place une figure au milieu d’une végétation haute qui absorbe presque son corps. Les touches jaunes, vertes et blanches ne servent pas de simple décor : elles rendent perceptible la densité du champ et l’éblouissement du plein air. Peinte vers 1875, l’œuvre renverse la hiérarchie traditionnelle entre modèle et paysage en laissant la lumière circuler librement entre eux.
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#24Jeune Femme se poudrant
Une jeune femme lève une houppette vers son visage devant un miroir, dans un cadrage serré qui privilégie le geste. Exposée lors de la troisième manifestation impressionniste en 1877, la toile traite un rituel moderne sans ironie ni voyeurisme. Les blancs du corsage, les roses de la peau et les reflets du miroir construisent une image où l’apparence se fabrique sous nos yeux.
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#25La Robe rose
La Robe rose représente Albertie-Marguerite Carré vers 1870, avant le plein développement de la manière impressionniste de Morisot. La grande masse colorée du vêtement affirme déjà son intérêt pour les accords de tissu, de peau et de fond. Le modèle est identifié avec précision, mais la pose demeure sobre : l’œuvre mesure la distance entre le portrait de société attendu au Salon et une présence plus immédiate.
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Voir cette reproduction →Maternité, toilette, lecture, théâtre et vie quotidienne deviennent des sujets majeurs.
#26Port de Nice
À Nice, Morisot regarde le port depuis un point légèrement élevé qui entremêle quais, voiliers et façades. Les couleurs claires et les touches discontinues évitent toute description topographique pesante. Peinte pendant le séjour de 1881-1882, cette vue montre son intérêt pour la Méditerranée : une lumière plus sèche simplifie les volumes et transforme l’activité portuaire en rythme coloré.
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#27Le Corsage noir
Une femme en corsage noir se détache sur un fond traité avec une grande légèreté. Le contraste entre le vêtement sombre, le visage et les touches claires concentre l’attention sans imposer une pose officielle. Présentée en 1878, l’œuvre montre comment Morisot renouvelle le portrait mondain : l’identité du modèle passe par une attitude, une matière et un équilibre de couleurs plus que par des attributs sociaux.
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#28Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival
Eugène Manet est assis dans le jardin de Bougival avec sa fille Julie, née en 1878. La relation entre le père et l’enfant s’inscrit dans la végétation plutôt que dans un intérieur protecteur. Peinte en 1881, la toile donne une place rare à la paternité quotidienne et combine portrait familial, scène de plein air et étude de lumière filtrée par les feuillages.
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#29Femme à l’éventail
L’éventail tenu par le modèle n’est pas un simple accessoire décoratif : sa forme ouverte répond aux plis de la robe et organise la partie basse du portrait. Morisot maintient le visage dans une zone de lumière plus calme, tandis que la touche s’anime autour des étoffes. L’œuvre saisit l’élégance contemporaine sans figer la femme dans l’immobilité d’un portrait d’apparat.
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#30Femme et enfant dans un pré à Bougival
Dans un pré de Bougival, une femme et un enfant apparaissent à hauteur des herbes et des arbres. Morisot fait circuler les verts, les blancs et les roses entre les figures et le terrain, ce qui dissout la séparation entre portrait et paysage. Peinte vers 1882, la scène évoque moins une histoire précise qu’une expérience partagée du plein air, attentive à la proximité des corps et de la végétation.
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#31L’Été
L’Été concentre la saison dans une figure féminine entourée de clarté et de feuillage plutôt que dans un paysage descriptif. La pose calme contraste avec une surface travaillée par des touches libres. Morisot utilise le titre saisonnier comme un état de lumière et de couleur : la chaleur se lit dans l’allègement des contours, la gamme claire et le ralentissement apparent du modèle.
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#32Hiver
Hiver appartient à une série de figures associées aux saisons. Le vêtement plus dense, la gamme assourdie et l’attitude retenue donnent au portrait une température psychologique autant que météorologique. Morisot évite l’allégorie chargée de symboles : elle fait sentir la saison par les matières, la lumière et la façon dont le corps occupe un espace resserré.
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#33Femme au jardin (villa Arnulphi à Nice)
Dans le jardin de la villa Arnulphi à Nice, une femme se tient parmi les feuillages et les surfaces claires de l’architecture. Morisot utilise la végétation comme un écran mobile qui fragmente le corps sans le masquer. La toile, liée au séjour méditerranéen de 1881-1882, oppose la stabilité de la villa à une lumière qui disperse les formes et rend le jardin presque tactile.
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#34La nourrice
La Nourrice donne une visibilité inhabituelle au travail féminin qui soutient la vie familiale bourgeoise. Plutôt que de transformer le modèle en type social, Morisot insiste sur sa présence physique, son vêtement et son rapport à l’enfant ou à l’espace domestique. Le sujet rappelle que les scènes intimes de l’artiste reposent aussi sur des relations de travail souvent effacées de la représentation.
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#35Enfant dans les roses trémières
Un enfant apparaît au milieu de roses trémières dont les tiges dressées rivalisent avec sa silhouette. Les fleurs ne forment pas un cadre ornemental : elles règlent l’échelle, la profondeur et la circulation des couleurs. Morisot associe l’enfance à une végétation en croissance, mais sans symbole appuyé; la fraîcheur vient surtout du dialogue entre peau, tissu, pétales et lumière.
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#36À la campagne
À la campagne montre des figures installées dans un environnement rural traité avec une touche ouverte. Le paysage n’est ni un décor idéalisé ni une scène de travail paysan : il devient un lieu de séjour, de repos et de sociabilité moderne. Morisot retient les attitudes ordinaires et la variation de lumière pour donner au temps libre une densité picturale inattendue.
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#37Les foins à Bougival
Les foins à Bougival associe le paysage cultivé aux séjours de la famille Manet-Morisot sur les bords de Seine. Les meules, les herbes coupées et les figures éventuelles sont reliées par une touche qui insiste davantage sur la chaleur et la matière que sur le détail agricole. L’œuvre montre le regard d’une citadine sur un travail rural aperçu depuis un lieu de villégiature.
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#38Le Thé
Sous le titre Le Thé, Morisot réunit des figures autour d’un moment de sociabilité calme. Les tasses, la table et les étoffes donnent quelques repères, mais l’essentiel réside dans les attitudes et les silences. L’artiste fait du rituel du thé un espace d’observation des relations : proximité physique, attention détournée et lumière intérieure remplacent toute narration explicite.
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#39Femmes dans un jardin
Plusieurs femmes occupent un jardin dont les feuillages fractionnent les silhouettes. Morisot refuse d’ordonner nettement le groupe devant un fond : figures et végétation partagent la même surface de touches. Cette fusion donne au tableau son caractère vivant, comme si la réunion avait été aperçue en passant plutôt que composée pour une cérémonie.
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#40La chaise panier
La chaise panier fournit à Morisot une forme enveloppante qui organise la posture du modèle et le dessin de la composition. Son armature courbe répond aux plis du vêtement, tandis que l’assise crée une zone d’intimité au sein de la pièce. Le meuble n’est donc pas accessoire : il révèle la manière dont l’artiste construit ses portraits à partir des objets ordinaires du cadre domestique.
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#41Au bord du lac
Au bord du lac, les figures sont installées à la limite de l’eau, entre promenade et pause. Morisot utilise les reflets pour empêcher le paysage de se fermer en arrière-plan : la lumière liquide remonte jusqu’aux vêtements. Cette continuité fait du lac un espace social autant que naturel, fréquenté par les citadins mais toujours soumis aux variations du ciel.
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#42Julie Manet avec sa nourrice
Julie Manet apparaît avec sa nourrice dans une scène de 1884 aujourd’hui conservée à Minneapolis. Les deux figures occupent le même espace, mais leurs vêtements, leurs gestes et leurs rôles sociaux demeurent distincts. Morisot observe une relation quotidienne essentielle à l’enfance de sa fille, donnant à la nourrice une présence réelle plutôt qu’une fonction anonyme en marge du portrait familial.
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#43Jeune Femme tricotant
Une jeune femme tricote dans un jardin, probablement à Bougival, vers 1883. Le Metropolitan Museum a proposé d’y reconnaître une personne employée auprès de Julie, sans que l’identification soit certaine. Morisot associe le mouvement régulier des mains à celui, plus diffus, des feuillages : le travail textile devient le point fixe d’une scène où tout le reste semble vibrer.
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#44Le jardin à Bougival
Le Jardin à Bougival est peint en 1884 dans un lieu de séjour familier à Morisot. Les arbres, les allées et les masses fleuries sont distribués sans perspective rigide, comme si le regard avançait par touches successives. Le jardin offre à l’artiste un laboratoire où la lumière peut interrompre les contours et où le paysage reste lié à l’expérience quotidienne de la maison.
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#45Une femme et un enfant dans un jardin
Une femme et un enfant sont installés dans un jardin dont la lumière morcelle les corps et les feuillages. Morisot ne cherche pas à préciser un épisode familial; elle rend visible une relation faite de proximité, d’attention et de temps partagé. L’œuvre est caractéristique de sa capacité à donner aux scènes de soin une construction picturale ambitieuse sans les théâtraliser.
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#46Bords de Seine
Les Bords de Seine sont traités comme un espace changeant où l’eau, les berges et les embarcations se répondent. Morisot réduit les détails pour conserver la sensation d’une vue prise sur le vif. La Seine apparaît à la fois comme paysage et comme infrastructure de loisirs autour de Paris, reliant promenade, navigation et nouvelles habitudes de villégiature.
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#47Roses trémières
Les hautes tiges de roses trémières créent une architecture végétale faite de verticales souples et de taches colorées. Morisot ne peint pas un bouquet isolé : elle observe les fleurs dans leur milieu, soumises à la lumière et au vent. L’œuvre montre comment un motif de jardin peut devenir une étude de rythme, d’échelle et de transparence.
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#48La fable
La Fable met en scène la lecture ou la récitation partagée entre une adulte et un enfant. Le titre suggère une transmission, mais Morisot s’attache surtout au moment d’attention commune, quand la parole suspend les gestes. Le tableau donne ainsi une forme visuelle à l’éducation familiale : le livre ou le récit relie les personnages sans avoir besoin d’un effet dramatique.
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#49Poupée dans la véranda
Dans Poupée dans la véranda, le jouet inscrit l’enfance dans un espace ouvert sur le jardin. Les montants de la véranda encadrent la scène tandis que la lumière extérieure pénètre jusqu’aux figures et aux objets. Morisot joue sur l’ambiguïté du titre : la poupée peut être un accessoire, mais elle redouble aussi l’immobilité momentanée de l’enfant observée.
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#50Jeune femme au chapeau de paille
Le large chapeau de paille projette une ombre légère sur le visage et inscrit le modèle dans l’univers du plein air. Morisot oppose la géométrie circulaire du couvre-chef à la souplesse du buste et des étoffes. Le portrait ne cherche pas l’apparat : il saisit une mode contemporaine et la manière dont un accessoire modifie immédiatement la lumière, l’attitude et la perception d’un visage.
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Voir cette reproduction →Bougival, Lorient, Nice, l’île de Wight et les jardins montrent son art de la lumière.
#51Dans le jardin
Dans le jardin privilégie une vision rapprochée où feuillages, fleurs et figures éventuelles se superposent sans profondeur démonstrative. La toile donne l’impression d’un regard immergé plutôt que d’un paysage contemplé à distance. Morisot utilise les réserves et les touches claires pour faire circuler l’air entre les formes, conservant au jardin son caractère mouvant et inachevé.
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#52Fleurs blanches dans un bol
Des fleurs blanches rassemblées dans un bol forment une nature morte de gamme volontairement réduite. Morisot distingue les pétales du récipient et du fond par de petites différences de température plutôt que par un contour sombre. Ce motif modeste révèle sa maîtrise des blancs colorés : la composition tient à des écarts subtils de lumière, de densité et de matière.
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#53Le bain
Le Bain montre une femme dans un moment de soin corporel, sans mise en scène mythologique. Le cadrage rapproché, les gestes concentrés et la touche mobile maintiennent le modèle dans son activité plutôt que dans une pose. Morisot rejoint ici une recherche moderne partagée avec Degas et Cassatt, mais son traitement privilégie une intimité lumineuse et une relation moins distante au corps féminin.
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#54Autoportrait
Dans son Autoportrait de 1885, Morisot se représente avec palette et pinceaux, affirmant clairement son identité professionnelle. Le visage est construit avec précision tandis que le vêtement et le fond restent plus ouverts. À une époque où les femmes artistes étaient souvent présentées comme des amateurs, cette image constitue une déclaration sobre mais ferme : elle se montre d’abord comme peintre au travail.
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#55Jeune Femme au divan
Une jeune femme est étendue ou assise sur un divan, dans une posture détendue qui échappe à la rigidité du portrait officiel. Les coussins, la robe et le meuble forment de larges zones de couleur autour du visage. Morisot s’intéresse à l’abandon momentané du corps dans l’espace privé, sans transformer le modèle en odalisque ou en spectacle exotique.
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#56Le corsage rouge
Le corsage rouge agit comme le centre chromatique du portrait et impose sa chaleur au reste de la composition. Morisot module cette grande surface par les plis et les reflets, puis laisse le visage émerger dans une gamme plus nuancée. Le vêtement exprime une modernité concrète : il situe le modèle dans son époque tout en servant d’architecture colorée au tableau.
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#57La Cage
La présence d’une cage introduit dans l’intérieur une structure de barreaux, de courbes et de vides qui dialogue avec la figure. Sans imposer une lecture symbolique unique, l’objet peut évoquer les limites de l’espace domestique féminin. Morisot garde toutefois l’image ouverte : l’intérêt porte autant sur la lumière traversant la cage que sur la relation silencieuse entre le modèle et l’oiseau.
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#58La leçon au jardin
La Leçon au jardin associe l’apprentissage à un espace de plein air. L’adulte et l’enfant sont rapprochés par leur attention commune, tandis que les feuillages empêchent la scène de devenir scolaire ou solennelle. Morisot montre l’éducation comme un échange quotidien et donne à la lecture ou à l’exercice la même mobilité visuelle qu’aux branches et à la lumière environnantes.
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#59Dans la salle à manger
Peinte en 1886 et présentée à la dernière exposition impressionniste sous le titre Petite Servante, Dans la salle à manger montre une jeune domestique en tablier. La table et le vaisselier situent son travail sans l’enfermer dans une anecdote. Morisot donne à cette présence laborieuse une dignité inhabituelle, tout en conservant la rapidité d’une silhouette saisie entre deux tâches.
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#60L’Enfant au tablier rouge
Le tablier rouge attire immédiatement le regard et transforme le vêtement quotidien de l’enfant en masse colorée structurante. Le visage et les mains restent plus délicatement modulés, créant un équilibre entre présence individuelle et effet pictural. Morisot peint l’enfance sans décor sentimental : l’attitude du modèle et l’intensité du rouge suffisent à donner au portrait son énergie.
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#61Paule Gobillard en robe de bal
Paule Gobillard, nièce de Morisot et elle-même future peintre, pose en robe de bal. Les étoffes signalent l’entrée dans la vie mondaine, mais la touche libre empêche la tenue de se transformer en armure sociale. Le portrait retient ce moment de passage entre jeunesse familiale et représentation publique, avec une attention particulière à la personnalité du modèle derrière le costume.
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#62Portrait de Madame Boursier et de sa fille
Réalisé en 1873, le Portrait de Madame Boursier et de sa fille met en jeu deux âges et deux manières de poser. La proximité physique suggère le lien maternel, tandis que les différences de regard et de posture préservent l’individualité de chacune. Morisot construit ainsi un double portrait où la relation importe autant que la ressemblance, sans recourir à un décor narratif.
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#63Paule Gobillard peignant
Paule Gobillard est représentée devant son chevalet, concentrée sur sa propre pratique. Morisot ne la présente donc pas seulement comme une nièce ou un modèle, mais comme une jeune artiste en formation. Peinte en 1887, l’œuvre inscrit la transmission artistique entre femmes au cœur du portrait et donne une visibilité concrète à l’apprentissage de la peinture.
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#64Enfants à la vasque
Deux enfants se tiennent près d’une vasque dont la forme ronde organise l’espace du jardin. L’eau, la pierre et les vêtements clairs créent des surfaces réfléchissantes que Morisot relie par une touche vive. Peinte en 1886, l’œuvre évite l’image figée de l’enfance : les attitudes et le cadrage suggèrent un moment de jeu ou d’observation interrompu.
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#65Louise Riesener
Louise Riesener appartient au cercle familial et artistique proche de Morisot. Son portrait repose sur une attention au visage et à l’attitude plutôt que sur des marques de statut. La touche plus libre autour du modèle crée une présence à la fois précise et mobile, révélant la confiance qui permet à l’artiste de dépasser les conventions du portrait commandé.
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#66Jeune Fille dans un parc
Une jeune fille se détache au milieu d’un parc dont les arbres et les allées restent volontairement souples. Morisot évite de placer le modèle devant un fond indépendant : les couleurs du vêtement sont reprises dans la végétation. Cette continuité fait du portrait une expérience du plein air, où l’identité de la jeune fille se construit avec le lieu et la lumière.
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#67Branches d'oranger
Des branches d’oranger traversent la composition et rapprochent feuilles, fruits et lumière méditerranéenne. Morisot ne les ordonne pas comme un bouquet posé; elle conserve leur croissance irrégulière et leur relation à l’arbre. Le tableau est à la frontière de la nature morte et du paysage, le motif végétal devenant une manière d’étudier les verts, les jaunes et les ombres transparentes.
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#68Julie à table
Julie Manet est assise à table en 1891, dans un intérieur où les objets ordinaires structurent sa posture. Sa mère ne cherche plus à peindre une petite enfant, mais une adolescente dont l’attention paraît indépendante. La table crée une distance mesurée avec le spectateur et transforme le portrait familial en observation d’un âge en train de changer.
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#69Albine Sermicoli à l'atelier
Albine Sermicoli est représentée dans l’atelier, lieu qui associe le portrait à la pratique artistique de Morisot. Les œuvres, cadres ou objets du décor situent le modèle dans un espace de création plutôt que dans un salon anonyme. La composition révèle aussi la sociabilité de l’atelier, où proches, modèles et travail pictural se rencontrent.
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#70Jeune Fille dans un bateau avec des oies
Une jeune fille occupe une barque tandis que des oies animent l’eau autour d’elle. Morisot distribue les formes blanches des oiseaux comme des accents mobiles répondant au vêtement et aux reflets. Peinte vers 1889, la scène associe l’enfance à une liberté de plein air sans l’idéaliser : la barque, l’équilibre du corps et le mouvement des animaux donnent au tableau sa tension.
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#71Sous l'oranger
Sous l’oranger place une figure dans l’ombre filtrée d’un arbre méditerranéen. Les feuilles et les fruits suspendus modulent la lumière sur le visage et les vêtements, de sorte que le portrait dépend entièrement du couvert végétal. Morisot fait du jardin niçois un espace enveloppant où la figure, loin de dominer, partage la composition avec la croissance de l’arbre.
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#72Dans le pommier
Dans le pommier rapproche une jeune figure des branches jusqu’à mêler son geste au réseau du feuillage. Le titre insiste sur l’immersion plutôt que sur une simple position devant l’arbre. Morisot utilise cette proximité pour effacer les hiérarchies entre corps et végétation : la couleur circule entre peau, robe, feuilles et fruits, donnant au tableau un mouvement ascendant.
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#73Les Flageolets
Les Flageolets montre Julie Manet et Jeanne Gobillard jouant ou tenant de petites flûtes dans le jardin de Mézy. Peinte vers 1890, la scène appartient aux recherches tardives de Morisot sur de grandes compositions décoratives. La musique n’est pas illustrée par un effet théâtral; elle se traduit par le rythme des figures, des bras et des verticales du jardin.
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#74Julie Manet avec une perruche
Julie Manet apparaît avec une perruche, animal familier qui introduit un échange de regards et de gestes dans le portrait. Morisot évite l’accessoire exotique spectaculaire : l’oiseau anime simplement la relation entre la jeune fille et son environnement. La scène témoigne du passage de Julie de l’enfance à l’adolescence, observé par sa mère à travers une longue suite de portraits.
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#75Vase avec anémones et sachet de bonbons
Un vase d’anémones voisine avec un sachet de bonbons, rapprochement inattendu entre fleurs coupées et objet de consommation. Les pétales colorés, le papier froissé et la surface du meuble offrent des matières très différentes. Morisot construit la nature morte sans symétrie solennelle : son équilibre tient à la circulation des rouges, des blancs et des ombres entre des choses familières.
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Voir cette reproduction →Proches, enfants, natures mortes et scènes tardives complètent le panorama.
#76Le Cerisier
Le Cerisier montre Julie Manet et Jeanne Gobillard cueillant des fruits dans le jardin de Mézy. L’échelle et les gestes forment une charpente ambitieuse, nourrie par plusieurs études préparatoires et par le souvenir de compositions renaissantes. Achevée vers 1891, cette œuvre tardive prouve que la touche libre de Morisot peut soutenir un grand décor construit, et pas seulement une impression fugitive.
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#77Jeune fille avec un tablier
Le tablier identifie une activité quotidienne ou une position domestique, mais Morisot concentre le portrait sur l’attitude de la jeune fille. Les mains, le vêtement et le regard donnent des indices sans enfermer le modèle dans un rôle. La toile accorde ainsi une présence individuelle à une figure que la peinture mondaine aurait facilement réduite à un simple type social.
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#78Jeanne Fourmanoir sur le lac
Jeanne Fourmanoir est représentée sur un lac, au sein d’un paysage où l’eau et le ciel élargissent le portrait. La barque impose une assise instable et oblige le corps à s’accorder au mouvement du plan d’eau. Morisot associe l’identité du modèle à une expérience de navigation, transformant la pose en équilibre entre présence humaine, reflets et distance.
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#79En bateau
Dans En bateau, le cadrage resserré rapproche les passagers de l’eau et limite les repères de rive. Morisot s’intéresse à la position du corps dans l’embarcation, aux regards qui se croisent ou se détournent et aux reflets qui défont les contours. Le motif moderne du canotage devient une étude sur la mobilité : rien, ni les figures ni le paysage, ne paraît totalement fixe.
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#80Jeune fille tressant ses cheveux
Une jeune fille lève les bras pour tresser ses cheveux, geste quotidien qui structure tout le portrait. Les avant-bras encadrent le visage et déplacent l’équilibre du buste, tandis que la chevelure devient une matière peinte à part entière. Morisot choisit l’action plutôt que la pose, donnant au modèle une autonomie et une concentration rarement accordées aux portraits féminins conventionnels.
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#81Sous bois en automne
Sous bois en automne organise la forêt par superposition de troncs, de feuillages roux et d’éclaircies. Le chemin ou la trouée guide le regard sans imposer une perspective géométrique. Morisot fait sentir la saison par la matière colorée et la lumière filtrée : l’automne devient une densité d’atmosphère plutôt qu’un catalogue de feuilles aux couleurs locales.
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#82Jeune femme et enfant
Une jeune femme et un enfant partagent le même espace sans être disposés comme un groupe officiel. L’écart entre leurs regards et la proximité de leurs corps construisent une relation plus vécue que démonstrative. Morisot peint la maternité ou le soin comme un ensemble de gestes ordinaires, auxquels la liberté de touche donne une portée moderne sans les idéaliser.
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#83Julie Manet au chapeau Liberty
Julie Manet au chapeau Liberty est l’un des derniers portraits peints par Morisot, en 1895, l’année de sa mort. Le grand chapeau noir encadre un visage laissé volontairement léger, presque en devenir. L’œuvre condense une histoire intime de vingt ans : Julie, longtemps observée enfant, apparaît désormais jeune femme sous le regard de sa mère.
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#84L'Hortensia
L’Hortensia met en relation une figure féminine et une masse de fleurs bleues ou mauves qui occupe une part importante de la surface. Les pétales répondent au vêtement et au teint, brouillant la séparation entre portrait et nature morte. Morisot utilise la fleur non comme emblème, mais comme partenaire chromatique capable de modifier l’atmosphère entière du tableau.
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#85Les Enfants de Gabriel Thomas
Les enfants du collectionneur Gabriel Thomas sont réunis dans un double portrait de 1894. Morisot différencie leurs âges et leurs tempéraments par les postures, les vêtements et la direction des regards, sans recourir à des accessoires démonstratifs. L’œuvre tardive conjugue une construction plus ferme des figures avec une surface encore vibrante, preuve que le portrait commandé n’éteint pas sa liberté.
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#86Sur un banc au bois de Boulogne
Deux femmes assises sur un banc au bois de Boulogne sont vues au cours d’une promenade, dans un espace public où l’on vient autant pour regarder que pour être vu. Les chapeaux et les robes signalent la mode urbaine, tandis que le paysage reste rapide. Morisot transforme cette pause mondaine en étude de distance, de conversation et d’attention détournée.
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#87Portrait de Jeanne Pontillon
Jeanne Pontillon, nièce de l’artiste, est représentée sans appareil mondain excessif. Morisot connaît intimement son modèle et peut laisser l’expression, la posture et les hésitations de la touche construire la ressemblance. Le portrait conserve ainsi quelque chose d’une rencontre familiale tout en affirmant la singularité d’une jeune femme qui n’est pas réduite à sa parenté.
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#88Deux filles
Deux jeunes filles sont rapprochées dans un espace intérieur dont les couleurs relient leurs vêtements et leurs visages. Morisot ne les dispose pas en miroir : les différences de posture et d’attention empêchent le groupe de devenir décoratif. La toile explore la proximité entre adolescentes, faite de présence partagée mais aussi de mondes intérieurs distincts.
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#89La Plage de Nice
La Plage de Nice date du séjour méditerranéen de 1881-1882. Morisot observe le rivage, les promeneurs et les installations balnéaires sans chercher une carte postale lumineuse. Les touches claires rendent la plage à la fois sociale et atmosphérique : un lieu où les nouvelles pratiques de loisir rencontrent le vent, le sable et l’éblouissement de la mer.
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#90La Coiffure
Dans La Coiffure, une femme arrange les cheveux d’une autre, créant une chaîne de gestes entre service, soin et proximité corporelle. Le miroir et les bras organisent la composition, tandis que les couleurs de l’intérieur enveloppent les deux figures. Morisot montre les coulisses de l’apparence féminine et rend visible le travail discret qui précède la présentation sociale.
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#91La petite Marcelle
La petite Marcelle est peinte à hauteur d’enfant, sans décor destiné à raconter une vertu ou un jeu. Le visage et la position du corps concentrent l’attention, tandis que le fond reste plus libre. Morisot traite le modèle comme une personne présente plutôt que comme un symbole d’innocence, laissant l’expression conserver sa part d’indétermination.
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#92Le Neveu de Berthe Morisot
Peint en 1876, Le Neveu de Berthe Morisot montre un garçon de la famille avec une franchise qui évite le portrait d’apparat. Le vêtement et le fond sont traités plus librement que le visage, ce qui concentre la ressemblance sans figer l’ensemble. Conservée au musée des Beaux-Arts de Bordeaux, la toile illustre l’usage du cercle familial comme laboratoire de portrait moderne.
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#93Jeune Fille au manteau vert
Le manteau vert donne au portrait sa dominante et inscrit la jeune fille dans une mode contemporaine. Morisot oppose cette surface colorée à la délicatesse du visage, faisant du vêtement une construction plutôt qu’un simple détail. L’expression retenue et le fond peu narratif maintiennent l’identité du modèle ouverte, loin des portraits édifiants de l’enfance.
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#94Un quai à Lorient
Un quai à Lorient réduit le port à quelques éléments décisifs : bande de terre, eau, bateaux et horizon. La petite échelle du motif oblige Morisot à simplifier les formes et à accorder une grande importance aux rapports de couleur. Cette vue appartient aux recherches maritimes de sa jeunesse, quand l’observation directe du littoral l’aide à libérer sa touche.
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#95Jeune Femme en toilette de bal
Une jeune femme en toilette de bal est saisie avant ou après l’événement mondain, lorsque la robe demeure spectaculaire mais que l’attitude redevient personnelle. Morisot s’intéresse à cette tension entre costume public et présence intérieure. Les étoffes claires diffusent la lumière autour du visage, donnant au portrait une élégance qui ne dépend pas d’un décor luxueux.
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#96Pasie cousant dans le jardin de Bougival
Pasie cousant dans le jardin de Bougival associe une activité patiente à la mobilité du plein air. Les mains et l’ouvrage forment le noyau précis de la scène, tandis que l’herbe et les feuillages restent plus libres. Morisot ne choisit pas entre portrait, scène de travail et paysage : elle fait tenir ces trois dimensions dans un même moment d’attention.
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#97Julie Manet et sa levrette Laërte
Julie Manet est assise avec sa levrette Laërte dans un portrait de 1893 conservé au musée Marmottan Monet. La silhouette allongée du chien répond à la posture de la jeune fille et donne au groupe une stabilité affective. Morisot peint ici une relation familière, mais aussi l’assurance croissante de Julie, devenue presque adulte après avoir été son modèle depuis le berceau.
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#98La Seine à Bougival
La Seine à Bougival montre le fleuve depuis l’un des lieux de villégiature favoris de Morisot. Les rives, les bateaux et les reflets sont simplifiés pour conserver la sensation de circulation lumineuse. Le paysage n’est pas sauvage : il appartient au réseau moderne des promenades et des loisirs parisiens, mais la touche lui rend une instabilité que l’aménagement humain ne maîtrise pas.
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#99Portrait de Madame Pontillon, ou Jeune Femme à sa fenêtre
Madame Pontillon, sœur de l’artiste, est représentée près d’une fenêtre en 1869. Le cadre ouvre l’intérieur sur le dehors, mais la figure demeure absorbée dans son propre espace. Ce dispositif donne au portrait une tension particulière : Edma est à la fois proche et inaccessible, familière pour la peintre mais offerte au spectateur dans un moment de retrait.
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#100Portrait d’une femme
Ce Portrait de femme repose sur une confrontation directe entre le visage, le vêtement et un fond sobre. En l’absence d’identité solidement documentée, il faut résister à l’envie d’inventer une biographie au modèle. L’intérêt de la toile tient précisément à ce que Morisot rend visible : une attitude, une mode, une qualité de lumière et une présence individuelle qui excède le nom.
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Trois critères de sélection
La sélection privilégie les œuvres peintes par Berthe Morisot, les images les plus célèbres, la diversité des sujets et les fiches Alpha actives sans doublon visible.
Œuvres majeures
Les tableaux qui résument son impressionnisme : maternité, plein air, ports, jardins et intérieurs.
Diversité
Figures, paysages, enfants, portraits, fleurs, natures mortes et scènes de la vie moderne.
Contrôle anti-doublon
Les variantes évidentes de titre ou d’image sont écartées pour garder 100 entrées distinctes.
Sources et liens
Une sélection construite depuis la boutique
Les images renvoient aux fiches Alpha Reproduction correspondantes. Les titres, dates, techniques, collections et faits historiques ont été recoupés avec les catalogues des musées détenteurs et les bases institutionnelles.
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Quelques repères sur l’artiste, les œuvres et la méthode.
Pourquoi Berthe Morisot est-elle essentielle ?
Parce qu’elle est l’une des grandes figures de l’impressionnisme et qu’elle a donné aux intérieurs, jardins, femmes, enfants et scènes modernes une liberté de touche décisive.
Le classement utilise-t-il les produits Alpha ?
Oui. Les 100 entrées utilisent des fiches Alpha Reproduction actives avec image et URL publique.
Pourquoi autant de scènes familiales ?
Parce que Morisot transforme ces sujets intimes en véritables laboratoires impressionnistes : lumière, cadrage, geste et modernité y sont essentiels.
Y a-t-il un diaporama ?
Non. La page est statique afin de garder les 100 cartes visibles et faciles à contrôler.
Les portraits de Morisot par Manet sont-ils inclus ?
Non. La sélection retient les tableaux peints par Berthe Morisot, pas les portraits de l’artiste réalisés par d’autres peintres.
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