De la soie et de la laque à l’huile moderne
Peinture vietnamienne
Cent peintures pour parcourir un siècle d’invention vietnamienne, des pionniers de Hanoï aux voix contemporaines, avec la soie, la laque, l’huile et la gouache comme autant de chemins vers une modernité singulière.

Une histoire de traductions
Une modernité inventée à plusieurs voix
La peinture vietnamienne moderne ne se résume pas à l’arrivée de techniques occidentales. À Hanoï, l’École des beaux-arts de l’Indochine, ouverte en 1925, devient un laboratoire où l’huile et la perspective rencontrent la soie, la laque, la ligne calligraphique et des traditions visuelles bien plus anciennes. Nguyễn Phan Chánh, Tô Ngọc Vân, Trần Văn Cẩn ou Nguyễn Gia Trí ne choisissent pas entre deux mondes : ils en fabriquent un troisième.
Les guerres du XXe siècle déplacent ensuite les ateliers, les sujets et les regards. Le portrait intime côtoie la mémoire des villages brûlés, les rues de Hanoï, les montagnes du Nord-Ouest et les scènes de travail. Après la réunification puis l’ouverture du Đổi Mới, la peinture accueille davantage l’expérience individuelle, l’abstraction, l’exil et la ville contemporaine.
Ce parcours commence par les œuvres qui ont défini cette histoire, puis avance vers ses ramifications. On y croise des jardins de laque, des visages sur soie, des champs, des pluies, des marchés et quelques animaux qui n’ont manifestement pas reçu l’ordre de poser calmement.
La peinture vietnamienne ne traduit pas docilement une modernité venue d’ailleurs : elle la déplace, l’épaissit et lui apprend de nouvelles couleurs.
Portrait, maternité, solitude et vie familiale donnent au corps une présence intime, loin de l’anecdote.
Rues, façades et cafés transforment la capitale en archive sensible des mutations du siècle.
Rizières, montagnes, fleuves et villages relient paysage, travail et sentiment d’appartenance.
Soie, laque, huile et gouache donnent à chaque génération une autre manière d’organiser la lumière et la mémoire.
Les 100 peintures vietnamiennes essentielles
Classement éditorial1—20
Fondations et chefs-d’œuvre modernes
Tô Ngọc Vân
Deux jeunes femmes et un enfant
Deux jeunes femmes absorbées dans leur silence encadrent un enfant assis au premier plan. Tô Ngọc Vân conjugue la construction apprise à l’École des beaux-arts de l’Indochine à une lumière douce, sans réduire ses modèles à l’élégance décorative. L’équilibre des regards et des étoffes en fait l’une des images fondatrices de la peinture vietnamienne moderne.
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Nguyễn Phan Chánh
Chơi ô ăn quan
Quatre jeunes filles jouent au ô ăn quan, jeu traditionnel dont les cases rythment le premier plan. Présentée à Paris en 1931, cette peinture sur soie établit la réputation de Nguyễn Phan Chánh en associant composition moderne, palette de terre et observation calme de la vie rurale.
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Trần Văn Cẩn
Em Thúy (Petite Thúy)
Trần Văn Cẩn peint sa nièce Thúy assise sur une chaise de rotin, le regard direct et les mains sagement réunies. La simplicité de la pose, la gamme claire et l’attention psychologique ont fait de ce portrait un trésor national du Vietnam.
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Mai Trung Thứ
Jeune femme lisant le Kim Vân Kiều
Une jeune femme lit le Kim Vân Kiều, grand poème de Nguyễn Du, dans un espace intime réduit à quelques lignes élégantes. Mai Trung Thứ unit la délicatesse de la soie à la culture littéraire vietnamienne tout en affirmant le style qui fera son succès à Paris.
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Nguyễn Gia Trí
Jeunes femmes dans un jardin
Des silhouettes féminines se mêlent aux arbres dans un jardin rendu par couches de laque poncée, d’or et de couleur. Nguyễn Gia Trí transforme un médium associé aux arts décoratifs en peinture monumentale moderne, l’une des grandes inventions de l’École d’Indochine.
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Le Pho
Jeune fille en blanc
Peinte au début de la carrière de Lê Phổ, la jeune femme se détache avec une retenue presque sculpturale. La pose, l’éclat du vêtement et la construction du visage montrent comment le peintre adapte l’huile académique à une sensibilité vietnamienne. L’œuvre précède les figures florales et lumineuses qui feront sa renommée en France.
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Lê Thị Lựu
Mère et enfant
Lê Thị Lựu construit la relation entre mère et enfant par l’inclinaison des visages et la continuité des étoffes. Première grande femme diplômée de l’École d’Indochine, elle donne à la peinture sur soie une intimité moderne qui voyage entre Hanoï et Paris.
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Vũ Cao Đàm
Deux jeunes femmes
Deux figures féminines occupent un espace dépouillé où la ligne, le vêtement et la proximité suffisent à créer le récit. Vũ Cao Đàm transpose dans la peinture la souplesse acquise comme sculpteur et l’élégance de l’École de Paris.
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Bui Xuan Phai
Rue de Hanoï (la pharmacie)
Bùi Xuân Phái resserre la vieille rue de Hanoï en une architecture de façades inclinées, d’enseignes et d’ombres épaisses. La matière semble usée comme les murs qu’elle représente ; les noirs structurent une ville fragile, familière et obstinément vivante. Cette vision est devenue indissociable de la mémoire picturale de la capitale.
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Nguyễn Sáng
L’Ennemi a brûlé mon village
Nguyễn Sáng évoque la guerre par un groupe compact de survivants, des visages fermés et une matière sombre travaillée à la laque. L’œuvre ne montre pas l’incendie lui-même : elle peint ce qui reste après lui, lorsque la perte devient mémoire collective.
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Nguyễn Tư Nghiêm
Danse ancienne
Des danseurs inspirés des sculptures des maisons communales s’enchaînent dans un rythme de profils, de bras et de signes. Nguyễn Tư Nghiêm ne copie pas l’art ancien : il le remet en mouvement dans un langage moderne immédiatement vietnamien.
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Nam Sơn
Portrait de ma mère
Nam Sơn représente sa mère avec une sobriété qui rapproche le portrait familial de la peinture académique apprise au contact de Victor Tardieu. Cofondateur de l’École des beaux-arts de l’Indochine, il affirme ici qu’un modèle vietnamien n’a pas besoin d’exotisme pour occuper pleinement la toile.
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Nguyễn Tường Lân
Marché de montagne
Le marché de montagne rassemble silhouettes, paniers et étoffes dans une composition où la foule conserve de l’air. Rare survivance de l’œuvre de Nguyễn Tường Lân, la peinture rappelle la diversité des recherches menées par les quatre grands maîtres de l’École d’Indochine.
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Lê Văn Miến
Portrait de Phan Văn Du
Lê Văn Miến peint Phan Văn Du avec le modelé et la profondeur appris en France, mais sans transformer le notable vietnamien en curiosité coloniale. Ce portrait compte parmi les premiers jalons de la peinture à l’huile moderne au Vietnam.
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Hàm Nghi
Paysage d'exil
Exilé en Algérie après avoir résisté au pouvoir colonial français, l’ancien empereur Hàm Nghi trouve dans le paysage une autre manière de préserver sa liberté. Sa touche sensible et ses horizons méditerranéens racontent une modernité vietnamienne née loin du pays.
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Do Quang Em
Portrait de mon épouse
Đỗ Quang Em installe son modèle dans une lumière précise qui ne cherche pourtant ni l’effet photographique ni la flatterie. Le visage, les mains et le silence du fond donnent au portrait une durée intérieure. La maîtrise du clair-obscur renouvelle ici un genre classique au cœur du réalisme vietnamien de l’après-guerre.
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Nguyen Trung
Sans titre (la marchande de thé)
Peinte sur un sac de riz, la marchande de thé transforme la pénurie de matériaux en force plastique. Nguyễn Trung simplifie le corps, les accessoires et l’espace sans effacer la présence sociale du modèle. La texture du support reste visible et inscrit la vie quotidienne dans la matière même du tableau.
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Nguyễn Lâm
Cuối Cùng (La Fin)
Une figure tendue et un espace presque fermé donnent à cette toile de Nguyễn Lâm une intensité existentielle rare. L’artiste rompt avec le récit héroïque pour faire de la surface un lieu d’angoisse, de couleur et de condensation. Cette œuvre de 1965 annonce les voies personnelles suivies par la modernité du Sud.
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Đào Sĩ Chu
Jeune fille souriante
Le sourire du modèle et la franchise des couleurs donnent à cette jeune femme une présence éloignée du portrait cérémoniel. Đào Sĩ Chu, peintre et critique, défendait une modernité vietnamienne capable d’absorber Paris sans perdre son propre ton.
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Lê Bá Đảng
Paysage indomptable
Lê Bá Đảng construit un paysage vu à la fois du ciel et de l’intérieur, fait de reliefs, de vides et de signes presque calligraphiques. L’espace devient une mémoire de l’exil où Vietnam, France et abstraction cessent de respecter les frontières habituelles.
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Guerre, mémoire et territoires
Phan Kế An
Souvenir d'un après-midi au Nord-Ouest
Les montagnes du Nord-Ouest émergent par bandes de couleur et profondeurs superposées plutôt que par perspective occidentale. Phan Kế An transforme un souvenir de voyage en paysage national, avec la laque pour donner au lointain une densité presque tactile.
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Bội Trân
Jeune femme de Huế
Une jeune femme de Huế apparaît dans un espace silencieux où le vêtement, les fleurs et la laque composent une élégance retenue. Bội Trân prolonge la tradition du portrait féminin vietnamien sans en faire une carte postale docile.
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Do Son
Cœur de mère
Face à un mur de portraits, une mère mesure silencieusement le prix humain de la guerre. Đỗ Sơn oppose la lourdeur du deuil à des couleurs claires et à la présence d’un enfant, signe d’une continuité possible. La composition transforme la mémoire familiale en histoire collective sans sacrifier l’émotion individuelle.
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Tran Luong
Sous l’eau
Trần Lương plonge le regard dans un monde de formes flottantes, d’yeux et de créatures instables. Le souvenir des étangs de son enfance pendant la guerre devient un espace pictural où observation, peur et imaginaire se confondent. L’huile conserve la fluidité du motif tout en donnant au tableau une profondeur presque mentale.
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Dang Xuan Hoa
Le Soir du garçon
Un garçon travaille sous une petite source de lumière tandis que les objets domestiques se serrent dans un intérieur bleu. Đặng Xuân Hòa organise la scène par silhouettes, angles et reflets, sans perdre la fragilité du moment. Le quotidien devient un théâtre de mémoire, caractéristique du renouveau pictural de Hanoï.
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Ha Tri Hieu
Après-midi à la campagne
Hà Trí Hiếu rassemble figures rurales, bêtes et architecture dans une gamme de terres, de jaunes et de verts. Les formes volontairement simplifiées donnent au souvenir une clarté d’emblème sans le figer. Cette campagne reconstruite depuis la mémoire révèle la place décisive de la nostalgie dans la peinture du Đổi Mới.
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Tran Trong Vu
L’Eau de pluie, même salée, n’est pas muette
Trần Trọng Vũ fait de la pluie une matière chargée de mémoire, assez dense pour brouiller la frontière entre paysage et récit. Le titre transforme l’eau salée en témoin : ce qui tombe du ciel conserve une voix, même lorsque l’histoire préférerait le silence.
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Le Quang Ha
Le Dictateur
Le Quang Ha déforme le visage et la posture du Dictateur jusqu’à faire vaciller son autorité. La puissance politique prend ici l’allure d’un masque nerveux, pris au piège d’une matière qui refuse de rester bien disciplinée.
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Ha Manh Thang
Une demi-vie 2
Hà Mạnh Thắng organise Une demi-vie 2 comme un bilan incomplet, traversé par des formes qui apparaissent puis s’effacent. Le tableau ne résume pas une existence : il montre plutôt comment le temps en déplace les repères.
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Do Minh Tam
Bản Nhạc Đỏ (Le Chant rouge)
Dans Le Chant rouge, Đỗ Minh Tâm fait de la couleur un rythme avant d’en faire un symbole. Les rouges entraînent figures et espace dans une même pulsation, entre élan collectif et inquiétude historique.
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Bui Xuan Phai
Jeune Fille au chapeau
Bùi Xuân Phái concentre Jeune fille au chapeau sur le visage, le bord sombre du couvre-chef et la retenue de la pose. L’intimité du portrait rappelle que le peintre des rues de Hanoï savait aussi construire une présence avec très peu de décor.
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Dang Xuan Hoa
Objets humains no 12
Objets humains no 12 mêle corps, mobilier et souvenirs domestiques dans un espace volontairement instable. Đặng Xuân Hòa peint les choses comme des partenaires de mémoire : elles entourent la figure, la prolongent et parfois lui volent presque la vedette.
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Nguyen Quan
Autoportrait au clair de lune
Sous le clair de lune, Nguyễn Quân traite son propre visage comme une apparition plutôt que comme une carte d’identité. Les ombres déplacent les traits et donnent à l’autoportrait la fragilité d’une rencontre avec soi-même.
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Nguyen Xuan Tiep
Les Gardiens de buffles
Nguyễn Xuân Tiệp représente les gardiens de buffles dans un paysage où l’enfance, l’animal et le travail rural partagent le même rythme. La scène évite la pastorale décorative en laissant la solitude et l’étendue peser sur les petites figures.
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Tran Luu Hau
Paysage
Trần Lưu Hậu libère le paysage de la description précise pour laisser la couleur reconstruire reliefs, arbres et profondeur. Sa touche énergique garde la sensation du lieu sans l’enfermer dans une géographie de manuel scolaire.
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Nguyen Phuoc
Trois Femmes
Trois Femmes de Nguyễn Phước repose sur les écarts de posture, les silences et les rapports de couleur entre les figures. Leur proximité ne fabrique pas automatiquement une conversation : elle laisse au regard le soin d’en deviner la nature.
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Bui Suoi Hoa
Musicien et lotus
Bùi Suối Hoa associe le musicien au lotus, deux motifs liés par un même mouvement de concentration. La mélodie reste invisible, mais les gestes, les lignes et le calme de la fleur lui donnent un espace où résonner.
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Do Son
Pluies de juillet
Dans Pluies de juillet, Đỗ Sơn épaissit l’air, assombrit les distances et laisse l’eau modifier le rythme du paysage. La mousson n’est pas un rideau ajouté au décor : elle devient le véritable sujet de la peinture.
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Tran Trong Vu
Combat de coqs
Trần Trọng Vũ transforme le combat de coqs en affrontement de lignes, de plumes et de tensions circulaires. L’énergie populaire du motif demeure, mais la scène vaut surtout par la manière dont les deux animaux aimantent toute la surface.
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Dang Xuan Hoa
Retour
Retour de Đặng Xuân Hòa rassemble personnages et objets dans un intérieur chargé d’attente. Le titre ne dit pas seulement qu’une personne revient : il mesure tout ce qui, dans la maison et la mémoire, a continué d’exister pendant son absence.
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Đổi Mới : le retour de l’individu
Nguyen Quan
Route vers Tây Bắc
La Route vers Tây Bắc de Nguyễn Quân traverse un territoire montagneux associé aux déplacements, aux combats et aux rencontres du Nord-Ouest. Les sinuosités du chemin organisent une peinture de passage où le paysage conserve l’empreinte de l’histoire.
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Bui Suoi Hoa
Maisons au bord du fleuve
Bùi Suối Hoa aligne les maisons au bord du fleuve sans les séparer de leurs reflets et de l’humidité du paysage. L’eau donne au village sa respiration, tout en rappelant combien une rive est à la fois demeure et passage.
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Nguyen Xuan Tiep
Le Retour
Le Retour de Nguyễn Xuân Tiệp met en scène l’instant où un trajet s’achève sans que l’expérience du départ disparaisse. Les gestes retenus et l’espace entre les personnages donnent plus de poids aux retrouvailles qu’une démonstration sentimentale.
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Vo Xuong
Mère héroïque — trois départs de ses enfants
Dans Mère héroïque, Võ Xương suit trois départs successifs depuis le point de vue de celle qui reste. Le récit officiel du sacrifice cède ainsi la place au temps familial, fait d’attente, de séparation et de courage sans fanfare.
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Vo Xuong
Uncle Ho VIsiting the Battlefied in Hoa Binh
Võ Xương représente Hồ Chí Minh visitant le front de Hòa Bình au plus près des combattants et du terrain. La scène construit une image de commandement par la présence et l’écoute plutôt que par la distance monumentale.
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Vo Xuong
Battlefield in Phuoc Long
Battlefield in Phuoc Long rassemble terrain bouleversé, combattants et traces de violence dans une composition où rien ne paraît stable. Võ Xương peint la bataille comme une expérience vécue, loin d’un panorama militaire proprement rangé.
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Vo Xuong
The War at the Border of Southeast
The War at the Border of Southeast aborde le conflit frontalier par ses mouvements, ses ruptures et l’incertitude du terrain. Chez Võ Xương, la peinture d’histoire reste attachée aux corps qui avancent dans un espace plus grand qu’eux.
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Vu Dung
Mémoire
Mémoire de Vũ Dũng superpose formes et traces comme si le passé revenait par fragments plutôt que dans l’ordre. La composition accepte les lacunes : elles sont précisément l’endroit où le souvenir devient peinture.
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Vu Dung
Épouse et époux
Vũ Dũng place épouse et époux dans une proximité qui révèle autant les habitudes communes que les distances intérieures. Le couple n’est ni symbole ni anecdote; il devient une étude attentive de deux présences partageant le même espace.
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Bui Suoi Hoa
Père et fille
Dans Père et fille, Bùi Suối Hoa construit la tendresse par les positions du corps et la direction des regards. La relation familiale se lit sans geste spectaculaire, dans cette économie de signes qui rend l’intimité crédible.
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Do Son
Harmonie jaune
Harmonie jaune de Đỗ Sơn laisse une gamme lumineuse relier les formes au lieu de les isoler. Le jaune agit tour à tour comme lumière, matière et climat, donnant à la composition une unité qui ne gomme pas ses tensions.
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Ha Tri Hieu
Jeunes Filles de la campagne
Hà Trí Hiếu peint les jeunes filles de la campagne avec des silhouettes simplifiées et une palette proche de la terre. La scène appartient au souvenir rural autant qu’à l’observation, ce qui lui évite de se réduire à une jolie pause hors de la ville.
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Ha Tri Hieu
Chanteurs du jour
Chanteurs du jour rassemble voix, visages et gestes dans une lumière franche. Hà Trí Hiếu traduit la musique par le rythme des figures, comme si la composition devait garder la mesure pendant que la toile, raisonnablement, s’abstient de chanter.
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Ha Tri Hieu
Chanteurs de la nuit
Chanteurs de la nuit reprend le motif musical dans une atmosphère plus resserrée, où les corps émergent de l’ombre. La différence avec la version diurne tient autant au silence entre les voix qu’aux couleurs assombries.
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Ha Tri Hieu
Nuit
Dans Nuit, Hà Trí Hiếu réduit les repères et laisse les masses sombres modifier la perception des distances. Quelques accents lumineux suffisent à maintenir la scène éveillée, sans transformer l’obscurité en simple fond noir.
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Ha Tri Hieu
Jeune Paysanne à la vache rouge
La jeune paysanne et la vache rouge occupent le même monde de formes simplifiées et de couleurs franches. Hà Trí Hiếu donne au travail rural une présence familière, tandis que l’animal rouge empêche très efficacement la scène de devenir timide.
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Ha Tri Hieu
Self-Portrait V
Self-Portrait V poursuit l’examen que Hà Trí Hiếu mène de son propre visage à travers plusieurs états. Ici, la pose et la matière privilégient une identité en mouvement plutôt qu’une image officielle définitivement repassée.
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Ha Tri Hieu
Self Portrait II
Dans Self Portrait II, Hà Trí Hiếu modifie le rapport entre visage, fond et regard pour éprouver une autre distance à lui-même. La série devient ainsi un journal visuel où chaque toile contredit un peu la précédente.
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Ha Tri Hieu
Self Portrait III
Self Portrait III resserre encore l’attention sur les traits et la présence physique du peintre. Les écarts de couleur et de facture empêchent la répétition : le même modèle arrive avec une humeur picturale différente.
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Ha Tri Hieu
Self-Portrait I
Self-Portrait I pose le point de départ d’une série où Hà Trí Hiếu se traite comme un sujet disponible, mais jamais entièrement docile. Le regard frontal n’apporte pas une réponse; il ouvre plutôt l’enquête.
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Villes, campagnes et saisons
Ha Tri Hieu
Self Portrait IV (Man with cows)
Self Portrait IV associe l’artiste aux vaches qui peuplent son imaginaire rural. L’autoportrait déborde ainsi le seul visage pour inclure un paysage mental, des animaux familiers et la mémoire de la campagne.
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Nguyen Quan
Visage humain I
Nguyễn Quân construit Visage humain I comme une présence frontale où les traits semblent remonter d’une mémoire plus ancienne que le portrait. Les couleurs retenues et la matière font du visage un territoire mental plutôt qu’une identité simplement reconnaissable.
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Tran Van Thao
Untitled
Tran Van Thao organise Sans titre autour de formes qui hésitent entre figure, signe et espace domestique. Cette indécision volontaire traduit une génération pour laquelle l’abstraction sert moins à fuir le réel qu’à en déplacer les frontières.
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Dang Xuan Hoa
Enfance dans la rue
Des enfants occupent la rue avec une liberté que Dang Xuan Hoa peint sans nostalgie sucrée. Les corps, les objets et les façades composent une mémoire urbaine dense, traversée par l’énergie d’une enfance qui fabrique son propre terrain de jeu.
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An Dang
La Saison des grenades
An Dang regroupe fruits ouverts, feuillages et rouges profonds dans La Saison des grenades. La nature morte devient calendrier sensible : maturité, abondance et fragilité se lisent dans la peau brillante avant même que le fruit ne soit partagé.
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Dang Dinh Ngo
Brume matinale au bord du lac
Dang Dinh Ngo laisse le lac émerger d’une brume qui efface les limites entre eau, rive et ciel. Les quelques accents sombres empêchent le paysage de disparaître complètement et donnent au matin la lenteur d’un souvenir qui revient.
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Dang Vu Ha
Lumière dans le jardin
Dans Lumière dans le jardin, Dang Vu Ha fragmente feuillages et trouées de soleil en une mosaïque mouvante. Le jardin n’est pas décrit plante par plante : il est reconstruit par la sensation d’avancer sous les branches.
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Dao Anh Khanh
Nude 2
Dao Anh Khanh traite le nu comme une tension entre corps, vide et geste pictural. Nude 2 évite la pose académique en laissant la matière interrompre les contours, comme si la figure apparaissait au même rythme que la peinture.
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Dau Quang Toan
Fin d’après-midi
Dau Quang Toan étire les ombres et adoucit les couleurs pour saisir ce moment où la journée perd sa netteté. Fin d’après-midi repose sur une lumière descendante qui transforme les formes ordinaires sans leur imposer de récit.
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Dinh Dong
Lotus blanc 05
Le lotus blanc de Dinh Dong se détache par petites différences de lumière plutôt que par contraste spectaculaire. La fleur, chargée de significations spirituelles au Vietnam, reste ici un organisme observé avant de devenir symbole.
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Giap Van Tuan
Rue d’automne VII
Giap Van Tuan construit Rue d’automne VII avec façades, arbres et chaussée pris dans la même gamme chaude. La ville paraît momentanément ralentie, comme si la saison avait négocié une trêve avec la circulation.
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Ha Huy Hiep
Cheval tombé
Ha Huy Hiep montre le cheval au sol, masse vulnérable qui contredit l’image héroïque du coursier. La chute impose au regard un arrêt brutal et transforme l’animal en sujet de fatigue, de violence et de compassion.
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Hoang A Sang
Terre natale
Hoang A Sang rassemble paysage, maison et signes familiers dans Terre natale sans chercher une topographie exacte. La couleur organise plutôt une géographie affective, faite de lieux que la mémoire rapproche même lorsqu’ils sont éloignés.
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Khong Do Duy
Petit Chat I
Petit Chat I isole l’animal dans un espace où l’attention aux oreilles, aux pattes et au regard évite l’anecdote mignonne. Khong Do Duy donne au petit corps une vigilance qui fait du silence environnant son véritable territoire.
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La Ba Quan
Rafale pourpre III
Rafale pourpre III traverse la surface par des masses violettes et des directions rapides. La Ba Quan transforme le vent en événement coloré : il n’est pas représenté, mais ses effets semblent déplacer chaque forme.
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Lam Duc Manh
Le Printemps arrive
Lam Duc Manh annonce le printemps par une lumière plus claire, des pousses et un espace qui recommence à circuler. Le renouveau reste modeste et concret, sans obliger la saison à arriver accompagnée d’un défilé de fleurs.
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Lam Xung
Flamme ardente VIII
Dans Flamme ardente VIII, Lam Xung superpose rouges, noirs et jaunes jusqu’à donner à la chaleur une profondeur. La série traite le feu comme une matière picturale instable, à la fois énergie créatrice et menace.
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Mai Huy Dung
Portrait 09
Mai Huy Dung réduit Portrait 09 à quelques décisions de contour, de lumière et de regard. L’absence de contexte concentre l’attention sur la personne sans prétendre que son caractère puisse être résumé par un accessoire bien choisi.
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Minh Chinh
Crépuscule descendant
Le crépuscule de Minh Chinh descend par couches de couleur qui absorbent progressivement les détails du paysage. Quelques lignes résistent encore, donnant au passage vers la nuit une structure plutôt qu’un simple assombrissement.
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Ngo Duc Hoang
Chanteuses de Quan họ II
Ngo Duc Hoang représente les chanteuses de quan họ dans une relation de voix, de costumes et de gestes partagés. La peinture rend visible cette tradition du Bắc Ninh sans figer les interprètes dans une démonstration folklorique.
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Pluralités contemporaines
Nguy Dinh Ha
Réunion de printemps
Réunion de printemps rassemble les personnages de Nguy Dinh Ha dans un espace animé par les retrouvailles et la couleur. Les distances entre les corps racontent autant que les visages : chacun arrive avec sa propre manière d’entrer dans la fête.
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Nguyen Dinh Duy Quyen
Parfums et couleurs du printemps
Nguyen Dinh Duy Quyen associe fleurs, parfums suggérés et couleurs nouvelles pour évoquer le Tết. Le printemps se construit comme une expérience sensorielle complète, même si la peinture doit naturellement laisser le parfum travailler sans elle.
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Nguyen Hong Giang
La Rue du printemps
La Rue du printemps de Nguyen Hong Giang fait circuler le regard entre arbres neufs, façades et passants. Le renouveau saisonnier ne remplace pas la ville : il la modifie par petites touches, au niveau des couleurs et du rythme.
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Nguyen Phan Bach
Rue éclatante XI
Nguyen Phan Bach pousse les jaunes et les rouges de Rue éclatante XI jusqu’à faire de la circulation urbaine une pulsation. Les architectures servent de mesure à cette lumière qui semble vouloir dépasser les limites du quartier.
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Pham Hoang Minh
Saigon's People Committee Office
Pham Hoang Minh peint l’hôtel de ville de Saïgon comme un repère urbain pris dans la lumière contemporaine. L’architecture coloniale n’est pas isolée de la ville : passants, arbres et circulation la replacent dans un présent vietnamien actif.
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Tran Nam
Parfum du riz
Tran Nam fait du riz mûr, des gestes agricoles et de l’air chaud les éléments d’un même paysage. Parfum du riz rappelle que la récolte se regarde avec les yeux, mais se mémorise aussi par une odeur que la toile doit seulement suggérer.
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Tran Viet Thuc
Caché dans les buissons
Des formes apparaissent derrière les feuillages de Tran Viet Thuc sans se livrer entièrement. Caché dans les buissons organise le plaisir de voir et de perdre de vue, transformant la végétation en rideau vivant.
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Vu Manh Tan
Les Nuages blancs embrassent le printemps
Vu Manh Tan rapproche nuages blancs, reliefs et lumière de printemps dans une composition ascendante. Le paysage semble respirer vers le haut, donnant au titre son étreinte sans avoir besoin de dessiner des bras dans le ciel.
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Dang Dinh Ngo
Saison des récoltes
Dang Dinh Ngo peint la récolte par la répétition des gestes, la chaleur des champs et l’accumulation des gerbes. Le travail collectif donne sa structure au paysage, loin d’une campagne simplement disponible pour la promenade.
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Dang Vu Ha
Soleil d’hiver
Le Soleil d’hiver de Dang Vu Ha traverse une atmosphère froide sans la dissoudre. Sa lumière basse découpe les branches et les surfaces avec une précision qui rend la saison moins grise qu’attentive.
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Dao Anh Khanh
Nude 1
Nude 1 de Dao Anh Khanh place la figure dans un champ de matière et de gestes qui refusent le contour fermé. Le corps existe par fragments, assez présent pour résister et assez ouvert pour partager l’espace avec la peinture.
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Dau Quang Toan
La Rue III
Dau Quang Toan construit La Rue III par plans de façades, vides et passages plutôt que par perspective descriptive. Cette simplification conserve le rythme du quartier et permet à la couleur de jouer le rôle habituellement confié aux détails.
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Dinh Dong
Couleur d’été 10
Couleur d’été 10 accumule verts, jaunes et zones brûlantes jusqu’à faire sentir la densité de l’air. Dinh Dong peint moins un lieu qu’une saison arrivée à pleine puissance, lorsque même l’ombre paraît chaude.
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Giap Van Tuan
Rue d’automne V
Dans Rue d’automne V, Giap Van Tuan resserre la ville autour des arbres et des façades gagnés par les tons roux. La série suit les variations d’un même motif comme on retrouve une rue dont l’humeur change avant son adresse.
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Ha Huy Hiep
Coursier céleste
Le Coursier céleste de Ha Huy Hiep associe l’énergie du cheval aux récits mythiques et aux signes populaires. L’animal ne traverse pas un paysage ordinaire : sa course construit elle-même l’espace qui l’entoure.
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Hoang A Sang
Amour
Hoang A Sang traite Amour sans symbole universel prêt à l’emploi, en s’appuyant sur la proximité, les regards et la retenue des gestes. La relation demeure précise tout en laissant au spectateur la part du récit que les personnages gardent pour eux.
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La Ba Quan
Rafale pourpre II
Rafale pourpre II reprend le vent comme force de déformation, mais resserre davantage les masses que le troisième tableau de la série. La Ba Quan fait varier le motif sans recopier sa météo intérieure.
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Lam Duc Manh
Soleil d’automne dans la rue
Lam Duc Manh fait glisser le soleil d’automne sur les façades et la chaussée, donnant à la rue une clarté oblique. La scène quotidienne devient étude du temps bref où la lumière rapproche soudain les couleurs.
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Lam Xung
Flamme ardente VII
Flamme ardente VII pousse les formes rouges vers une expansion presque organique. Chez Lam Xung, le feu ne reste ni foyer ni incendie identifiable : il devient un mouvement qui consume la distinction entre fond et sujet.
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Mai Huy Dung
Portrait 16
Portrait 16 de Mai Huy Dung se distingue du neuvième portrait par une construction plus fermée et un rapport différent entre visage et fond. La série montre que peindre une personne ne consiste pas à changer seulement le numéro sur la porte.
Voir la notice →Repères historiques
De Hanoï à une scène internationale
L’École des beaux-arts de l’Indochine structure l’enseignement moderne, mais ses artistes inventent rapidement des voies singulières. Les années 1940 font émerger des œuvres où l’élégance formelle côtoie une conscience plus aiguë de l’histoire. La guerre d’Indochine, la division du pays puis le conflit américain entraînent artistes et institutions dans des contextes très différents au Nord et au Sud.
Après la réunification, les cadres officiels restent puissants, tandis que les années 1980 voient croître le besoin d’expression personnelle. Le Đổi Mới accompagne l’ouverture d’ateliers, de galeries et d’échanges internationaux. Dans les décennies suivantes, la peinture vietnamienne refuse l’uniformité : réalisme attentif, expressionnisme, abstraction, paysage mémoriel et figuration symbolique coexistent.
L’huile s’enracine dans une modernité vietnamienne naissante.
La peinture accompagne révolution, déplacements et résistance.
Nord et Sud développent des institutions et sensibilités distinctes.
Reconstruction, mémoire collective et réalisme dominent le paysage.
Intimité, ville, abstraction et circulation internationale se multiplient.
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