Gustav Klimt · Weißenbach · 1914

Maison du garde forestier à Weissenbach

Une façade presque entièrement avalée par le lierre, des fenêtres comme des carrés cousus et un jardin transformé en bordure fleurie : Klimt peint une maison réelle comme une étoffe vivante.

Maison du garde forestier à Weissenbach II de Gustav Klimt, tableau entier
ArtisteGustav Klimt
Date1914
VersionWeissenbach II
TechniqueHuile sur toile
Dimensions110 × 110 cm
CollectionNeue Galerie New York

La réponse courte

La maison disparaît sous son propre jardin

Maison du garde forestier à Weissenbach II est une huile carrée peinte en 1914, durant le premier des trois derniers étés de Klimt sur la rive sud-est de l’Attersee. Le peintre cadre la façade de très près : le toit ferme le haut, le jardin remplit le bas et le lierre relie les fenêtres comme un tissu continu.

Quatre structures

Comment une façade devient une composition

Sous l’abondance végétale, la toile repose sur une grille ferme. Klimt équilibre les lignes de la maison et l’irrégularité du jardin.

01 · La grille

Six ouvertures principales

Fenêtres ouvertes, fermées ou traversées par le regard alternent comme des cases différentes dans un même motif.

02 · Le toit

Une bande de tesselles

Les bardeaux morcelés en petites touches ferment le carré et donnent à la toiture l’aspect d’une mosaïque.

03 · Le lierre

Une nappe continue

La végétation couvre les murs, contourne les fenêtres et relie toutes les parties de la façade.

04 · Le jardin

Une bordure colorée

Les fleurs jaunes, roses et violettes ponctuent le vert comme les accents d’une broderie.

Vue complète de la Maison forestière à Weissenbach II
Gustav Klimt, Forester’s House in Weissenbach II (Garden), 1914, huile sur toile, 110 × 110 cm, Neue Galerie New York, collection Estée Lauder.

Voir l’œuvre entière

Ni portrait de maison, ni simple jardin

Le bâtiment demeure reconnaissable : toit de bardeaux, enduit clair, volets, fenêtres, terrasse et mobilier. Pourtant, il ne se détache jamais du paysage. Le lierre transforme la paroi en masse vivante ; les fleurs de la prairie semblent remonter sur la façade.

Le carré rassemble tout dans un plan frontal. Il y a peu de profondeur, mais de nombreux passages : une fenêtre ouverte montre l’intérieur, une autre laisse entrevoir l’herbe derrière la maison, une autre encore se ferme comme une plaque opaque.

Vert forêt
Lierre
Prairie
Enduit clair
Bois ocré
Fleurs roses

Façade et motif textile

Pourquoi le tableau évoque-t-il une étoffe ?

Klimt ne copie pas littéralement un tissu. Il utilise des principes communs à la tapisserie, à la mosaïque et aux arts décoratifs : répétition, trame, bordure et accents colorés.

Trame

Les fenêtres comme carrés cousus

La façade forme le support. Les encadrements verticaux et horizontaux divisent la surface en compartiments. Chaque fenêtre devient une variante : rideau, ombre, reflet, plante ou ouverture.

Ponctuation

Les fleurs comme motifs répétés

Les touches roses, jaunes et violettes ne servent pas seulement à décrire des espèces. Elles distribuent des points d’intensité qui empêchent le vert de devenir uniforme.

Recouvrement

Le lierre comme fil continu

Les feuilles passent devant l’enduit, contournent les ouvertures et brouillent les limites. Le mur semble moins construit que tissé par la végétation.

Observer de près

Fenêtres, lierre et jardin en gros plan

Le cadrage rapproché permet à Klimt de faire de détails ordinaires les véritables événements du tableau.

Gros plan sur les fenêtres de la maison forestière à Weissenbach
Les fenêtres : ouvertes, fermées ou fleuries, elles alternent transparence et opacité.
Gros plan sur le lierre recouvrant la façade
Le lierre : les touches obliques créent un réseau dense où le mur disparaît presque.
Gros plan sur le jardin fleuri au premier plan
Le jardin : la terrasse claire, le massif vertical et la prairie ponctuée composent trois bandes de textures différentes.

Ne pas confondre

Weissenbach I et Weissenbach II

Les deux tableaux datent de 1914 et montrent la même maison, mais ils répondent à deux questions visuelles distinctes.

Aspect Maison forestière I Maison forestière II
Cadrage Vue plus large du bâtiment dans une prairie en pente. Gros plan frontal sur la façade et la terrasse.
Arrière-plan Le flanc du Schoberstein ferme le haut de l’image. Le toit occupe le bord supérieur ; le paysage extérieur est presque absent.
Motif principal Relation entre maison, pré fleuri et montagne. Relation entre fenêtres, lierre, pots et jardin.
Espace Profondeur comprimée, comme vue à travers des jumelles. Surface frontale proche d’une tapisserie végétale.
Collection Collection privée ; l’œuvre a été présentée en prêt au Belvédère. Neue Galerie New York, collection Estée Lauder.

Le même été, le même paysage

Architecture et nature autour de l’Attersee

Pour comprendre Weissenbach, il faut le replacer dans la longue recherche de Klimt sur les maisons enchâssées dans la végétation.

Photographies réelles

Weissenbach, refuge des derniers étés

À partir de 1914, Klimt quitte les lieux habituels de Kammer et s’installe dans la maison forestière à l’entrée de la vallée de Weißenbach. Il y recherche le calme tandis que la famille Flöge séjourne à proximité, à Haus Donner.

Vue réelle de Weissenbach am Attersee depuis le Kleiner Schoberstein
Photo actuelle · CC BY-SA

Weißenbach et le relief

Vue depuis le Kleiner Schoberstein : le village, la rive et les pentes boisées expliquent l’espace resserré des paysages tardifs.

Gustav Klimt et Friederike Maria Beer à Weissenbach en 1916
Archive · 1916

Klimt à Weissenbach

Gustav Klimt et Friederike Maria Beer en promenade pendant l’été 1916, dernière saison du peintre à l’Attersee.

Ce que Klimt choisit d’effacer

Un paradis construit, loin de la route et de la guerre

La maison se trouvait près d’une route menant dans la vallée de Weißenbach et vers Bad Ischl. Dans la première version, Klimt omet cette voie et réduit les signes de circulation. Dans la seconde, le cadrage frontal exclut presque tout contexte extérieur.

Cette sélection ne signifie pas que le peintre ignore l’histoire : il arrive à Weißenbach durant l’été 1914, au moment où commence la Première Guerre mondiale. Mais ses paysages ne décrivent pas le conflit. Ils construisent un espace de retrait, saturé de nature, où la maison paraît protégée par son lierre.

1914

Klimt loue la maison forestière et peint les deux vues de Weissenbach.

1915

Depuis la rive sud, il revient par la peinture à Litzlberg et observe Unterach.

1916

Dernier été à l’Attersee ; les paysages tardifs gagnent en couleur et en liberté.

Aujourd’hui

La version II appartient à la collection Estée Lauder présentée à la Neue Galerie New York.

Pour votre intérieur

Un carré végétal riche mais structuré

La frontalité de la façade donne une présence stable, tandis que le lierre et les fleurs apportent une vibration continue. Cette composition fonctionne particulièrement bien dans un salon clair, une entrée, un bureau ou près de textiles naturels : lin, velours vert, bois patiné et laiton.

Voir la reproduction de Weissenbach →

Questions fréquentes

Tout comprendre sur la Maison de Weissenbach

Quand Klimt a-t-il peint la Maison du garde forestier à Weissenbach ?

Les deux versions datent de 1914, première année de ses trois derniers séjours estivaux à Weißenbach.

Où se trouve la version II aujourd’hui ?

À la Neue Galerie New York. Elle fait partie de la collection Estée Lauder et a été mise à disposition du musée grâce à Estée Lauder.

Quelles sont ses dimensions ?

La toile mesure 110 × 110 cm, un format carré fréquent dans les paysages de Klimt.

Quelle différence existe-t-il entre les versions I et II ?

La version I montre la maison dans la prairie, devant la montagne. La version II cadre la façade de très près et insiste sur les fenêtres, le lierre et la terrasse.

Klimt a-t-il réellement habité cette maison ?

Oui. Il loua des chambres dans cette maison forestière pendant ses séjours à Weißenbach entre 1914 et 1916.

Pourquoi parle-t-on de motif textile ?

La grille des fenêtres, la répétition des feuilles, les petites touches du toit et la bordure fleurie organisent la surface comme une tapisserie ou une mosaïque.

Que voit-on dans les fenêtres ?

Selon les ouvertures, on distingue des rideaux, des pots de fleurs, un intérieur sombre ou une percée vers la prairie située derrière la maison.

Peut-on voir le tableau en permanence à New York ?

La Neue Galerie présente régulièrement ses œuvres majeures de Klimt, mais l’accrochage peut changer. Il est prudent de consulter la page de la collection avant la visite.

0 commentaire

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant leur publication.