Florence · 1469–1482 · 1500–1506
Léonard de Vinci à Florence
Formation chez Verrocchio, premières œuvres, commandes inachevées et face-à-face avec Michel-Ange.

La réponse courte
Florence forme Léonard, puis le met au défi
Léonard arrive jeune à Florence, où son père l’oriente vers l’atelier polyvalent d’Andrea del Verrocchio. Il y apprend le dessin, la peinture, la sculpture, la mécanique du chantier et la collaboration entre spécialistes. Ses premières œuvres autonomes montrent déjà son obsession pour l’air, l’eau, le mouvement et les transitions lumineuses.
Après près de vingt ans à Milan, il revient vers 1500 dans une Florence républicaine. Cette seconde période produit le carton de Sainte Anne, la Joconde et la commande monumentale de la Bataille d’Anghiari. Dans le Palazzo Vecchio, son projet est mis en regard de celui du jeune Michel-Ange : une compétition devenue symbole de la Renaissance.
Deux séjours
Chronologie florentine
Entre apprentissage, départs et retours, Florence demeure le point de référence de sa carrière.
Entrée dans l’atelier de Verrocchio
Léonard se forme dans l’un des ateliers les plus actifs de Florence, au contact de la peinture, du bronze, de l’orfèvrerie et des décors publics.
Inscription à la compagnie de Saint-Luc
Il est reconnu comme peintre, tout en restant lié au milieu de Verrocchio et à la pratique collective de l’atelier.
Premières peintures et commandes
Baptême du Christ, Annonciation, portraits, études et Adoration des Mages construisent une réputation encore instable.
Départ pour Milan
L’Adoration reste inachevée. Léonard cherche auprès de Ludovic Sforza un terrain plus vaste pour ses compétences d’artiste et d’ingénieur.
Retour, Joconde et Anghiari
Il revient célèbre, travaille à plusieurs projets majeurs, dialogue avec la République et affronte indirectement Michel-Ange.
L’atelier
Verrocchio : apprendre tous les métiers
La « bottega » n’est pas une école silencieuse, mais une entreprise où plusieurs mains construisent une œuvre.

Observer, dessiner, préparer, collaborer
Verrocchio dirige des commandes de peinture, sculpture, métal et décor. Le jeune Léonard y apprend à préparer un panneau, transférer un dessin, broyer les pigments et intégrer sa partie à une composition conçue par le maître. Le Baptême du Christ est l’exemple capital de ce fonctionnement collectif.
Vasari raconte que l’ange peint par Léonard aurait découragé Verrocchio de poursuivre la peinture. L’anecdote est célèbre mais tardive. L’œuvre elle-même montre surtout une évolution de langage : l’ange, les chairs et le paysage semblent unifiés par l’air plutôt que découpés par le contour.
Étudier gestes, drapés, plantes et expressions.
Superposer huiles et glacis pour adoucir les transitions.
Penser les corps dans l’espace et sous plusieurs angles.
Comprendre matériaux, mécanismes et organisation du chantier.
Galerie commentée
Cinq œuvres pour comprendre Florence
Les images sont affichées en entier et peuvent être ouvertes en grand.
Agrandir ↗Le Baptême du Christ
Le jeune Léonard peint notamment l’ange de gauche et intervient dans le paysage. L’œuvre permet de voir comment une création collective d’atelier devient un laboratoire de nouvelles textures, de lumière et d’atmosphère.
Voir la reproduction →
Agrandir ↗L’Annonciation
L’espace perspectif demeure florentin, mais les ailes observées, le pré fleuri, la lumière crépusculaire et le lointain bleu annoncent déjà la méthode de Léonard : unir expérience visuelle et construction mentale.
Voir la reproduction →
Agrandir ↗L’Adoration des Mages
Commandée pour San Donato a Scopeto, la peinture reste inachevée lorsque Léonard part pour Milan. Son état révèle les déplacements des figures, les reprises et la construction tourbillonnante de la scène.
Voir la reproduction →
Agrandir ↗La Bataille d’Anghiari
Destinée au Palazzo Vecchio, la peinture confronte hommes et chevaux dans une lutte compacte. L’original a disparu ; copies, gravures et études permettent toutefois de reconstruire son énergie.
Voir la reproduction →
Agrandir ↗La Joconde
Le portrait de Lisa Gherardini est généralement lié au second séjour florentin. Léonard le conserve, le reprend et l’emporte avec lui, transformant une commande de portrait en œuvre sans clôture.
Voir la reproduction →Palazzo Vecchio
Léonard face à Michel-Ange
La rivalité est réelle dans le dispositif public, mais les récits d’hostilité personnelle ont souvent été amplifiés.
La Bataille d’Anghiari
Une mêlée de cavaliers autour d’un étendard. Léonard concentre la guerre dans les visages, les morsures et les torsions des chevaux.
Deux cartons monumentaux destinés à la salle du Grand Conseil du Palazzo Vecchio.
La Bataille de Cascina
Des soldats nus surpris pendant le bain. Michel-Ange transforme l’alerte militaire en démonstration anatomique et sculpturale.
Le face-à-face qui n’a jamais vraiment eu lieu : aucun des deux projets ne fut achevé comme prévu. Les cartons furent admirés, copiés puis dispersés ; la peinture de Léonard se dégrada et disparut. Leur confrontation survit surtout par les études et les copies.
Parcours urbain
Voir le Florence de Léonard aujourd’hui
Quatre étapes suffisent pour relier les œuvres, les commandes et les rivalités.

Du musée à la ville
Commencez aux Offices, où les trois peintures majeures de jeunesse sont réunies dans la salle Léonard. Rejoignez ensuite le Palazzo Vecchio, lieu de la commande d’Anghiari, puis les sites liés aux œuvres et aux commanditaires. Le parcours ne reconstitue pas un atelier disparu : il relie des institutions et des espaces documentés.
Galerie des Offices
Baptême, Annonciation et Adoration.
Palazzo Vecchio
Salle du Grand Conseil et mémoire d’Anghiari.
Santissima Annunziata
Lieu associé au carton de Sainte Anne exposé au public.
Monte Oliveto
Origine florentine de l’Annonciation avant son entrée aux Offices.
Continuer
Guides et collection liés
Sources officielles
Œuvres et contexte
FAQ
Questions sur Léonard à Florence
Où Léonard de Vinci s’est-il formé à Florence ?
Dans l’atelier d’Andrea del Verrocchio, structure polyvalente active en peinture, sculpture, métal et décoration.
Quelles œuvres de Léonard voir aux Offices ?
Le Baptême du Christ, réalisé avec Verrocchio et des collaborateurs, L’Annonciation et L’Adoration des Mages inachevée.
Léonard et Michel-Ange ont-ils travaillé dans la même salle ?
Ils reçurent des commandes destinées à la salle du Grand Conseil du Palazzo Vecchio : Anghiari pour Léonard et Cascina pour Michel-Ange. Aucun ensemble définitif ne fut mené à terme.
La Bataille d’Anghiari existe-t-elle encore ?
L’original est perdu. La composition est connue grâce aux études, copies et gravures, dont la célèbre interprétation associée à Rubens.
La Joconde a-t-elle été peinte à Florence ?
Elle est généralement considérée comme commencée à Florence vers 1503, lors du second séjour florentin, puis reprise pendant plusieurs années.
0 commentaire