Gustav Klimt · Frise Beethoven · chœur final
« Ce baiser au monde entier » le chœur final de la Frise Beethoven
Après les Forces hostiles, la Frise Beethoven s’achève dans une vision de consolation : les arts conduisent vers un royaume idéal, le chœur chante la joie, et un couple enlacé donne une forme visible au vers de Schiller repris par Beethoven.
La réponse courte
Le final transforme la quête du bonheur en image musicale
« Ce baiser au monde entier » désigne le dernier moment de la Frise Beethoven de Gustav Klimt : un chœur féminin, frontal et doré, encadre l’étreinte d’un couple nu. Le passage fait écho au final de la Neuvième Symphonie de Beethoven et à l’Ode à la joie de Friedrich Schiller.
Dans la frise, cette scène n’arrive pas au hasard. Elle vient après la souffrance humaine, le chevalier, Typhée, les Gorgones, la maladie, la folie, la mort et les tentations. Le bonheur n’est donc pas présenté comme un décor aimable : il est la sortie d’une traversée.
Le chœur final est aussi une déclaration esthétique. Pour Klimt et la Sécession viennoise, l’art peut réunir peinture, architecture, musique, poésie et décoration en une expérience totale.
I · Analyse du final
La scène ne raconte plus le combat : elle montre l’accord retrouvé
Dans le mur droit, Klimt abandonne la densité inquiétante du panneau central. Les corps se verticalisent, les visages se répètent, la surface devient plus rythmique. On ne regarde plus une menace : on regarde une cadence.

Le désir de bonheur est apaisé
La composition conduit vers le chœur final : les figures féminines deviennent presque des notes, posées en frise, répétées, légèrement différenciées.

La poésie et les arts
Avant l’étreinte finale, les arts guident l’humanité vers un espace idéal : le salut passe par une expérience esthétique.
Le rythme
Le chœur fonctionne par répétition : têtes, corps, lignes verticales et motifs créent une sensation musicale.
La frontalité
Les figures regardent ou s’offrent de face. Le spectateur n’est pas seulement témoin : il est placé devant une sorte de cérémonie.
L’or
La matière dorée n’est pas un luxe décoratif gratuit. Elle signale l’entrée dans un royaume autre, presque sacré.
II · Le chœur du paradis
Le final de Beethoven devient un mur de voix
Klimt ne peint pas des musiciens. Il peint ce que pourrait être une voix collective : une bande de figures qui tient l’espace, répète le motif du visage, et transforme la peinture en chant silencieux.
La joie, l’étincelle divine, le baiser donné au monde entier : Klimt condense ces idées en une image d’union.
Lecture du final de la frise| Élément | Dans la musique | Dans l’image de Klimt |
|---|---|---|
| Final choral | La Neuvième Symphonie se termine par une voix collective et exaltée. | Klimt donne au chœur une présence frontale, répétée, presque monumentale. |
| Ode à la joie | Le texte de Schiller célèbre la fraternité, la joie et l’élan commun. | La frise transforme l’idée en communauté visuelle : visages, corps et or. |
| Baiser universel | Le vers appelle un geste adressé à tous, au-delà du couple individuel. | L’étreinte finale devient symbole : ce n’est pas seulement deux corps, c’est l’accord du monde. |
III · Le couple enlacé
Le baiser de la frise annonce déjà le grand Klimt doré
L’étreinte de la Frise Beethoven précède les célèbres images de couples et de figures dorées de Klimt. Elle n’a pas encore la forme isolée du Baiser de 1907–1908, mais elle en porte déjà l’idée : l’amour comme clôture, refuge, fusion et image totale.
Un couple
Le geste est intime, mais placé devant le chœur, il devient public, presque cosmique.
Une clôture
L’étreinte ferme le récit après la peur, le désir dangereux et les puissances hostiles.
Un symbole
Chez Klimt, le baiser n’est jamais seulement narratif : il absorbe les corps dans le décor.

Le Baiser
Quelques années plus tard, Klimt isole le couple et porte l’idée d’étreinte dorée à son image la plus célèbre.
IV · Place dans la frise
Le final n’est puissant que parce qu’il vient après l’épreuve
La Frise Beethoven ne se comprend pas comme une suite d’images décoratives. C’est un trajet : désir de bonheur, lutte, forces hostiles, apaisement dans les arts, chœur et union finale.

L’aspiration au bonheur
L’humanité souffrante formule la demande. Le récit commence par un manque.

Les Forces hostiles
Typhée, les Gorgones et les figures de la peur barrent le passage vers la joie.

L’apaisement
La réponse n’est pas une victoire militaire : elle passe par la poésie, les arts et la communion.
À retenir : le chœur final n’efface pas les Forces hostiles. Il leur répond. C’est parce que Klimt a peint la peur et le désir comme des obstacles que l’étreinte finale prend une force presque sacrée.
V · Galerie enrichie
Images à regarder autour du chœur final
Ces images replacent le final dans le cycle complet, dans la musique chez Klimt, puis dans les lieux réels de Vienne où l’on peut comprendre la frise comme expérience.

Un récit sur trois murs
Le final gagne à être vu dans l’ensemble : il est la conclusion visuelle d’un parcours et non une scène séparée.

Les génies flottants
Le mouvement aérien du début prépare déjà l’idée d’un désir qui cherche sa résolution.

Étude pour la frise
La ligne prépare la répétition des visages et le calme cérémoniel des figures finales.

Représenter le son
Chez Klimt, la musique devient souvent figure, rythme, allégorie et surface décorative.
VI · Lieux réels
Voir le chœur final dans son écrin viennois
La Frise Beethoven est visible dans le bâtiment de la Sécession à Vienne, en prêt permanent du Belvedere. Le lieu compte : ce final parle autant d’architecture, de musique et de mouvement du spectateur que de peinture.

La Sécession
Le bâtiment est l’écrin historique de la frise. Sa coupole dorée annonce l’idéal sécessionniste d’œuvre totale.

Le Belvedere
Le Belvedere possède la frise, exposée durablement à la Sécession dans une salle dédiée.

La Klimt-Villa
Pour prolonger le parcours, l’atelier rappelle la lente préparation dessinée des grands décors de Klimt.
Boutique
Prolonger le chœur final : Frise Beethoven, musique et Klimt doré
Le chœur final dialogue naturellement avec la collection Frise Beethoven, les tableaux de Klimt liés au baiser, à la musique, à l’or et aux grandes décorations viennoises.
Sources
Sources utilisées
Sources muséales et documentaires pour vérifier le programme de la frise, le lien avec Beethoven et Schiller, le chœur final, le couple enlacé et le lieu de conservation.
Beethoven Frieze
Présentation officielle de la frise, de l’exposition de 1902 et de la citation liée à la Neuvième Symphonie.
Google Arts / BelvedereThe Arts, Paradise Choir and Embracement
Notice du panneau final : arts, chœur du paradis, étreinte et référence directe à Beethoven.
Google Arts / SecessionBeethoven Frieze
Récit complet de la frise et lecture du baiser comme point culminant du cycle.
Leopold MuseumÉtude pour le couple enlacé
Notice sur les dessins préparatoires du couple pour « This Kiss to the Whole World ».
Khan AcademyBeethoven Frieze
Lecture pédagogique de la frise comme œuvre symboliste et sécessionniste.
Wikimedia CommonsSécession, photo réelle
Photographie du bâtiment où la frise est exposée à Vienne.
Questions fréquentes
Comprendre le chœur final
Que signifie « Ce baiser au monde entier » ?
L’expression renvoie au final de la Neuvième Symphonie de Beethoven et à l’Ode à la joie de Schiller. Dans la frise, Klimt la traduit par un couple enlacé devant un chœur de figures féminines.
Où se trouve ce passage dans la Frise Beethoven ?
Il se trouve sur le mur droit, à la fin du parcours. Il succède aux Forces hostiles du mur central et représente l’apaisement du désir de bonheur par les arts.
Est-ce le même baiser que le tableau Le Baiser ?
Non. Le chœur final date de 1901–1902, alors que Le Baiser est peint en 1907–1908. Mais le thème du couple enveloppé, de l’or et de l’union annonce clairement le grand tableau doré.
Pourquoi y a-t-il un chœur dans une peinture ?
Parce que la frise dialogue avec Beethoven. Klimt ne peint pas le son littéralement : il transforme la musique en rythme visuel, en répétition de figures et en cérémonie décorative.
Où voir le chœur final aujourd’hui ?
La Frise Beethoven est visible dans le bâtiment de la Sécession à Vienne, en prêt permanent du Belvedere.
Dans le chœur final, Klimt ne peint pas seulement un couple : il donne un corps à l’idée que l’art peut réconcilier le désir, la joie et le monde.
Après Typhée et les Gorgones, le baiser final n’est pas une douceur décorative : c’est la réponse lumineuse de la frise.
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