Le Poirier : fruitier, couleur et structure
Klimt transforme un arbre chargé de poires en architecture colorée. Le tronc se ramifie comme un dessin, les fruits ponctuent la couronne et le jardin s’organise en bandes qui rapprochent peu à peu le paysage d’une tapisserie.

Un arbre fruitier construit comme un monde
Le Poirier est un carré peint en 1903 autour de Litzlberg, au bord de l’Attersee. L’arbre principal remplit presque toute la toile : sa couronne forme une masse autonome, tandis que branches, fruits et touches colorées organisent la surface.
Klimt ne copie pas simplement un poirier. Il utilise sa croissance pour construire le tableau. Le tronc fournit l’ossature, les branches distribuent les directions et les fruits créent un rythme de points chauds au milieu des verts et des bleus.
Comment l’arbre tient-il tout le carré ?
La profusion des feuilles ne masque pas la composition. Sous le scintillement, Klimt installe une charpente extrêmement claire.
Une colonne souple
Décalé vers la gauche, il monte puis se divise sans enfermer la composition dans une symétrie.
Un réseau directeur
Les diagonales distribuent le regard vers les bords et empêchent la couronne de devenir une simple masse.
Des points de lumière
Les poires jaunes et orangées rythment le vert comme des notes isolées dans une partition.
Un espace stabilisé
Sol, troncs du fond et feuillage se superposent en strates parallèles au plan du tableau.

Une couronne, un tronc et trois profondeurs
La partie supérieure est dominée par la couronne bleue-verte. Le tronc principal, presque central mais légèrement décalé, ouvre plusieurs grandes branches. En bas, une bande de terrain clair et une suite de troncs secondaires indiquent la profondeur.
Le fond n’est jamais un vide. Il reste actif grâce aux touches bleues, violettes, blanches et vertes, qui relient l’arbre au reste du jardin.
Trois détails qui révèlent la méthode
Les agrandissements montrent la différence entre l’arbre reconnu de loin et la mosaïque de matière découverte de près.

La gauche plus dense
Les couches y paraissent plus épaisses et plus reprises, indice d’un travail prolongé au-delà de 1903.

Branches et fruits
La branche n’est pas seulement botanique : elle sert de ligne directrice entre les foyers jaunes.

Le jardin en strates
Les horizontales du sol et les troncs du fond donnent juste assez de profondeur pour maintenir le paysage.
Le titre décrit aussi la composition
Le poirier est à la fois un être vivant, un réservoir de couleurs et le squelette qui ordonne le carré.
Le fruitier
Klimt montre un arbre productif, chargé de fruits. Le motif appartient au jardin réel et au cycle concret des saisons.
La couleur
Les poires introduisent des jaunes et des oranges chauds, opposés aux verts froids et aux bleus du feuillage.
La structure
Tronc, branches et bandes du terrain font tenir la profusion sans recourir à une perspective centrale.

La matière raconte une longue durée
Selon la Gustav Klimt Database, Klimt donna l’œuvre à Emilie Flöge en 1903, mais la différence d’épaisseur entre la partie gauche et le centre ou la droite suggère qu’il continua probablement à y travailler jusqu’à sa mort.
Cette hypothèse change le regard : le tableau n’est plus seulement le résultat d’une campagne estivale, mais un motif gardé près de lui et réexaminé dans le temps.

Le Poirier à Harvard
L’œuvre appartient au Busch–Reisinger Museum, intégré aux Harvard Art Museums à Cambridge, Massachusetts. Elle porte le numéro BR66.4 et est entrée dans la collection en 1966.
L’accrochage peut varier. La fiche officielle et le portail des collections doivent être consultés avant une visite afin de confirmer la présence de la toile en galerie.
Litzlberg, vergers et étés au bord du lac
Klimt séjourne au Bräuhof de Litzlberg de 1900 à 1907. Les arbres fruitiers, les jardins et les vues du lac deviennent alors un laboratoire majeur de sa peinture moderne.

Litzlberg et l’Attersee
Le paysage ouvert du lac contraste avec le cadrage fermé du poirier, resserré sur le jardin.

Klimt et Emilie Flöge
Le lien est particulièrement important ici : Klimt lui offre Le Poirier en 1903.

Le parcours Klimt
La région conserve la mémoire des campagnes qui ont produit l’essentiel de ses paysages carrés.
Du fruitier au mur végétal

Le Poirier
Tronc, branches et fruits restent clairement lisibles sous le réseau des touches.

Le Pommier
La couronne devient un grand volume arrondi, chargé de points colorés.

Pommier II
Le ciel traverse la couronne et la matière devient plus libre, presque atmosphérique.

Jardin fleuri
Les plantes remplacent l’arbre comme armature d’une surface presque totale.

Le Parc
Les troncs se dissolvent ; le feuillage devient le véritable sujet du tableau.
| Œuvre | Structure principale | Rôle de la couleur | Profondeur |
|---|---|---|---|
| Le Poirier | Tronc et branches en éventail | Fruits jaunes comme accents | Jardin en bandes |
| Le Pommier | Couronne arrondie | Points répartis dans la masse | Fond comprimé |
| Jardin fleuri | Pyramide de fleurs | Complémentaires vives | Presque effacée |
| Le Parc | Canopée continue | Mosaïque sombre | Bloquée par la haie |
Un cadeau à Emilie Flöge devenu œuvre de musée
Peinture à Litzlberg
Klimt transforme un fruitier du jardin en expérience de couleur et de planéité.
Don à Emilie Flöge
L’œuvre entre dans la sphère intime de la créatrice de mode et compagne la plus proche du peintre.
Probables reprises
L’épaisseur différente de la partie gauche suggère que Klimt continua à travailler la toile au fil des années.
Busch–Reisinger Museum
Le Poirier rejoint la collection de Harvard sous le numéro BR66.4.
Le Poirier et les paysages fruitiers
Continuer dans les paysages de Klimt
Tout comprendre sur Le Poirier
Quand Klimt a-t-il peint Le Poirier ?
En 1903, pendant la période de ses campagnes estivales à Litzlberg au bord de l’Attersee.
Où se trouve Le Poirier aujourd’hui ?
Au Busch–Reisinger Museum des Harvard Art Museums à Cambridge, numéro BR66.4.
Quelles sont les dimensions du tableau ?
101 × 101 cm : un carré exact.
Quelle est sa technique ?
Huile et feuille d’or sur toile selon la notice de collection reprise par Wikimedia Commons.
Pourquoi les poires sont-elles importantes ?
Elles ponctuent la couronne de jaunes et d’oranges, créent un rythme et rendent visible la structure de l’arbre.
Klimt a-t-il offert le tableau à Emilie Flöge ?
Oui, la recherche indique qu’il le lui donna en 1903.
Le tableau a-t-il été retravaillé ?
Probablement. L’application plus épaisse à gauche suggère des reprises postérieures au premier état.
Peut-on voir l’œuvre en permanence ?
L’accrochage peut varier ; vérifiez la fiche des Harvard Art Museums avant la visite.

0 commentaire