Gustav Klimt · 1907 · paysage carré
Jardin de campagne aux tournesols : abondance florale et composition carrée
Aucun ciel, aucun chemin, presque aucun repos : Klimt remplit le carré d’un jardin paysan où les grands tournesols, les phlox et les petites fleurs colorées deviennent une tapisserie vivante.

Réponse directe
Pourquoi ce jardin paraît-il à la fois naturel et entièrement composé ?
Klimt part d’un jardin rural réel, probablement situé près du Bräuhof de Litzlberg sur l’Attersee. Il ne le peint pourtant ni comme un panorama ni comme une étude botanique. Son viseur isole une portion très serrée : les têtes coupées par les bords suggèrent que les fleurs continuent hors du tableau.
Le carré élimine toute direction dominante. Ni l’horizontale du paysage ni la verticale du portrait ne commande seule. Les tournesols montent, les petites fleurs s’étalent, les masses vertes relient le haut et le bas. La surface devient « all-over » : chaque zone participe au même tissu coloré.
Cette abondance n’est pas aléatoire. Les grandes fleurs jaunes forment des points d’ancrage, les rouges relancent le regard et les blancs créent de petites respirations. Klimt organise donc la profusion comme une composition musicale faite de motifs, d’accents et de reprises.
Un fragment agrandi
Les fleurs coupées sur les bords donnent l’impression d’un jardin beaucoup plus vaste.
Des tournesols-repères
Leur taille et leurs couronnes jaunes stabilisent la profusion environnante.
Une mosaïque vivante
Les feuilles et les petites corolles remplissent les intervalles sans devenir un fond neutre.

Pommier II montre comment Klimt remplit un autre carré autour d’une masse centrale.
Composition carrée
Le regard ne traverse pas le jardin : il circule dans le carré
Dans un paysage classique, un chemin ou une ligne d’horizon conduit souvent vers un lointain. Ici, la profondeur est arrêtée par une étroite zone végétale parallèle au plan du tableau. L’œil reste proche des fleurs.
Le carré favorise une circulation sans sortie. Les tournesols ne sont pas tous centrés : certains se rapprochent des angles, d’autres sont tronqués. Les petites fleurs colorées comblent les vides et empêchent qu’une seule plante devienne le sujet absolu.
Le centre n’est pas vide
Plusieurs masses jaunes se répondent au lieu de construire un bouquet unique.
Les bords restent actifs
Les fleurs coupées transforment le cadre en ouverture sur une continuité végétale.
Le fond se rapproche
La végétation ferme l’espace et renforce l’effet de tapisserie.
Un jardin paysan, pas un herbier
Que peut-on reconnaître parmi les fleurs ?
Les sources contemporaines et la recherche citent notamment tournesols, auricules, phlox, œillets et zinnias. Ces identifications aident à lire la diversité, mais le tableau ne cherche pas une précision botanique uniforme.
Les tournesols dominent par leur hauteur, leur cœur sombre et la couronne jaune qui découpe immédiatement leur silhouette. Plus bas, les petites fleurs rouges, blanches, bleues et roses sont rendues par des touches plus courtes. Klimt adapte donc la taille du geste à celle du motif.
Le vert n’est jamais une simple couleur de remplissage. Il passe du vert profond au vert jaune et au violet assourdi. Feuilles, tiges et ombres s’enchevêtrent jusqu’à rendre parfois difficile la séparation entre une plante et la suivante.
Cette confusion contrôlée produit l’impression d’abondance. De loin, on reçoit un champ coloré continu. De près, on découvre des fleurs isolées, puis des touches qui ne décrivent plus rien de précis.
Une harmonie de contrastes
Le jaune n’agit que parce qu’il rencontre des verts, des rouges et des violets
Klimt ne peint pas un jardin uniformément lumineux. Il distribue des intensités très différentes pour que les grandes fleurs avancent et que les feuillages conservent leur profondeur.
La touche fragmentée rappelle le pointillisme, mais Klimt n’applique pas une division optique régulière. Les points deviennent virgules, petits empâtements ou taches plus larges. La recherche récente souligne même que le scintillement pointilliste se calme ici au profit de fleurs plus détaillées et nettement hiérarchisées.
Quatre solutions florales
Le jardin de tournesols n’est pas un modèle répété
Entre 1904 et 1908, Klimt utilise les fleurs pour tester des rapports très différents entre figure, profondeur et surface décorative.

Le Tournesol
Une seule plante se dresse au centre. Ses feuilles ressemblent à une robe et rapprochent exceptionnellement paysage et portrait.
Voir la reproduction →
Champ de coquelicots
La diminution des fleurs et la croissance des arbres vers l’avant créent une profondeur plus continue que dans le jardin de tournesols.
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Jardin de campagne
Les fleurs s’organisent en masse montante plus lisible. Klimt clarifie la structure au lieu de répartir la profusion partout.
Voir la reproduction →
Rosiers sous les arbres
Les roses émergent sous une grande masse arborée. L’espace est plus profond, mais la canopée transforme déjà le paysage en surface continue.
Voir la reproduction →Litzlberg, 1906–1908
Du jardin observé à l’œuvre exposée
Les recherches de la Klimt Database replacent la toile dans le dernier séjour de Klimt au Bräuhof et dans la préparation de la Kunstschau Wien de 1908.
Première mention
Un article de presse de décembre décrit déjà un « jardin paysan » avec tournesols et fleurs ordinaires, superbement stylisé.
Dernier été au Bräuhof
Klimt séjourne une dernière fois à Litzlberg. Le motif aurait été trouvé près de la ferme d’Anton Mayr.
Finition en atelier
Comme plusieurs paysages, la toile est probablement reprise et achevée dans l’atelier viennois.
Kunstschau Wien
Les jardins et prairies sont montrés dans le grand environnement d’exposition conçu autour de l’art moderne viennois.
Cette chronologie explique la double datation rencontrée dans les publications. Certaines sources rattachent l’œuvre à 1906, lorsqu’elle est décrite dans la presse ; le Belvedere et plusieurs catalogues retiennent 1907. Il est donc prudent de parler d’une réalisation autour de 1906–1907, tout en indiquant 1907 dans la fiche d’identité actuelle.
Voir Klimt à Vienne
Le Belvedere permet de mesurer l’effet physique des paysages carrés
Le tableau appartient à l’Österreichische Galerie Belvedere. Avant une visite, vérifiez l’accrochage : les œuvres peuvent être déplacées, prêtées ou intégrées à une exposition temporaire.


Reproductions et collections
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Documentation vérifiée
Sources principales
Klimt Database · mosaïques florales
Contexte du Bräuhof, mention de 1906, espèces florales, pointillisme et effet de tapis.
Lire le dossier →Klimt Database · 1907–1909
Dernier séjour à Litzlberg, cadrage all-over, rôle du viseur et comparaison avec Le Tournesol.
Consulter l’analyse →Belvedere · l’œuvre originale
Année, technique, dimensions et présentation de la peinture conservée à Vienne.
Voir la notice →Wikimedia Commons · fichier Belvedere
Image haute définition, inventaire 3685, dimensions et statut du fichier.
Consulter le fichier →Crédits visuels : peintures de Gustav Klimt dans le domaine public et reproductions Alpha Reproduction ; photographies du Belvedere via Wikimedia Commons selon les licences indiquées sur chaque fichier. Les dix images du corps utilisent dix adresses distinctes.
Questions fréquentes
Le jardin de tournesols en huit réponses
Quand Klimt peint-il ce jardin aux tournesols ?
Le Belvedere le date de 1907. Une description de presse datant de décembre 1906 explique que certaines publications emploient 1906 ou 1906–1907.
Où le tableau est-il conservé ?
À l’Österreichische Galerie Belvedere, à Vienne, sous le numéro d’inventaire 3685.
Quelles sont ses dimensions ?
La toile mesure 110 × 110 cm. Ce grand carré produit une présence très enveloppante.
Où Klimt a-t-il trouvé le motif ?
La recherche le rattache aux environs du Bräuhof de Litzlberg, probablement près de la ferme d’Anton Mayr, sur l’Attersee.
Pourquoi ne voit-on ni ciel ni horizon ?
Klimt resserre le cadrage sur la végétation. La composition est fermée par un étroit plan parallèle à la toile et fonctionne comme une tapisserie florale.
Quelles fleurs sont représentées ?
Tournesols, auricules, phlox, œillets et zinnias sont notamment cités. L’identification exacte de chaque touche reste cependant incertaine.
Le tableau est-il pointilliste ?
Il reprend la juxtaposition de petites touches colorées sans suivre une méthode scientifique régulière. Les grandes fleurs sont plus détaillées que le fond.
Comment encadrer une reproduction ?
Un bois sombre, un chêne naturel ou un bronze patiné équilibre bien la profusion. Un cadre très chargé risque de concurrencer la richesse florale.



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