Van Gogh · Gauguin · Arles
L’Arlésienne : Madame Ginoux entre Van Gogh et Gauguin
L’Arlésienne n’est pas seulement le portrait d’une femme d’Arles. C’est une image née d’un moment brûlant : l’automne 1888, le Café de la Gare, Van Gogh, Gauguin, la Maison jaune et le rêve fragile d’un atelier collectif.
Le modèle est Marie Ginoux, tenancière du Café de la Gare avec son mari Joseph. Gauguin la dessine, Van Gogh la peint, puis Van Gogh reprend le motif en 1890 à Saint-Rémy. Une même femme devient ainsi un carrefour entre portrait, mémoire, rivalité et invention.
Réponse rapide
Pourquoi Madame Ginoux est-elle entre Van Gogh et Gauguin ?
Parce que l’œuvre naît d’une séance partagée. Gauguin fait un dessin de Marie Ginoux ; Van Gogh peint une version très frontale en 1888, puis reprend le sujet plus tard à Saint-Rémy en s’appuyant sur ce dessin. Le portrait porte donc deux regards : celui de Gauguin, plus synthétique, et celui de Van Gogh, plus vibrant, plus coloré, plus affectif.
Un modèle d’Arles
Marie Ginoux tient le Café de la Gare, lieu que Van Gogh connaît bien. Elle appartient à son quotidien arlésien, pas à un monde mondain.
Une séance avec Gauguin
Le dessin de Gauguin sert de point d’appui. Van Gogh transforme cette base en peinture construite par couleur et intensité.
Un motif repris
En 1890, Van Gogh revient à Madame Ginoux depuis Saint-Rémy : le portrait devient mémoire, variation et reconstruction.
Le modèle
Marie Ginoux, du Café de la Gare au mythe de l’Arlésienne
Le titre “L’Arlésienne” peut faire croire à un type régional anonyme. Pourtant le modèle est précis : Marie Julien Ginoux, épouse de Joseph-Michel Ginoux. Avec son mari, elle tient le Café de la Gare à Arles, lieu fréquenté par Van Gogh et lié à l’univers du Café de nuit.
Un portrait né dans un lieu de vie
Le Café de la Gare n’est pas un décor neutre. C’est un point de passage, de sociabilité, mais aussi de tension : Van Gogh y peint le célèbre Café de nuit, puis y trouve en Madame Ginoux un modèle local capable d’incarner Arles.
La force du portrait vient de cette ambivalence. Madame Ginoux est identifiable, mais elle devient aussi une image : coiffe, robe sombre, table, livres, regard, mains. Van Gogh ne cherche pas un portrait psychologique lisse ; il concentre une présence.
- Modèle
- Marie Julien Ginoux
- Lieu
- Arles, Café de la Gare
- Artistes
- Van Gogh et Gauguin
- Première date
- Novembre 1888
- Reprises
- 1890, Saint-Rémy
- Sujet
- Portrait, Arles, mémoire
Lecture visuelle
Six détails pour comprendre L’Arlésienne
Le portrait paraît simple : une femme, une table, quelques livres. En réalité, chaque élément stabilise ou dramatise la figure.
La frontalité
Madame Ginoux est posée face à nous. Cette frontalité donne au portrait une force d’icône.
Le costume
La coiffe et le vêtement ancrent la figure dans Arles, mais sans folklore décoratif excessif.
La table
Elle bloque l’espace au premier plan et fait du portrait une scène mentale, presque close.
Les livres
Dans les versions de 1890, ils renforcent l’idée de méditation, de souvenir ou d’intériorité.
La couleur
Van Gogh pousse les contrastes : fonds francs, jaune, vert, rouge, noirs denses.
La mémoire
Les reprises de Saint-Rémy transforment le modèle réel en image reconstruite à distance.
Toutes les versions
Sept Arlésiennes : deux portraits d’Arles, quatre reprises conservées, une version perdue
Van Gogh peint deux portraits de Madame Ginoux à Arles en 1888–1889. En février 1890, à Saint-Rémy, il reprend le motif d’après le dessin de Gauguin : quatre versions sont conservées et une version supplémentaire est documentée comme perdue. Les images ci-dessous montrent les versions disponibles en reproduction libre et stable.

Gants et ombrelle
La première version, peinte à Arles début novembre 1888 : plus directe, rapide, liée à la séance vivante.

Avec livres
La grande version new-yorkaise remplace les accessoires par des livres et donne au portrait une densité plus méditative.

Galleria Nazionale
Une reprise de février 1890 : la pose vient de Gauguin, mais Van Gogh pousse la couleur et le rythme.

Kröller-Müller
Une version plus resserrée, où la main, le visage et les livres concentrent la mélancolie.

MASP
La version brésilienne accentue le rapport entre table, livres et fond coloré.

Collection privée
Cette version a une histoire de provenance très documentée et prolonge la série des reprises de Saint-Rémy.
Photos réelles
Arles aujourd’hui : lieux réels autour de Van Gogh et des Ginoux
Le Café de la Gare des Ginoux n’existe plus comme à l’époque. J’ajoute donc des photos libres de lieux arlésiens liés au séjour de Van Gogh, en précisant bien ce qu’elles montrent : Place Lamartine, Café Van Gogh et décor urbain actuel.

Place Lamartine
Le secteur de la Maison jaune, autour du monde quotidien de Van Gogh à Arles.

Café Van Gogh
Ce café de la Place du Forum renvoie à l’imaginaire de Van Gogh à Arles, mais ce n’est pas le Café de la Gare des Ginoux.

Place du Forum
Un lieu touristique actuel qui aide à situer l’Arles de Van Gogh, sans le confondre avec le Café de la Gare.
Tableau d’analyse
Van Gogh et Gauguin : deux logiques autour de Madame Ginoux
Le sujet permet de comprendre la différence entre les deux artistes au moment de leur cohabitation à Arles.
| Élément | Gauguin | Van Gogh | Ce que cela change |
|---|---|---|---|
| Point de départ | Dessin, synthèse, contour, pose structurée. | Peinture, couleur, matière, tension du regard. | Le même modèle devient deux problèmes artistiques. |
| Madame Ginoux | Figure d’Arles stylisée, presque type régional. | Présence individuelle, mais chargée d’affect et de mémoire. | Van Gogh rend la figure plus intérieure. |
| Le fond | Organisation plus décorative et synthétique. | Fond coloré, parfois très frontal, qui intensifie le visage. | L’espace devient émotionnel. |
| Les objets | La pose domine. | Table, livres, mains, regard deviennent signes. | Le portrait raconte sans scène narrative. |
| 1888 vs 1890 | Gauguin appartient au moment de la séance. | Van Gogh reprend le motif après la crise et l’hospitalisation. | Le sujet glisse du portrait vivant vers le souvenir reconstruit. |
| Effet final | Synthèse formelle. | Image affective, intense, presque obsédante. | L’Arlésienne devient un nœud entre modèle, ami et mémoire. |
Dans la boutique
Œuvres et collections liées à L’Arlésienne
Les liens ci-dessous pointent vers des produits et collections existants : versions de L’Arlésienne, Gauguin à Arles, Van Gogh à Arles et portraits.

L’Arlésienne / Madame Ginoux
Le portrait au cœur de l’article, entre Arles et mémoire.

L’Arlésienne
Comparer les reprises et les différences de composition.

L’Arlésienne
Une autre entrée produit autour du modèle et des versions tardives.

Arlésiennes (Mistral)
Le regard de Gauguin sur les femmes d’Arles.

Van Gogh Arles
Maison jaune, cafés, portraits et paysages du Midi.

Arles de Paul Gauguin
Les œuvres du séjour commun et ses suites.

Portrait Van Gogh
Autoportraits, modèles, amis et figures de rencontre.

Femmes de Gauguin
Portraits, figures et modèles dans l’œuvre de Gauguin.
Sources
Repères fiables pour vérifier L’Arlésienne
Les notices muséales permettent de distinguer les versions, les dates, le rôle de Gauguin et l’identité de Madame Ginoux.
L’Arlésienne
Notice officielle : Marie Ginoux, dessin de Gauguin, version de 1888 et contexte d’Arles.
Metropolitan MuseumMadame Ginoux
Version de 1890 : reprise depuis Saint-Rémy, d’après le dessin de Gauguin.
WikimediaImages libres
Fichiers des différentes versions de L’Arlésienne par Van Gogh.
Van Gogh GalleryFiches de catalogue
Repères Faille/Hulsker pour les versions et localisations.
FAQ
Questions fréquentes sur L’Arlésienne
Quelques réponses rapides pour situer Madame Ginoux, Gauguin, Van Gogh et les différentes versions.
Qui est L’Arlésienne de Van Gogh ?
Le modèle est Marie Julien Ginoux, épouse de Joseph-Michel Ginoux, tenancière du Café de la Gare à Arles.
Quel rôle joue Gauguin ?
Gauguin réalise un dessin de Madame Ginoux pendant le séjour commun à Arles. Van Gogh s’appuie ensuite sur ce dessin, notamment pour ses reprises de 1890.
Combien existe-t-il de versions ?
Van Gogh peint une version à Arles en 1888, puis plusieurs reprises en 1890. Les versions sont aujourd’hui réparties entre plusieurs musées et collections.
Pourquoi les livres apparaissent-ils dans certaines versions ?
Les livres renforcent la dimension méditative du portrait. Ils transforment Madame Ginoux en figure de lecture, de souvenir et d’intériorité.
L’Arlésienne est-elle liée au Café de nuit ?
Oui, par le lieu et les personnes : les Ginoux tiennent le Café de la Gare, associé à l’univers arlésien de Van Gogh et au célèbre Café de nuit.
Conclusion
Madame Ginoux est un portrait, mais aussi une mémoire d’Arles.
Avec L’Arlésienne, Van Gogh peint une femme réelle et un moment disparu : le café, Gauguin, la Maison jaune, l’ambition d’un atelier du Midi. Chaque version déplace un peu le sens, comme si le modèle devenait le visage même d’un souvenir impossible à fixer.
Explorer Van Gogh à Arles
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