VIENNE 1900 · PORTRAIT · PROVENANCE

Portraits de Gustav Klimt

Adèle Bloch-Bauer, Emilie Flöge, Sonja Knips, Serena Lederer et les autres : derrière l’or et les motifs, les portraits de Klimt racontent les ambitions, les réseaux et les fractures de la société viennoise.

Portrait d’Adèle Bloch-Bauer I de Gustav Klimt
Adèle Bloch-Bauer I, 1907 : huile, or et argent sur toile. Le visage et les mains demeurent incarnés au milieu d’un champ ornemental presque abstrait.
1897–1918Deux décennies d’évolution, de Sonja Knips aux portraits inachevés.
Commandes privéesIndustriels, mécènes, collectionneurs et familles de la bourgeoisie viennoise.
Visage + motifLe modèle reste reconnaissable tandis que robe et fond deviennent un système décoratif.
Provenances complexesSpoliations nazies, restitutions, ventes et redécouvertes imposent une lecture historique.
IDÉE CENTRALE

Un portrait social, mais jamais une simple photographie peinte

Les portraits de Gustav Klimt montrent des personnes réelles, le plus souvent liées à l’élite économique et culturelle de Vienne autour de 1900. Pourtant, ils ne cherchent pas seulement la ressemblance. Klimt organise une tension très précise entre le visage, peint avec attention, et le reste de l’image, où vêtements, fauteuils, fleurs et arrière-plans se transforment en surfaces rythmiques.

Cette opposition permet au modèle d’être à la fois individu et apparition. Les traits, la coiffure et les mains maintiennent une présence psychologique ; l’ornement construit le rang social, la modernité et parfois une forme d’étrangeté. Plus la carrière de Klimt avance, plus cette zone décorative gagne en autonomie.

Il faut aussi lire ces œuvres comme des objets commandés. Le choix du format, de la robe, de la pose et du décor dépend d’un dialogue entre peintre, modèle, famille et intérieur de destination. Une commande pouvait demander de nombreuses séances et études dessinées. Elle engageait un coût élevé, du temps et une stratégie de représentation.

Nuance essentielle. Parler des « femmes de Klimt » peut effacer leur identité. Plusieurs modèles furent mécènes, collectionneuses, entrepreneuses ou membres de familles actives dans la modernité viennoise. L’article les nomme et distingue ce que l’on sait de ce que l’on suppose.
TROIS MOMENTS

Du salon peint au champ de motifs

Trois tableaux du Belvédère permettent de suivre l’évolution générale des portraits féminins de Klimt : la matière vaporeuse de la fin des années 1890, la construction ornementale vers 1906, puis la liberté colorée et l’inachèvement des dernières années.

Sonja Knips de Gustav Klimt
1897–1898

Sonja Knips : présence et mouvement retenu

Le format carré, le fauteuil coupé, la robe de tulle dissoute par la touche et le carnet rouge préparent déjà la modernité. Sonja est assise au bord du siège, comme prête à se lever.

Portrait de Fritza Riedler de Gustav Klimt
1906

Fritza Riedler : le portrait devient architecture

Le fauteuil dessine une auréole géométrique, la robe blanche se couvre de rythmes et la silhouette s’inscrit dans un espace presque frontal. Le visage demeure calme au centre d’un dispositif très construit.

Portrait de Johanna Staude de Gustav Klimt
1917–1918

Johanna Staude : couleur franche et œuvre ouverte

Le fond bleu, le chemisier aux formes noires et blanches et la bouche rouge donnent une immédiateté nouvelle. Le tableau, laissé inachevé à la mort de Klimt, montre encore son processus.

GALERIE COMMENTÉE

Onze autres portraits à comparer

Les images sont présentées entières : la longueur des silhouettes, le rapport entre figure et bord, et la quantité de vide ou d’ornement sont indispensables pour comprendre la composition.

Serena Pulitzer Lederer de Gustav Klimt1899 · APPARITION BLANCHESerena Pulitzer Lederer1899 · Metropolitan Museum of Art, New York

La robe s’élève comme une colonne claire. Les contours se dissolvent, mais le visage et les cheveux noirs concentrent le regard.

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Portrait d’Emilie Flöge de Gustav Klimt1902 · MODE ET IDENTITÉPortrait d’Emilie Flöge1902 · Wien Museum, Vienne

La silhouette très allongée et la robe à motifs relient portrait, réforme vestimentaire et conception décorative de l’espace.

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Portrait d’Hermine Gallia de Gustav Klimt1904 · ÉLÉGANCE CONTRÔLÉEPortrait d’Hermine Gallia1904 · National Gallery, Londres

La verticalité, le châle sombre et la précision des mains donnent à la figure une réserve presque cérémonielle.

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Portrait de Margarethe Stonborough-Wittgenstein de Gustav Klimt1905 · FAMILLE WITTGENSTEINPortrait de Margarethe Stonborough-Wittgenstein1905 · Neue Pinakothek, Munich

Le blanc de la robe se détache d’une architecture plane. Karl Wittgenstein commanda le portrait de sa fille Margarethe.

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Portrait d’Adèle Bloch-Bauer II de Gustav Klimt1912 · APRÈS L’ORPortrait d’Adèle Bloch-Bauer II1912 · Collection particulière

Cinq ans après le premier portrait, Adèle réapparaît debout dans une explosion de fleurs et de couleurs, sans domination métallique.

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Portrait d’Eugenia Primavesi de Gustav Klimt1913–1914 · MÉCÉNAT PRIMAVESIPortrait d’Eugenia Primavesi1913–1914 · Toyota Municipal Museum of Art

Eugenia, actrice et mécène, est entourée d’un champ floral clair. La couleur tardive remplace la structure dorée des années précédentes.

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Portrait de Friederike Maria Beer de Gustav Klimt1916 · MOTIFS CROISÉSPortrait de Friederike Maria Beer1916 · Collection particulière

Le vêtement, le fond et les motifs d’inspiration asiatique se superposent sans annuler la posture frontale et déterminée du modèle.

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Portrait de Mademoiselle Lieser de Gustav Klimt1917 · REDÉCOUVERTEPortrait de Mademoiselle Lieser1917 · Collection particulière

La surface rouge et le châle floral restent partiellement ouverts. Longtemps connu par une photographie en noir et blanc, le tableau a reparu en 2024.

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GALERIE ÉLARGIE

Dix portraits supplémentaires à découvrir

Cette seconde galerie élargit le regard au-delà des icônes les plus reproduites. Elle réunit un portrait d’enfant, un musicien, des membres de la famille, des commandes mondaines et plusieurs œuvres tardives demeurées inachevées.

Portrait d’Amalie Zuckerkandl de Gustav Klimt1917–1918 · ŒUVRE INACHEVÉEPortrait d’Amalie Zuckerkandl1917–1918 · Belvédère, Vienne

Le visage et le haut du corps sont poussés très loin, tandis que le fond conserve des zones ouvertes. L’œuvre permet de voir comment Klimt construisait un portrait par étapes.

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Dame en blanc de Gustav Klimt1917–1918 · DERNIÈRE PÉRIODEDame en blanc1917–1918 · Belvédère, Vienne

La robe blanche s’oppose à un fond vivement coloré. L’inachèvement rend visibles les réserves de toile et la progression du travail.

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Femme au chapeau et boa de plumes de Gustav KlimtVERS 1909 · MODEFemme au chapeau et boa de plumesvers 1909 · Collection particulière

Chapeau noir, boa et cadrage rapproché concentrent l’attention sur le visage. La peinture reprend les codes du portrait mondain tout en accentuant la surface.

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Mäda Primavesi de Gustav Klimt1912–1913 · PORTRAIT D’ENFANTMäda Primavesi1912–1913 · Metropolitan Museum of Art, New York

La robe blanche, les fleurs du fond et la pose très droite refusent la mièvrerie. Mäda Primavesi apparaît comme une présence autonome et assurée.

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Baronne Elisabeth Bachofen-Echt de Gustav Klimt1914 · COMMANDE PRIVÉEBaronne Elisabeth Bachofen-Echt1914 · Collection particulière

Une silhouette étirée se détache sur un décor dense. Le vêtement n’accompagne plus seulement le modèle : il devient l’un des moteurs de la composition.

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Portrait de Marie Henneberg de Gustav Klimt1901–1902 · TRANSITIONPortrait de Marie Henneberg1901–1902 · Collection particulière

Le portrait de l’épouse du photographe Hugo Henneberg relie encore le naturalisme du visage aux effets atmosphériques et décoratifs du tournant du siècle.

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Le Pianiste Joseph Pembauer de Gustav Klimt1890 · PORTRAIT MASCULINLe Pianiste Joseph Pembauer1890 · Période académique

Ce portrait de jeunesse rappelle la solide formation académique de Klimt. Le visage, la veste et l’attitude professionnelle dominent avant l’explosion ornementale.

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Portrait inachevé de Maria Munk de Gustav Klimt1917–1918 · PORTRAIT POSTHUMEPortrait inachevé de Maria Munk1917–1918 · Dernière période

La figure s’inscrit dans un champ floral et coloré qui demeure ouvert. L’état inachevé révèle les hésitations, reprises et changements d’équilibre.

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Portrait d’Hélène Klimt de Gustav Klimt1898 · FAMILLE DU PEINTREPortrait d’Hélène Klimt1898 · Portrait familial

Klimt représente ici sa nièce Hélène. La proximité familiale donne un contrepoint intime aux grandes commandes de la bourgeoisie viennoise.

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La Femme à l’éventail de Gustav Klimt1917–1918 · ULTIME ÉCLATLa Femme à l’éventail1917–1918 · Collection particulière

Éventail, fleurs, oiseaux et aplats de couleur enveloppent le modèle. Le tableau montre la liberté chromatique atteinte à la fin de la carrière.

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RÉSEAUX VIENNOIS

Qui commandait un Klimt ?

Les portraits relient le peintre à une bourgeoisie industrielle, financière et culturelle qui soutient la Sécession, la Wiener Werkstätte, les nouveaux intérieurs et l’art moderne. Le terme « société viennoise » recouvre donc des réseaux précis.

Modèle Milieu et réseau Ce que montre le portrait Collection ou histoire
Sonja Knips Née baronne Potier des Echelles, mécène et collectionneuse. Une femme prête à se lever, loin de la pose figée du portrait d’apparat. Belvédère, Vienne.
Serena Pulitzer Lederer Épouse de l’industriel August Lederer ; couple de grands collectionneurs de Klimt. Une apparition blanche, élancée, que la critique compara à une fleur. Spolié en 1942, rendu à son fils en 1948 ; aujourd’hui au Met.
Emilie Flöge Créatrice de mode et codirectrice du salon Schwestern Flöge. La robe n’est pas un accessoire : elle devient le sujet visuel autant que le visage. Wien Museum.
Margarethe Stonborough-Wittgenstein Fille de l’industriel Karl Wittgenstein, sœur du philosophe Ludwig Wittgenstein. Une silhouette intellectuelle et sociale prise dans une architecture décorative. Neue Pinakothek, Munich.
Adèle Bloch-Bauer Famille de banquiers et industriels, salon culturel, commande de Ferdinand Bloch-Bauer. Deux portraits radicalement différents : icône dorée en 1907, couleur florale en 1912. Premier portrait à la Neue Galerie ; second en collection particulière.
Famille Primavesi Banque, industrie, théâtre et soutien à la Wiener Werkstätte. Eugenia et sa fille Mäda incarnent une commande où mode, jeunesse et décor moderne se rejoignent. Eugenia à Toyota ; Mäda au Met.
Johanna Staude Liée aux milieux de la mode et de la modernité viennoise. Un cadrage rapproché et un chemisier graphique qui annoncent une nouvelle liberté. Belvédère, tableau inachevé.
« Mademoiselle Lieser » Une jeune femme de la famille Lieser ; l’identité exacte reste discutée. Un dernier portrait coloré dont certaines zones n’ont pas été achevées. Vente im Kinsky, 2024, après accord avec des ayants droit.
GRAMMAIRE VISUELLE

Comment lire les motifs sans perdre le modèle

Chez Klimt, l’ornement ne vient pas remplir un fond vide. Il organise le rang, le mouvement et la relation entre le corps et la surface du tableau.

01

Le visage comme ancrage

Yeux, bouche, carnation et coiffure conservent la ressemblance. Plus le décor devient abstrait, plus cette petite zone réaliste porte l’identité.

02

Les mains comme signe social

Elles peuvent être jointes, croisées, appuyées ou presque cachées. Leur dessin traduit maintien, tension et codes de présentation.

03

La robe comme territoire

Le vêtement agrandit le corps et brouille sa limite. Fleurs, spirales, damiers et aplats font passer la figure de la mode à l’image.

04

Le fond actif

Il peut devenir mur, tissu, mosaïque ou atmosphère. Sa profondeur réduite rapproche le modèle du spectateur tout en l’enfermant dans une construction.

05

L’or n’est pas partout

La célébrité d’Adèle I ne doit pas faire croire que tous les portraits sont dorés. Blancs vaporeux, fonds floraux et couleurs franches dominent d’autres périodes.

06

Le format décide

Le carré de Sonja Knips, les verticales très hautes d’Emilie ou Serena et les cadrages rapprochés tardifs produisent des présences différentes.

Gustav Klimt et Emilie Flöge à l’Attersee en 1909
Klimt et Emilie Flöge à Schörfling am Attersee, 1909. Photographie de Heinrich Böhler, domaine public, importée via Wikimedia Commons.
Emilie Flöge en robe de réforme photographiée par Gustav Klimt en 1906
Emilie Flöge en robe de réforme, photographiée par Klimt au lac Attersee en 1906. Domaine public.
PORTRAIT ET VIE MODERNE

Emilie Flöge n’est pas seulement une « muse »

Emilie Flöge dirige avec ses sœurs Pauline et Helene un salon de mode à Vienne. Elle participe à une culture où vêtement, mobilier, graphisme et architecture doivent former un environnement cohérent. La robe de réforme, plus libre que les silhouettes corsetées, devient un espace d’expérimentation.

Son portrait de 1902 est exceptionnellement haut et étroit. La silhouette paraît presque sans poids, absorbée par un réseau bleu, vert, or et violet. Le visage reste précis, tandis que la robe se comporte comme une surface autonome.

La relation entre Flöge et Klimt fut longue et centrale. Les sources décrivent une profonde proximité et des intérêts partagés, mais il faut éviter de transformer chaque détail biographique en certitude romantique. Les photographies de l’Attersee montrent surtout une complicité durable au sein d’un cercle familial et créatif.

Le tableau et la photographie ne disent pas la même chose

La photographie montre une créatrice portant ses vêtements dans un environnement réel. Le portrait peint change d’échelle : la robe devient presque architecture, et le modèle s’inscrit dans une vision décorative totale.

Voir le portrait d’Emilie Flöge
PHOTOGRAPHIES HISTORIQUES

Les modèles et le peintre face à l’appareil

Ces photographies d’époque ne servent pas à juger la « ressemblance » comme si le tableau était une copie mécanique. Elles montrent plutôt comment les personnes se présentaient, s’habillaient et occupaient l’espace social en dehors de l’atelier de Klimt.

Photographie d’Adèle Bloch-Bauer vers 1910
Adèle Bloch-Bauer, vers 1910

La photographie restitue un visage, une coiffure et une présence sociale réels. Le tableau de 1907 transforme cette personne en icône dorée sans supprimer l’individualité du regard et des mains.

Source et fichier d’origine →
Photographie de Margarethe Stonborough-Wittgenstein en 1903
Margarethe Stonborough-Wittgenstein, 1903

Ferdinand Schmutzer la photographie deux ans avant le portrait de Klimt. Comparer les deux images fait apparaître le rôle de la pose, du vêtement et de l’environnement dans la construction publique d’une identité.

Source et fichier d’origine →
Gustav Klimt avec son chat en 1912
Gustav Klimt avec son chat, 1912

La blouse ample et l’image informelle du peintre contrastent avec la mise en scène calculée de ses modèles. Cette photographie rappelle aussi que l’atelier était un lieu de travail, d’objets, d’étoffes et de vie quotidienne.

Source et fichier d’origine →
À regarder ensuite. Plus bas, deux autres photographies historiques montrent Emilie Flöge avec Klimt à l’Attersee puis seule dans une robe de réforme. L’article réunit donc cinq photographies d’époque différentes, toutes hébergées dans la médiathèque de la boutique.
PROVENANCE ET RESTITUTION

Trois histoires qui changent la lecture

Une provenance n’est pas une simple liste de propriétaires. Elle permet de reconstituer les déplacements de l’œuvre, les spoliations, les restitutions et les zones d’incertitude.

ADÈLE BLOCH-BAUER I

Du foyer viennois à la Neue Galerie

Le portrait appartenait à Ferdinand Bloch-Bauer. Après l’Anschluss de 1938, des œuvres de la famille furent saisies par les nazis. Le nom d’Adèle fut progressivement masqué derrière l’appellation « Dame en or ».

Maria Altmann, nièce d’Adèle, mena une longue bataille juridique. Les cinq Klimt concernés furent restitués aux héritiers en 2006. Ronald S. Lauder acquit ensuite le premier portrait pour la Neue Galerie de New York.

Dossier de la Neue Galerie →
SERENA LEDERER

Une collection familiale dispersée

Serena et August Lederer constituèrent l’une des plus importantes collections privées de Klimt. Le portrait de Serena fut saisi par les nazis à Vienne en 1942.

Le Met indique qu’il fut rendu au fils du modèle, à Genève, en 1948. Cette trajectoire rappelle que la blancheur élégante de l’image ne peut être séparée de l’histoire de la famille et de la dispersion de sa collection.

Notice et provenance du Met →
MADEMOISELLE LIESER

Une réapparition et des questions ouvertes

Longtemps connu seulement par une photographie en noir et blanc, le portrait a réapparu en Autriche et fut vendu à Vienne en avril 2024 pour 30 millions d’euros.

L’identité exacte du modèle et certains passages de provenance restent discutés. La vente fut organisée pour les propriétaires et des ayants droit des familles Lieser selon un accord se référant aux principes de Washington.

Dossier de vente im Kinsky →
Bonne méthode. Pour vérifier une provenance, distinguez toujours la notice du musée, les archives, les catalogues raisonnés, les bases de spoliation et les documents juridiques. Une histoire séduisante n’est pas une preuve.
OÙ VOIR LES ORIGINAUX

Un parcours de Vienne à New York

Les accrochages changent. Vérifiez toujours la notice de l’œuvre et la page de visite du musée avant le déplacement.

Musée Portraits à rechercher Pourquoi y aller Vérification
Belvédère, Vienne Sonja Knips, Fritza Riedler, Johanna Staude, Amalie Zuckerkandl. Le meilleur ensemble pour suivre l’évolution des portraits féminins de Klimt. Collection Klimt
Wien Museum Emilie Flöge, 1902. Relier le portrait à l’histoire de la ville, de la mode et de la modernité viennoise. Notice officielle
Neue Galerie, New York Adèle Bloch-Bauer I. Voir l’or, l’argent et les détails de surface, puis comprendre le dossier de restitution. Woman in Gold
Metropolitan Museum, New York Serena Pulitzer Lederer et Mäda Primavesi. Comparer une apparition blanche de 1899 à un portrait d’enfant coloré de 1912–1913. Serena Lederer
Neue Pinakothek, Munich Margarethe Stonborough-Wittgenstein. Étudier la tension entre individualité, robe Wiener Werkstätte et architecture du fond. Notice officielle
National Gallery, Londres Hermine Gallia. Observer une commande de 1904 où la robe blanche, le boa et le tapis annoncent le style byzantin à venir. Notice officielle
FAQ

Huit questions sur les portraits de Klimt

Qui sont les femmes peintes par Gustav Klimt ?

Beaucoup sont des personnes identifiées de la bourgeoisie et des milieux culturels viennois : Adèle Bloch-Bauer, Sonja Knips, Serena Lederer, Emilie Flöge, Fritza Riedler, Margarethe Stonborough-Wittgenstein, Eugenia Primavesi et d’autres. Certaines identités restent discutées.

Pourquoi les portraits de Klimt sont-ils si décoratifs ?

Klimt traite vêtements et fonds comme des surfaces actives. L’ornement construit la présence sociale du modèle, organise la composition et crée une tension avec le réalisme du visage et des mains.

Tous les portraits de Klimt utilisent-ils de l’or ?

Non. L’or domine surtout certaines œuvres de la « période dorée », dont Adèle Bloch-Bauer I. D’autres portraits reposent sur le blanc, les fleurs, le bleu ou des couleurs franches sans métal.

Quelle est la relation entre Klimt et Emilie Flöge ?

Ils entretenaient une relation personnelle et créative très proche pendant de nombreuses années. Flöge était une entrepreneuse et créatrice de mode majeure, pas seulement un modèle. La nature exacte de leur intimité ne doit pas être transformée en certitude sans preuve.

Pourquoi Adèle Bloch-Bauer I est-elle appelée « La Dame en or » ?

Ce surnom vient de son extraordinaire surface dorée. Après la saisie nazie, le nom d’Adèle fut aussi effacé de la présentation de l’œuvre. L’histoire de la restitution a rétabli l’identité du modèle au centre du tableau.

Le portrait de Mademoiselle Lieser est-il terminé ?

Non. Klimt meurt en 1918 avant d’achever certaines zones. Le fond rouge et plusieurs motifs laissent voir le processus de travail et la liberté de sa dernière période.

Où voir le plus de portraits de Klimt à Vienne ?

Le Belvédère permet de comparer Sonja Knips, Fritza Riedler et Johanna Staude. Le Wien Museum conserve le grand portrait d’Emilie Flöge. Vérifiez l’accrochage avant la visite.

Comment reconnaître une bonne reproduction d’un portrait de Klimt ?

Elle doit respecter les proportions, montrer l’œuvre entière, différencier la précision du visage de la variété des motifs et éviter un or uniforme. Les mains, les contours de robe et les transitions de fond sont des zones révélatrices.

Voir les portraits comme des personnes et comme des surfaces

Klimt ne dissout jamais complètement le modèle dans l’ornement : il construit un équilibre instable entre identité, vêtement, statut social et modernité.

Voir les portraits de Klimt →

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