Klimt · 1917–1918 · portrait tardif

La Dame à l’éventail dernière œuvre achevée et jardin imaginaire

Un carré presque parfait, une épaule nue, un éventail, un kimono qui glisse, des phénix, des lotus et un fond jaune vibrant : dans sa dernière œuvre achevée, Klimt ne peint plus un portrait mondain. Il invente un jardin mental où la figure se dissout dans le décor.

Gustav Klimt, La Dame à l’éventail, 1917-1918
Gustav Klimt, Dame mit Fächer / La Dame à l’éventail, 1917–1918, huile sur toile, 100 × 100 cm, collection privée.
1917–18Date de l’œuvre
100 × 100Format carré en cm
1918Sur le chevalet à sa mort
£85,3 MVente Sotheby’s 2023

La réponse courte

La Dame à l’éventail est le dernier portrait achevé de Klimt, une synthèse libre de ses obsessions tardives

La Dame à l’éventail, aussi appelée Dame mit Fächer ou Lady with a Fan, est peinte entre 1917 et 1918. L’œuvre était encore dans le dernier atelier de Klimt lorsque l’artiste meurt le 6 février 1918. Elle n’a pas le fini solennel d’un portrait de commande classique : elle semble au contraire respirer l’expérimentation, la liberté et une joie presque décorative.

La femme n’est pas identifiée avec certitude. C’est important : l’image ne fonctionne pas comme une biographie mondaine. Le sujet véritable est l’accord entre un corps, une peau claire, une épaule nue, un éventail, un vêtement à motifs et un fond saturé de fleurs et d’oiseaux. La figure n’est pas posée devant un décor ; elle est prise dans une végétation imaginaire.

Après la période dorée, Klimt remplace de plus en plus l’or par la couleur, les motifs floraux, les textiles, les aplats et les références à l’art d’Extrême-Orient. Dans ce tableau, tout cela arrive à maturité : le portrait devient jardin, paravent, kimono, théâtre silencieux.

I · Analyse

Un portrait carré où le décor devient sujet

La composition ne cherche pas la profondeur. Elle se déploie comme une surface : le corps, l’éventail, le vêtement et le fond appartiennent à un même tissu visuel.

Format

Le carré

Klimt reprend un format qu’il aime dans ses paysages. Ici, il rend le portrait moins officiel et plus moderne.

Figure

L’épaule nue

La sensualité ne vient pas d’un récit, mais d’un glissement : le vêtement s’ouvre et laisse voir la peau.

Objet

L’éventail

Il masque et révèle. L’accessoire devient un écran, un signe d’élégance et un seuil érotique.

Fond

Le jaune vivant

Le fond n’est pas neutre : il pulse, absorbe la figure et donne au tableau son climat solaire.

La Dame à l’éventail de Gustav Klimt en plein format

II · Jardin imaginaire

Phénix, lotus, fleurs : l’Extrême-Orient rêvé par Klimt

Sotheby’s souligne le rôle des motifs chinois et japonais dans l’œuvre : phénix, lotus, aplats, juxtaposition de motifs et goût des textiles. Le phénix peut évoquer l’immortalité, la chance ou la renaissance ; les lotus renvoient à l’amour, à la pureté ou au mariage selon les traditions symboliques.

Mais Klimt ne fait pas une citation savante. Il transforme ces éléments en climat pictural. Le fond agit comme un paravent ou une tenture : il n’encadre pas la femme, il l’absorbe. La robe, le fanon de l’éventail, les fleurs et les oiseaux composent une seule respiration décorative.

C’est pourquoi on peut parler de jardin imaginaire : il n’y a pas de sol, pas d’horizon, pas de perspective. Seulement une surface habitée par des signes vivants.

III · Les dernières œuvres

La Dame à l’éventail dialogue avec les tableaux laissés dans l’atelier

En 1918, Klimt laisse plusieurs œuvres tardives dans son dernier atelier. Certaines sont achevées, d’autres non. Ensemble, elles montrent une peinture plus libre, plus colorée, moins tenue par les commandes officielles.

IV · Photos réelles

Les lieux réels derrière le jardin imaginaire

Pour ne pas laisser l’œuvre flotter seule, voici les lieux qui aident à la situer : atelier, jardin, institutions viennoises et musées liés à Klimt.

V · Histoire et marché

De l’atelier de Klimt au record européen de 2023

L’œuvre est restée longtemps en mains privées. En juin 2023, Sotheby’s la présente à Londres et la vend pour £85,3 millions avec frais, un record pour une œuvre vendue aux enchères en Europe à ce moment-là.

Date Épisode Pourquoi c’est important
1917–1918 Klimt peint Dame mit Fächer L’œuvre appartient au dernier moment de sa production, juste avant sa mort.
1918 Le tableau reste dans son atelier Sotheby’s et le Belvedere le relient à la photographie des œuvres sur chevalets.
2021–2022 Exposition au Belvedere Le public peut revoir l’œuvre dans le contexte des dernières peintures de Klimt.
27 juin 2023 Vente Sotheby’s Londres La vente atteint £85,3 millions avec frais, soit environ $108,4 millions.

Boutique

Prolonger l’univers de Klimt chez soi

Même si La Dame à l’éventail n’est pas toujours disponible en reproduction dans la boutique, ses thèmes mènent vers Klimt, l’Art nouveau, le Japonisme, les portraits et les tableaux décoratifs.

Questions fréquentes

Comprendre La Dame à l’éventail

La Dame à l’éventail est-elle vraiment la dernière œuvre de Klimt ?

Elle est généralement présentée comme son dernier portrait achevé. D’autres œuvres tardives, comme La Fiancée ou Adam et Ève, restent inachevées.

Quand Klimt a-t-il peint La Dame à l’éventail ?

Le tableau est daté de 1917–1918, peu avant la mort de Gustav Klimt le 6 février 1918.

Qui est la femme représentée ?

Son identité n’est pas établie avec certitude. L’œuvre fonctionne davantage comme une apparition décorative que comme un portrait mondain identifié.

Pourquoi le tableau est-il carré ?

Le format carré donne au portrait une modernité particulière. Il rapproche l’œuvre des paysages de Klimt et transforme le fond en surface autonome.

Quels motifs voit-on dans le fond ?

On y voit des oiseaux, notamment des phénix, des fleurs, des lotus et des motifs liés à l’intérêt de Klimt pour l’art chinois et japonais.

Où se trouve La Dame à l’éventail aujourd’hui ?

L’œuvre appartient à une collection privée. Elle n’est donc pas visible en permanence dans un musée.

Combien l’œuvre a-t-elle atteint aux enchères ?

Le 27 juin 2023, elle s’est vendue chez Sotheby’s Londres pour £85,3 millions avec frais, soit environ $108,4 millions.

La Dame à l’éventail est un adieu sans tristesse : Klimt y transforme le portrait en jardin, en textile et en rêve de couleur.

Dernière œuvre achevée, elle ne ferme pas une carrière : elle montre jusqu’où Klimt aurait encore pu aller.

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