Klimt · 1907–1908 · maternité sacrée
L’Espoir II maternité, prière et motifs byzantins
Une femme enceinte baisse la tête, enveloppée dans un manteau d’or, de carrés, d’yeux et de couleurs. Sous elle, trois femmes semblent prier ou pleurer. Avec L’Espoir II, Klimt transforme la grossesse en icône moderne : splendide, inquiétante et presque liturgique.

La réponse courte
Une grossesse changée en icône d’or
L’Espoir II est une œuvre de Gustav Klimt réalisée en 1907–1908. Le MoMA la décrit comme une peinture à l’huile, or et platine sur toile, de format carré, aujourd’hui conservée à New York.
Le tableau représente une femme enceinte qui incline la tête. Son corps disparaît presque sous une robe-manteau saturée de motifs : rectangles, yeux, cercles, surfaces dorées, bleus et rouges profonds. Sous elle, trois femmes forment un groupe silencieux, entre prière, méditation et deuil.
Le sujet est proche de L’Espoir I, peint en 1903, mais le climat change. Dans L’Espoir I, la femme enceinte est nue, frontale, presque exposée au spectateur. Dans L’Espoir II, Klimt enveloppe la maternité dans une surface précieuse. La mort n’a pas disparu : elle est intégrée dans l’ornement, comme une menace cachée au cœur même de la beauté.
I · Analyse
Le carré, l’or et le silence
Contrairement au format vertical de L’Espoir I, L’Espoir II adopte un carré stable. La composition paraît plus calme, mais cette paix est tendue : la prière et le deuil montent depuis le bas du tableau.
Un espace fermé
Le format carré donne à l’image un caractère d’icône. Rien ne déborde : le corps, les motifs et les figures sont tenus dans une même surface.
Un geste intérieur
La femme ne fixe plus le spectateur. Elle se recueille, comme si la grossesse devenait prière intime plutôt qu’affrontement frontal.
Un corps devenu décor
La robe n’habille pas seulement : elle transforme le corps en architecture de motifs, en reliquaire de couleur.
La mort cachée
Le crâne placé près du ventre empêche toute lecture naïve. L’espoir est réel, mais il n’est jamais séparé de la fragilité.

II · Maternité et prière
Trois femmes au pied du ventre
Le groupe inférieur est essentiel. Ces trois figures ne sont pas de simples spectatrices : elles donnent au tableau une dimension de rite. On peut les lire comme des femmes en prière, des pleureuses, des figures de protection ou de deuil.
Cette ambiguïté est typique de Klimt. Le tableau ne dit pas si elles accompagnent une naissance, anticipent une perte ou contemplent un mystère. Elles forment un chœur silencieux sous le corps enceinte, comme dans une image religieuse transposée dans la modernité viennoise.
La maternité n’est donc pas seulement biologique. Elle devient seuil spirituel : une zone où se croisent désir, peur, beauté, mort et transmission.
III · Motifs byzantins
Pourquoi parler de Byzance et de Ravenne ?
Klimt visite Ravenne en 1903 et y découvre les mosaïques byzantines, notamment à San Vitale. Les sources sur Klimt soulignent l’impact de cette rencontre : or, frontalité, surface mosaïquée, figures hiératiques. L’Espoir II ne copie pas Ravenne, mais il transforme la peinture en surface précieuse, presque mosaïque.

Une mosaïque peinte
La robe accumule rectangles, yeux, aplats d’or et fragments colorés comme une peau de tesselles.

Théodora et la surface d’or
La mosaïque byzantine juxtapose figures, bijoux, or et frontalité. Klimt retient surtout cette puissance de surface.

Le visage hiératique
Chez Klimt comme dans l’art byzantin, l’image peut devenir présence : moins narration que apparition.
IV · L’Espoir I / L’Espoir II
De la nudité frontale à l’icône dorée
Les deux œuvres partagent la grossesse et la proximité de la mort, mais elles ne produisent pas le même choc. L’Espoir I expose, L’Espoir II enveloppe.
| Aspect | L’Espoir I | L’Espoir II |
|---|---|---|
| Date | 1903 | 1907–1908 |
| Collection | National Gallery of Canada, Ottawa | Museum of Modern Art, New York |
| Corps | Femme enceinte nue, debout, regard frontal. | Femme enceinte vêtue d’un manteau ornemental, tête inclinée. |
| Mort | Figure squelettique plus explicite, environnement menaçant. | Crâne intégré au décor, tension plus silencieuse. |
| Effet | Scandale, confrontation, vulnérabilité. | Prière, rituel, icône moderne et surface byzantine. |
V · Galerie d’images
Voir L’Espoir II avec ses proches parents
L’œuvre appartient à la période où Klimt mêle corps féminin, or, symbole, arts décoratifs et grande peinture moderne.

L’Espoir II
L’œuvre complète : le carré, la robe, la prière et le crâne au centre de la tension.

L’Espoir I
Le précédent frontal et nu, plus brutal, permet de mesurer la transformation opérée par Klimt.

Médecine
Les corps, la maladie et la mort traversent aussi les grandes compositions universitaires.

Hygieia
La frontalité de cette figure éclaire le goût de Klimt pour les présences presque sacrées.

Mort et Vie
Le dialogue entre naissance, sommeil, désir et finitude devient ici presque cosmique.
VI · La peinture vue au musée
L’Espoir II photographié au MoMA
Ces images proviennent du projet Wikipedia Loves Art at the Museum of Modern Art. Elles ne remplacent pas la reproduction de référence : elles montrent plutôt la matière photographiée en situation muséale, avec ses reflets, ses légères déformations et la présence réelle du tableau dans l’espace.

La peinture photographiée en salle
Cette prise de vue montre l’œuvre telle qu’elle apparaît comme objet accroché : plus mate, plus physique, moins parfaite qu’une reproduction de catalogue.

Couleurs et surface
La photographie rend sensible l’effet d’ensemble : la robe dorée attire l’œil avant même que le crâne et les figures inférieures ne soient identifiés.

Un document de visite
Image moins nette, mais utile pour comprendre comment le tableau circule aussi par des photographies de visiteurs et de projets muséaux.
Pourquoi ajouter ces photos ?
La reproduction principale donne la meilleure lecture de l’œuvre. Les photos muséales ajoutent une autre information : elles montrent le tableau comme présence matérielle au MoMA, avec lumière réelle, cadrage photographique et perception de visite.
VII · Où voir L’Espoir II ?
Au Museum of Modern Art, New York
Le MoMA conserve L’Espoir II dans son département Painting and Sculpture. Sa notice indique l’œuvre comme “New on view”, au Floor 5 au moment de la consultation. Comme toujours, vérifiez l’accrochage sur le site du musée avant une visite.

Depuis l’intérieur du MoMA
Les grandes baies et les vues urbaines rappellent que L’Espoir II est aujourd’hui lu dans un contexte très moderne.

Circuler dans le musée
La visite du MoMA met Klimt en dialogue avec la modernité du XXe siècle, l’abstraction et les avant-gardes.

Ottawa, l’autre Espoir
L’Espoir I est conservé au Canada : les deux tableaux forment un diptyque mental entre Ottawa et New York.
Boutique
Prolonger Klimt : or, corps et décor
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Sources
Sources utilisées
Les informations viennent des notices du MoMA, de Wikimedia Commons, de la Klimt Database et de sources consacrées au voyage de Klimt à Ravenne.
Hope II
Notice de l’œuvre : date, technique, dimensions, collection et numéro d’objet.
Wikimedia CommonsImage de L’Espoir II
Klimt DatabaseKlimt en Italie
Voyages à Ravenne en 1903 et influence des mosaïques byzantines.
Ravenna TurismoKlimt à Ravenne
Contexte du voyage et rôle des mosaïques dans la période dorée.
Wikimedia CommonsPhotos du MoMA
Images réelles d’intérieur utilisées pour le contexte de visite.
Wikimedia CommonsPhoto WLA au MoMA
Photo Creative Commons de L’Espoir II photographié au Museum of Modern Art.
Wikimedia CommonsMosaïques de Ravenne
Images de Théodora et de San Vitale pour éclairer l’influence byzantine.
Questions fréquentes
Tout comprendre sur L’Espoir II
Quand Klimt peint-il L’Espoir II ?
Gustav Klimt réalise L’Espoir II en 1907–1908, au cœur de sa période dorée.
Où se trouve L’Espoir II ?
L’œuvre est conservée au Museum of Modern Art de New York, dans le département Painting and Sculpture.
Pourquoi parle-t-on de motifs byzantins ?
Parce que l’or, la frontalité, la surface mosaïquée et la solennité de l’image évoquent l’impact des mosaïques de Ravenne, vues par Klimt en 1903.
Que représente le crâne dans L’Espoir II ?
Le crâne rappelle la mort et la fragilité. Même dans une image de maternité et d’espoir, Klimt maintient la présence de la finitude.
Quelle différence avec L’Espoir I ?
L’Espoir I montre une femme enceinte nue et frontale. L’Espoir II enveloppe le corps dans l’or et les motifs, et déplace l’effet vers la prière et le rite.
L’Espoir II est-il une œuvre religieuse ?
Non au sens strict. Mais Klimt emprunte à l’icône, à la prière et à la solennité byzantine pour donner à la maternité une dimension sacrée moderne.
L’Espoir II n’efface pas la peur : il la couvre d’or, de silence et de prière.
C’est toute la force de Klimt : rendre la maternité splendide sans la rendre simple, et transformer le décor en pensée.
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