Comment Gustav Klimt est-il mort ?
Les faits documentés de ses dernières semaines : l’accident vasculaire cérébral du 11 janvier, l’hospitalisation, la pneumonie, le décès du 6 février et les œuvres laissées dans l’atelier.

Une mort brutale, mais une chronologie précise
Gustav Klimt ne meurt pas dans son atelier, le pinceau à la main, ni soudainement au cours d’une soirée mondaine. Le matin du 11 janvier 1918, alors qu’il s’habille dans son appartement de la Westbahnstraße 36 à Vienne, il est frappé par un accident vasculaire cérébral. L’attaque provoque une paralysie d’un côté du corps.
Le dossier publié par le Leopold Museum indique que Klimt conserve sa parole. Des proches, dont Emilie Flöge, Erich Lederer et Rudolf Zimpel, lui rendent visite. Son état paraît d’abord légèrement s’améliorer, mais l’immobilité prolongée, les plaies de décubitus et une infection pulmonaire compliquent la situation.
Le 3 février, il est transféré à la clinique du professeur Gerhard Riehl, dans l’Hôpital général de Vienne. Une pneumonie qualifiée de « grippale » ou « grippale-like » dans les sources anciennes s’ajoute aux conséquences de l’AVC. Klimt meurt le 6 février 1918 vers six heures du matin.
Du 11 janvier au 6 février 1918
La documentation permet de distinguer cinq étapes, sans inventer un diagnostic moderne au-delà de ce que les témoignages et archives établissent.
AVC au domicile viennois. Klimt est paralysé d’un côté, mais reste capable de parler.
Il est d’abord conduit dans un établissement privé du neuvième arrondissement. Des proches lui rendent visite.
Son état nécessite un transfert vers une clinique de l’Hôpital général de Vienne.
Une infection pulmonaire grave s’ajoute aux conséquences neurologiques et à l’affaiblissement.
Klimt meurt au matin. Il est enterré trois jours plus tard au cimetière de Hietzing.

Ce que l’on sait de l’AVC
Le mot allemand employé dans les sources, Schlaganfall, correspond à un accident vasculaire cérébral. Les archives ne permettent pas de préciser avec certitude, selon les critères médicaux actuels, s’il s’agissait d’un infarctus cérébral ou d’une hémorragie.
La paralysie d’un côté du corps indique une atteinte neurologique sévère. Le fait que la parole soit restée possible ne signifie pas que l’accident était bénin : les fonctions touchées varient selon la zone du cerveau concernée.
Un organisme vulnérable
L’immobilité après un AVC grave favorise les complications respiratoires, circulatoires et cutanées. En 1918, les antibiotiques modernes n’existent pas encore. Une pneumonie peut donc devenir rapidement mortelle, surtout chez un patient déjà affaibli.
Trois niveaux à ne pas confondre
Pour répondre correctement, il faut distinguer l’événement initial, les conséquences immédiates et la complication finale.
L’accident vasculaire cérébral
Il survient le 11 janvier, provoque une hémiplégie et entraîne l’hospitalisation. C’est la rupture décisive dans l’état de santé de Klimt.
Fait solidement documentéParalysie et affaiblissement
Une longue immobilisation expose à de nombreuses complications. Les sources mentionnent notamment des plaies liées au décubitus.
Contexte clinique documentéLa pneumonie
Une grave infection pulmonaire apparaît pendant l’hospitalisation. Elle aggrave un état déjà compromis par l’AVC.
Cause terminale retenue par plusieurs sourcesKlimt est-il mort de la grippe espagnole ?
La réponse prudente est non : on ne dispose pas d’une preuve suffisante pour attribuer directement son décès à la pandémie de grippe dite « espagnole ».
Ce que les sources disent
Klimt subit un AVC le 11 janvier 1918. Il développe ensuite une pneumonie pendant son hospitalisation et meurt le 6 février. Un dossier historique emploie l’expression allemande grippöse Lungenentzündung, que l’on peut traduire par pneumonie grippale.
Ce qu’il ne faut pas conclure
Le terme « grippal » ne suffit pas à identifier rétrospectivement le virus de la pandémie de 1918. Les grandes vagues européennes surviennent plus tard dans l’année. Egon Schiele, lui, meurt bien de la grippe en octobre 1918.
Le dernier atelier après la disparition du peintre
Depuis 1911, Klimt travaille dans une maison-jardin de Hietzing, à la Feldmühlgasse 11. Le lieu est à la fois refuge, espace de travail et point de rencontre. Il y réalise environ cinquante peintures et des centaines de dessins.
Après sa mort, Moriz Nähr photographie l’atelier. Sur l’un des clichés les plus importants, La Mariée et La Femme à l’éventail apparaissent sur leurs chevalets. La photographie documente non seulement les œuvres, mais aussi leur échelle, leur état et leur voisinage matériel.
Pourquoi cette image est capitale
Elle évite de transformer les derniers tableaux en liste abstraite. Ils étaient encore présents dans un atelier actif, entourés d’objets, de cadres et de travaux en cours. La mort de Klimt interrompt un processus, elle ne clôt pas proprement une série.

Huit tableaux pour comprendre la fin d’une carrière
Certaines œuvres abordent directement la mort et le cycle de la vie. D’autres témoignent surtout d’un travail brutalement interrompu en 1918.
1910–1911, remanié jusqu’en 1916La Vie et la MortLa mort observe un groupe compact où se mêlent enfance, amour, maternité et vieillesse. Klimt retravaille l’allégorie plusieurs fois avant 1918.
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vers 1899Vieil homme sur son lit de mortBien avant sa propre disparition, Klimt peint un corps fragile au seuil de la mort. Cette œuvre sobre contraste avec l’image d’un peintre uniquement décoratif.
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1917–1918, inachevéLa MariéeDernier grand projet allégorique, la toile reste largement ouverte. Les figures semblent émerger par étapes, ce qui rend le processus de création visible.
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1917–1918La Femme à l’éventailTrès avancée au moment de la mort de Klimt, cette composition associe visage, éventail, fleurs et oiseaux dans une surface tardive éclatante.
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1917–1918, inachevéPortrait d’Amalie ZuckerkandlLe visage et le buste sont travaillés, tandis que le fond et certaines zones du vêtement restent incomplets. Le tableau conserve la trace du chantier.
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1917–1918, inachevéPortrait de Johanna StaudeLe bleu du fond, le chemisier graphique et la bouche rouge annoncent une liberté chromatique nouvelle. L’inachèvement n’empêche pas une présence très forte.
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1917–1918, inachevéAdam et ÈveLa figure d’Ève est beaucoup plus avancée que celle d’Adam. La toile montre comment Klimt hiérarchisait ses zones de travail et ses effets de chair.
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1917–1918, inachevéDame en blancLa figure claire se détache sur des réserves et des passages vivement colorés. Le tableau appartient au groupe des portraits laissés en cours en 1918.
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Le dernier visage de Klimt dessiné à la morgue
Après la mort de Klimt, Egon Schiele se rend à la chambre mortuaire de l’Hôpital général. Il réalise trois dessins de la tête du peintre. La barbe de Klimt avait été rasée, transformation qui frappe Schiele au point qu’il dit avoir eu du mal à le reconnaître.
Le dessin ne cherche ni l’or ni l’icône. Il enregistre un visage amaigri, immobile, rendu par quelques lignes nerveuses. C’est à la fois un document et un geste d’adieu d’un artiste plus jeune à celui qu’il considérait comme une figure majeure de la modernité viennoise.
Le parallèle historique est saisissant : Schiele meurt à son tour le 31 octobre 1918, emporté par la grippe, trois jours après son épouse Edith. Cette fois, le lien avec la pandémie est clairement établi.
La tombe de Klimt à Hietzing
Gustav Klimt est inhumé trois jours après sa mort au cimetière de Hietzing, dans le treizième arrondissement de Vienne. Sa tombe se trouve dans le groupe 5, numéro 194, non loin du quartier où se situait son dernier atelier.
La sépulture est sobre : une pierre claire porte son nom et ses dates. Ce dépouillement contraste avec la profusion de ses tableaux dorés, mais correspond assez bien à l’homme photographié en blouse, rétif aux représentations officielles de l’artiste en grand personnage public.
Le cimetière et la Villa Klimt peuvent aujourd’hui être intégrés à un parcours consacré au peintre dans l’ouest de Vienne. Pour la visite, il faut distinguer le lieu de travail, conservé et restauré, de l’appartement de la Westbahnstraße où l’AVC s’est produit.

Ce qui permet de reconstituer les faits
Les détails médicaux doivent être lus à partir de chronologies de musée, dossiers d’archives et témoignages cités, non de récits romancés.
AVC le 11 janvier, pneumonie à l’hôpital et décès le 6 février 1918.
Consulter la source → LEOPOLD MUSEUMDossier historique StaechelinAdresse, paralysie, visites, transfert du 3 février, pneumonie et heure du décès.
Consulter la source → BELVEDEREIN-SIGHT: Gustav KlimtDernier atelier, témoignages et contexte de La Mariée laissée inachevée.
Consulter la source → LEOPOLD MUSEUMPhotographie de La MariéeNotice de la photographie de Moriz Nähr et état du dernier grand tableau.
Consulter la source → LEOPOLD MUSEUMLa Vie et la MortDates, remaniements, composition, provenance et présentation de l’allégorie.
Consulter la source → KLIMT FOUNDATIONL’atelier de HietzingHistoire de la Feldmühlgasse 11 et des œuvres créées dans le dernier atelier.
Consulter la source → CDCLes trois vagues de la pandémieLa première vague documentée commence au printemps 1918, puis la vague la plus meurtrière survient à l’automne.
Consulter la source →Continuer autour de Klimt
Ces sélections permettent de comparer les dernières œuvres, les portraits viennois, la période dorée et la collection du Belvédère.
Portraits, allégories, paysages et grands motifs décoratifs.
Explorer →VISAGES DE VIENNEPortraits de KlimtDes premières commandes aux portraits inachevés de 1918.
Explorer →OR ET MOSAÏQUELa période doréeLes œuvres où la surface devient précieuse et symbolique.
Explorer →MUSÉE DE VIENNEGalerie du BelvédèreLe Baiser, Adam et Ève et la modernité autrichienne.
Explorer →Questions sur la mort de Gustav Klimt
Quelle est la cause de la mort de Gustav Klimt ?
Il subit un accident vasculaire cérébral grave le 11 janvier 1918. Une pneumonie contractée pendant l’hospitalisation aggrave ensuite son état. Il meurt le 6 février.
Quel âge avait Gustav Klimt à sa mort ?
Il avait 55 ans. Né le 14 juillet 1862, il est mort le 6 février 1918, plusieurs mois avant son 56e anniversaire.
Klimt est-il mort de la grippe espagnole ?
On ne dispose pas d’une preuve suffisante pour l’affirmer. Les sources documentent un AVC suivi d’une pneumonie. La grande vague pandémique européenne survient plus tard en 1918.
Où Gustav Klimt est-il mort ?
Il meurt à l’Hôpital général de Vienne après avoir été transféré dans la clinique du professeur Gerhard Riehl.
Où Gustav Klimt est-il enterré ?
Au cimetière de Hietzing à Vienne, groupe 5, tombe numéro 194.
Quelles œuvres Klimt a-t-il laissées inachevées ?
Parmi les œuvres tardives interrompues figurent notamment La Mariée, Adam et Ève, le Portrait d’Amalie Zuckerkandl, le Portrait de Johanna Staude et Dame en blanc.
Qui a dessiné Klimt après sa mort ?
Egon Schiele réalise trois dessins de la tête de Klimt dans la chambre mortuaire de l’Hôpital général de Vienne.
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