Les commanditaires juifs de Klimt
Bloch-Bauer, Lederer, Gallia, Loew, Munk, Beer, Zuckerkandl : derrière les portraits les plus célèbres de Gustav Klimt se trouvent des familles qui ont soutenu la modernité viennoise, puis subi l’exil, la spoliation, la dispersion et parfois de longues batailles de restitution.

Qui commande, qui pose, qui possède ?
Parler des « commanditaires juifs de Klimt » demande d’abord de ne pas fabriquer un groupe uniforme. Les Bloch-Bauer, Lederer, Gallia, Loew, Munk, Beer ou Zuckerkandl n’avaient ni la même fortune, ni les mêmes pratiques religieuses, ni le même rapport à l’art. Plusieurs familles étaient assimilées ou converties. Cela ne les protégea pas des définitions raciales du régime nazi.
Ces mécènes appartenaient à une bourgeoisie active dans l’industrie, la médecine, le commerce, la presse et les salons. Ils achetaient l’art moderne, finançaient des artistes, aménageaient leurs intérieurs avec Josef Hoffmann ou la Wiener Werkstätte et faisaient entrer la Sécession dans la vie privée. Le portrait était à la fois une œuvre, une relation sociale et une déclaration de goût.
Il faut ensuite séparer quatre rôles. La personne représentée n’est pas toujours celle qui paie ; le commanditaire n’est pas forcément le propriétaire au moment de 1938 ; l’héritier légal peut différer du bénéficiaire désigné dans un testament ; enfin, un musée actuel n’est pas nécessairement l’acteur de la dépossession initiale.
Les mots changent l’histoire
Une provenance sérieuse commence par des catégories simples. Elles évitent de transformer toute circulation d’œuvre en restitution ou toute modèle en commanditaire.
Le modèle
La personne représentée : Adèle Bloch-Bauer, Serena Lederer, Hermine Gallia ou Ria Munk.
Le commanditaire
Celui ou celle qui passe commande et paie. Ferdinand Bloch-Bauer commanda le premier portrait d’Adèle ; Hans Böhler celui de Friederike Beer.
Le propriétaire
La personne ou l’institution qui détient juridiquement l’œuvre à une date donnée. Ce statut peut changer avant, pendant et après 1938.
L’ayant droit
L’héritier ou le bénéficiaire autorisé à demander un examen, une restitution ou un accord équitable.
La galerie des commanditaires
Les liens ci-dessous correspondent à des produits actifs de la boutique. Les notices distinguent l’histoire du portrait de celle de sa reproduction contemporaine.
LEDERER · PREMIÈRE GRANDE COLLECTIONSerena Pulitzer Lederer1899 · The Metropolitan Museum of Art, New YorkUne silhouette blanche presque immatérielle. Le portrait fut saisi à Vienne en 1942 puis rendu en 1948 à Erich Lederer, fils de Serena.
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GALLIA · ŒUVRE SAUVÉEPortrait d’Hermine Gallia1904 · National Gallery, LondresLa robe transforme le modèle en architecture souple. Les enfants Gallia réussirent à quitter l’Autriche fin 1938 avec le tableau, emporté ensuite en Australie.
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BLOCH-BAUER · SECOND PORTRAITPortrait d’Adèle Bloch-Bauer II1912 · Collection privéePeint cinq ans après le portrait d’or, le tableau oppose la verticalité d’Adèle à un fond de couleurs vives. Il faisait partie des cinq Klimt rendus aux héritiers en 2006.
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LEDERER · GÉNÉRATION SUIVANTEPortrait d’Elisabeth Lederer1914–1916 · Collection privéeCommandé par August et Serena Lederer pour leur fille, ce portrait tardif associe robe blanche et figures asiatiques flottantes.
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BEER · AVANT-GARDE COSMOPOLITEPortrait de Friederike Maria Beer1916 · Tel Aviv Museum of ArtCommandé par Hans Böhler, achevé en quelques mois, le portrait combine robe de la Wiener Werkstätte, veste retournée et décor inspiré d’objets asiatiques.
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MUNK · PORTRAIT COMMÉMORATIFPortrait inachevé de Ria Munk III1917–1918 · Collection privée après restitutionTroisième tentative de portrait après la mort de Ria Munk en 1911. Restée inachevée à la mort de Klimt, l’œuvre fut restituée aux héritiers en 2009.
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ZUCKERKANDL · PORTRAIT INACHEVÉPortrait d’Amalie Zuckerkandl1917–1918 · Belvédère, VienneLa commande fut retardée par la guerre et interrompue par la mort de Klimt. L’histoire ultérieure du tableau et celle d’Amalie ne se réduisent pas à un récit simple.
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BLOCH-BAUER · ICÔNE ET PROVENANCEPortrait d’Adèle Bloch-Bauer I1907 · Neue Galerie, New YorkL’or rend l’image immédiatement reconnaissable ; la saisie nazie, le renommage en « Femme en or » et la restitution de 2006 en ont fait une icône de la mémoire.
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Adèle et Ferdinand : la commande devenue affaire d’État
Adèle Bauer épouse l’industriel sucrier Ferdinand Bloch en 1899. Les deux familles unissent leurs noms. Dans leur maison viennoise, ils réunissent peinture moderne, arts décoratifs et objets anciens ; Adèle tient un salon fréquenté par des artistes et des personnalités politiques.
Ferdinand commande le premier portrait à Klimt en 1903. L’œuvre, achevée en 1907, devait être offerte aux parents d’Adèle. Après la mort de celle-ci en 1925, son testament exprime le souhait que Ferdinand laisse plusieurs Klimt à la Galerie autrichienne après sa propre mort. Il ne s’agissait toutefois pas d’un transfert immédiat de propriété.
Après l’Anschluss, Ferdinand fuit l’Autriche. Ses biens sont saisis, inventoriés et dispersés. Le portrait entre dans la collection publique sous le titre neutralisé de Femme en or, qui efface l’identité juive du modèle. Des décennies plus tard, Maria Altmann, nièce d’Adèle et héritière de Ferdinand, engage une procédure avec d’autres ayants droit.
En 2006, un tribunal arbitral autrichien ordonne la restitution de cinq tableaux de Klimt. Le premier portrait est acquis la même année pour la Neue Galerie de New York ; le second est vendu aux enchères. Cette issue célèbre ne doit pas devenir un modèle automatique : chaque dossier dépend de ses documents et de son histoire juridique.
Lire le dossier de la Neue Galerie →
Une collection immense, saisie puis en grande partie détruite
August Lederer, industriel, et Serena Pulitzer Lederer comptent parmi les soutiens les plus constants de Klimt. Serena joue un rôle moteur dans leurs achats. Leur ensemble devint probablement la plus importante collection privée de l’artiste, comprenant portraits, paysages, allégories et la monumentale Frise Beethoven.
Le portrait de Serena, peint en 1899, marque un moment décisif : la robe blanche absorbe presque le corps, tandis que le visage et les mains concentrent la présence. La famille commande ensuite le portrait de sa fille Elisabeth, travaillé de 1914 à 1916.
Après 1938, la collection est saisie. Une partie des œuvres est déplacée au château d’Immendorf, où un incendie détruit en mai 1945 un ensemble irremplaçable de Klimt. Le portrait de Serena suit une autre route : impoundé en 1942, il est rendu à son fils Erich en 1948 et rejoint bien plus tard le Metropolitan Museum.
La Frise Beethoven, également passée par la collection Lederer, rappelle que la restitution n’est pas une mécanique uniforme : en 2015, l’organe autrichien compétent ne recommanda pas son retour. Le désaccord autour de sa provenance demeure une part importante de sa réception.
Voir la notice du Metropolitan Museum →Comment une provenance se fracture
La dépossession ne prend pas une forme unique. Une chaîne de propriété peut mêler fuite, saisie administrative, vente sous pression, transfert public, silence familial et recherche tardive.
Persécuter
Lois raciales, interdictions professionnelles, arrestations et menaces détruisent la liberté réelle des propriétaires.
Inventorier
Les appartements, entreprises et collections sont décrits, taxés, bloqués ou placés sous contrôle administratif.
Transférer
Confiscation, « aryanisation », vente forcée, export impossible ou donation apparente déplacent les œuvres.
Effacer
Les noms sont remplacés, les dossiers incomplets et les récits de collection neutralisent parfois l’origine des biens.
Rechercher
Archives, correspondances, inventaires et marques matérielles permettent restitution, accord ou parfois refus motivé.
Restituer, régler, ou reconnaître
Ces dossiers montrent pourquoi il faut éviter les raccourcis. Un retour public, un accord privé et une œuvre sauvée par l’exil répondent à des circonstances juridiques différentes.
Ria Munk III
Aranka Munk avait commandé un portrait posthume de sa fille. Le troisième état, inachevé, entra dans les collections municipales de Linz après une histoire marquée par la persécution. Le Lentos le restitua en 2009 aux héritiers d’Aranka Munk.
Dossier de provenance du Lentos →Gertrud Loew
Le portrait avait été commandé en 1902 par le médecin Anton Loew. Après recherche, la Klimt Foundation et les héritiers Felsövanyi conclurent un accord « juste et équitable » fondé sur les Principes de Washington. L’œuvre fut vendue en 2015.
Recherche de la Klimt Foundation →Hermine Gallia
Le portrait ne fut pas spolié : les enfants Gallia réussirent à quitter l’Autriche avec lui à la fin de 1938. Transporté en Australie, conservé par la famille puis acquis par la National Gallery, il documente une histoire de fuite et de sauvegarde.
Notice de la National Gallery →Familles, œuvres et devenirs
Une synthèse ne remplace pas la recherche de provenance, mais elle rend visibles les différences essentielles entre les dossiers.
| Famille / modèle | Commande ou relation | Œuvre repère | Après 1938 | Situation ultérieure |
|---|---|---|---|---|
| Bloch-Bauer | Ferdinand commande deux portraits de son épouse Adèle. | Adèle I, 1907 ; Adèle II, 1912 | Biens de Ferdinand saisis et dispersés. | Cinq Klimt restitués aux héritiers en 2006. |
| Lederer | August et Serena constituent une collection majeure et commandent des portraits familiaux. | Serena, 1899 ; Elisabeth, 1914–1916 | Collection saisie ; nombreuses œuvres détruites à Immendorf. | Le portrait de Serena est rendu en 1948 ; autres dossiers ont des issues distinctes. |
| Gallia | Moriz et Hermine soutiennent Klimt et la Wiener Werkstätte. | Hermine Gallia, 1904 | Les enfants fuient avec le tableau fin 1938. | Conservé en Australie, puis acquis par la National Gallery. |
| Loew | Anton Loew, médecin et soutien de la Sécession, commande le portrait de sa fille. | Gertrud Loew, 1902 | Acquisition par Gustav Ucicky dans un contexte nazi non entièrement reconstitué. | Accord avec les héritiers en 2014 ; vente en 2015. |
| Munk | Aranka Munk commande un portrait commémoratif après la mort de Ria. | Ria Munk III, 1917–1918 | Trajectoire de collection affectée par la persécution. | Restitué par le Lentos aux héritiers en 2009. |
| Beer | Hans Böhler commande à Klimt le portrait de Friederike. | Friederike Maria Beer, 1916 | Friederike vit à New York dès le milieu des années 1930. | Œuvre aujourd’hui au Tel Aviv Museum of Art. |
| Zuckerkandl | Réseau familial de médecins, salonnières et soutiens de la modernité. | Amalie Zuckerkandl, 1917–1918 | Amalie et sa fille Nora sont déportées et assassinées en 1942. | Portrait inachevé au Belvédère ; provenance à lire séparément du destin du modèle. |
Restituer les personnes aux images
Les photographies historiques empêchent les modèles de disparaître derrière la seule célébrité des tableaux. Elles replacent aussi Klimt dans le réseau artistique qui dépendait de ces soutiens privés.

L’année du premier portrait d’Adèle, Klimt est déjà indépendant des commandes officielles. Ses clients privés rendent possible cette liberté.
Source et fichier libre →
Le mouvement est une institution d’artistes, mais sa diffusion repose aussi sur collectionneurs, salons et commandes privées.
Source et fichier libre →
L’œuvre monumentale fut acquise par August Lederer en 1915. Son histoire rappelle que même les dossiers très étudiés peuvent aboutir à des conclusions contestées.
Voir la Frise Beethoven →Six questions avant de raconter
Qui possède l’œuvre au moment de l’Anschluss, et depuis quand ?
La vente paraît-elle libre, ou résulte-t-elle d’une fuite, d’une taxe, d’une interdiction ou d’une menace ?
Le montant fut-il payé, accessible au vendeur et comparable au marché de l’époque ?
Inventaires, tampons, photographies, exportations et correspondances confirment-ils la chaîne ?
Y eut-il demande de retour, refus, accord, restitution conditionnelle ou silence imposé ?
La légende actuelle nomme-t-elle le modèle, l’ancien propriétaire et l’histoire de la dépossession ?
Retrouver les portraits et leurs contextes
Ces collections actives permettent de prolonger l’article par les œuvres disponibles dans le catalogue, sans confondre reproduction contemporaine et original historique.
Comparer modèles, silhouettes, robes, fonds et années de création.
Explorer →DEUX PORTRAITSAdèle Bloch-BauerLe portrait d’or de 1907, le second portrait de 1912 et leurs variations.
Explorer →OR · MOSAÏQUE · SURFACELa période doréeVoir les œuvres dans lesquelles la feuille d’or devient une structure picturale.
Explorer →MUSÉE · VIENNEGalerie du BelvédèreŒuvres conservées au Belvédère et tableaux associés à la modernité autrichienne.
Explorer →CATALOGUE COMPLETGustav KlimtPortraits, paysages, allégories, dessins et compositions décoratives.
Explorer →FIGURE BIBLIQUEJudith de Gustav KlimtComparer une autre figure féminine majeure de la période dorée.
Explorer →Des provenances vérifiables
L’article privilégie notices de musées, bases de recherche et dossiers de provenance. Les pages Wikimedia ne servent qu’à documenter les fichiers historiques libres utilisés pour l’illustration.
Commande, saisie, changement de titre, restitution et acquisition du portrait d’Adèle.
Consulter la source → CINQ TABLEAUXNeue Galerie · Bauer CollectionListe et exposition des cinq Klimt rendus en 2006 à Maria Altmann et aux cohéritiers.
Consulter la source → LEDERERMetropolitan Museum · Serena LedererNotice de l’œuvre, mécénat familial, saisie de 1942 et retour de 1948.
Consulter la source → GALLIANational Gallery · Hermine GalliaHistoire familiale, conversion, fuite des enfants et transport de l’œuvre en Australie.
Consulter la source → LOEWKlimt Foundation · Provenance ResearchRecherche sur le portrait de Gertrud Loew et accord avec les héritiers Felsövanyi en 2014.
Consulter la source → MUNKLentos · Recherche de provenanceDocumentation du retour de Ria Munk III aux héritiers d’Aranka Munk en 2009.
Consulter la source → RECHERCHE PUBLIQUEBelvédère · Provenance ResearchCadre de la recherche autrichienne, loi de 1998 et travaux de la commission.
Consulter la source → RÉSEAUKlimt Database · BenefactorsVue d’ensemble des mécènes privés de Klimt et du rôle de la bourgeoisie juive viennoise.
Consulter la source → BLOCH-BAUERKlimt Database · The Bloch-Bauer FamilySalon, collection, persécution et bataille juridique autour des œuvres.
Consulter la source → LEDERERKlimt Database · The Lederer FamilyHistoire de la collection, rôle de Serena et pertes du château d’Immendorf.
Consulter la source → GALLIAKlimt Database · The GalliasMécénat, intérieur moderne et sauvegarde des œuvres pendant la fuite.
Consulter la source → FRIEDERIKE BEERKlimt Database · Beer-MontiOrigines, portrait, Wiener Werkstätte, exil new-yorkais et activité culturelle.
Consulter la source →Douze questions pour éviter les idées reçues
Gustav Klimt était-il juif ?
Non. Gustav Klimt n’était pas juif. Une part importante de ses commanditaires, modèles, collectionneurs et soutiens appartenait toutefois à des familles juives ou issues du judaïsme de la grande bourgeoisie viennoise.
Pourquoi tant de familles juives ont-elles commandé des portraits à Klimt ?
Ces familles participaient activement à la vie économique et culturelle de Vienne. Le portrait moderne permettait d’affirmer une identité sociale, un goût pour l’avant-garde et une place dans la ville, à une époque où l’accès à certaines formes de reconnaissance institutionnelle restait traversé par l’antisémitisme.
Adèle Bloch-Bauer a-t-elle commandé elle-même ses portraits ?
Le premier portrait fut commandé par Ferdinand Bloch-Bauer, son mari, et devait être offert aux parents d’Adèle. Il faut donc distinguer le modèle, le commanditaire, le propriétaire et les héritiers.
Le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer I a-t-il été restitué ?
Oui. Après la saisie nazie et un long contentieux, un tribunal arbitral autrichien ordonna en 2006 le retour de cinq tableaux de Klimt aux héritiers Bloch-Bauer. Le portrait fut ensuite acquis par Ronald Lauder pour la Neue Galerie de New York.
Tous les portraits présentés ici ont-ils été spoliés ?
Non. Le Portrait d’Hermine Gallia, par exemple, quitta l’Autriche avec les enfants Gallia à la fin de 1938. Friederike Beer vivait déjà à New York. Chaque provenance doit être étudiée séparément.
Qu’est-ce qu’une spoliation ?
Il s’agit d’une dépossession liée à la persécution : confiscation, vente forcée, transfert sous contrainte, prélèvement fiscal discriminatoire ou perte de contrôle dans un contexte où le propriétaire ne pouvait agir librement.
Pourquoi les conversions religieuses n’ont-elles pas protégé certaines familles ?
Le régime nazi définissait la judéité selon des critères raciaux et généalogiques. Une conversion au catholicisme ou au protestantisme ne supprimait donc pas la persécution imposée par les lois antisémites.
Qu’est-il arrivé à la collection Lederer ?
Elle fut saisie et dispersée sous le nazisme. Une grande partie des œuvres stockées au château d’Immendorf disparut dans l’incendie de mai 1945. Certaines pièces avaient connu d’autres trajectoires, comme le portrait de Serena rendu à son fils en 1948.
Le Portrait de Gertrud Loew a-t-il été restitué par un musée ?
Non. La Klimt Foundation et les héritiers Felsövanyi ont conclu en 2014 un accord privé qualifié de juste et équitable, après une recherche de provenance. L’œuvre a ensuite été vendue en 2015.
Pourquoi Ria Munk apparaît-elle dans cette histoire ?
Après la mort de Ria en 1911, sa mère Aranka Munk commanda à Klimt un portrait commémoratif. La troisième version, restée inachevée, fut restituée par le Lentos aux héritiers d’Aranka Munk en 2009.
Où voir aujourd’hui ces portraits ?
Le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer I est à la Neue Galerie de New York, Serena Lederer au Metropolitan Museum, Hermine Gallia à la National Gallery de Londres, Amalie Zuckerkandl au Belvédère et Friederike Maria Beer au Tel Aviv Museum of Art.
Une provenance complète garantit-elle l’absence de problème ?
Non. Une chronologie sans lacune est utile, mais il faut aussi comprendre le contexte des transactions, les pressions exercées, les lois discriminatoires et l’identité réelle des ayants droit.
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