Du nu d’étude de David aux couleurs de Delaunay, ces 25 tableaux proposent un parcours dans les collections du musée Fabre à Montpellier. Bazille y occupe une place importante, auprès de Delacroix, Courbet, Cabanel, Monet, Renoir, Degas et Sisley. Les portraits, les natures mortes et les paysages permettent de comparer la construction des figures, les rapports de couleurs et les gestes du travail pictural.
La sélection réunit 24 huiles sur toile et une détrempe sur toile. Les notices précisent la technique de chaque original. Certaines œuvres sont des dépôts et plusieurs sont indiquées en réserve dans la base du musée : cette sélection ne constitue donc pas la liste des tableaux actuellement visibles en salle. Chaque œuvre est accompagnée d’une photographie entière, de son inventaire et de liens vers sa notice et les droits de l’image.
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Bazille : les figures et leurs lieux
Vue de village associe une jeune fille à la profondeur du paysage. La Petite Italienne chanteuse des rues et le portrait d’Alphonse Tissié rapprochent au contraire l’attention du modèle, du vêtement et de la pose. Dans La Toilette, les figures se répondent dans un intérieur, tandis que Jeune femme aux pivoines fait dialoguer un visage, une robe et des fleurs. Deux œuvres inachevées, l’Étude de jeune homme nu et Ruth et Booz, conservent des différences de finition. Elles invitent à observer les surfaces telles qu’elles sont, sans reconstruire les parties laissées à l’état d’étude.
1. Vue de village — Frédéric Bazille

Frédéric Bazille · Wikimedia Commons · Domaine public.
Une jeune fille en robe claire est assise à l’ombre d’un pin, devant le paysage du Lez et de Castelnau. Bazille associe le portrait à la profondeur du paysage, en opposant l’ombre du premier plan à la lumière du village. Le musée situe la réalisation de cette huile durant l’été 1868, au domaine de Méric.
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2. La Toilette — Frédéric Bazille

Frédéric Bazille · Wikimedia Commons · Domaine public.
Trois femmes occupent un espace resserré, parmi les étoffes rayées, le tapis à motifs et la fourrure claire. Le corps assis au centre relie les gestes des deux autres personnages. Les rouges, les blancs et les tons de peau donnent une grande présence à cette composition. Le musée date La Toilette de 1870 et précise que Marc Bazille en fit don en 1918.
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3. Jeune femme aux pivoines — Frédéric Bazille

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La jeune femme tient des fleurs de part et d’autre d’un vase décoré. Son vêtement blanc et son foulard rayé accompagnent les rouges, les bleus et les roses du bouquet. Cette toile de 1870 appartient au musée Fabre depuis le don de Marc Bazille en 1918. Elle est distincte de la composition au panier de fleurs conservée à Washington.
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4. Ruth et Booz — Frédéric Bazille

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Sous un croissant de lune, Ruth se tourne vers Booz allongé auprès des gerbes. La grande silhouette d’un arbre et la ligne basse de l’horizon donnent au paysage une atmosphère nocturne silencieuse. La facture laissée visible et les parties peu achevées appartiennent à l’état de cette toile de 1870 ; la photographie les conserve sans reconstruction.
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5. Petite Italienne chanteuse des rues — Frédéric Bazille

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Une enfant tenant un violon et son archet se tient au premier plan d’une rue. Le chapeau fleuri, le fichu clair et le tablier à bandes donnent des accents colorés à sa silhouette. Le musée date cette huile de 1866 et précise son acquisition en 2002. Le personnage principal domine la composition, tandis que les passants restent à l’arrière-plan.
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6. Portrait de M. Alphonse Tissié en cuirassier — Frédéric Bazille

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Le casque brillant et l’épaulette rouge encadrent le visage d’Alphonse Tissié. Le fond gris laisse toute sa place à l’uniforme sombre et à la tête tournée de trois quarts. Le musée date cette huile de 1869 et enregistre le don d’Alphonse Tissié en 1918. Les dimensions hors cadre sont de 61,5 × 50,5 cm.
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7. Étude de jeune homme nu — Frédéric Bazille

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Un jeune homme est allongé sur le ventre, la tête reposant sur ses bras. Le corps apparaît au-dessus d’une large zone où la toile et les traits de dessin restent visibles. Cette étude de 1870 conserve ainsi les étapes du travail du peintre. La photographie respecte cet état et ne complète pas les parties laissées peu peintes.
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Portraits et études : du modèle au personnage
L’Académie dite Hector de David étend le corps sur une draperie sombre, alors que le portrait d’Alphonse Leroy l’associe à une table et à une plume. Chez Courbet, Baudelaire est absorbé par sa lecture ; La Fileuse endormie décrit un autre arrêt du geste. Renoir montre Bazille en train de peindre le héron. Delacroix étudie le modèle Aspasie dans une pose où la lumière se concentre sur le visage et le buste. Les poses, les objets proches et les directions du regard offrent des points de comparaison concrets.
8. Étude d’après le modèle Aspasie — Eugène Delacroix

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La jeune femme se tourne vers le spectateur, un drapé blanc entourant le buste et un collier sombre soulignant le cou. Le fond brun et la lumière sur la peau construisent une étude de figure sobre. Le musée présente cette huile sous le titre Étude d’après le modèle Aspasie, la date vers 1824 et enregistre le don Alfred Bruyas en 1868.
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9. Frédéric Bazille peignant le héron — Pierre-Auguste Renoir

Pierre-Auguste Renoir · Wikimedia Commons · Domaine public.
Assis devant son chevalet, Bazille tient une palette et approche son pinceau de la toile où figure le héron. Renoir montre son ami au travail, de profil, dans un atelier aux tons gris et bruns. Le tableau date de 1867. Cette huile sur toile est déposée au musée Fabre par le musée d’Orsay depuis 2006.
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10. Portrait d’Alphonse Leroy — Jacques-Louis David

Jacques-Louis David · Wikimedia Commons, source Musée Fabre · Domaine public.
Une plume à la main, Alphonse Leroy interrompt son écriture et tourne le regard vers le spectateur. Sa robe rouge et son linge blanc se détachent sur le fond sombre, auprès d’un livre et d’une lampe. Le musée situe ce portrait vers 1783 et indique son acquisition par la Ville en 1829.
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11. Académie dite « Hector » — Jacques-Louis David

Jacques-Louis David · Wikimedia Commons, source Musée Fabre · Domaine public.
Un homme nu est étendu sur une draperie brune, le corps éclairé en diagonale sur un fond sombre. David met en évidence les volumes du torse, les bras ouverts et le relâchement de la tête. Le musée nomme cette étude Académie dite « Hector » et la date de 1778. La Ville l’a acquise en 1851.
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12. Portrait de Baudelaire — Gustave Courbet

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Baudelaire est assis à une table, absorbé par un livre ouvert et tenant une pipe à la bouche. Une plume, des volumes empilés et un fauteuil rouge composent son environnement proche. Courbet resserre la scène autour de cette lecture silencieuse. Le musée date le portrait de 1848 ; il appartient au legs Alfred Bruyas de 1876.
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13. La Fileuse endormie — Gustave Courbet

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Une femme s’est assoupie auprès de son rouet, la tête inclinée et les mains encore proches du fil. Le châle rayé, la laine claire et les motifs du fauteuil se détachent dans l’intérieur sombre. Courbet peint cette scène de travail interrompu en 1853. L’œuvre entre au musée avec le don Alfred Bruyas de 1868.
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Récits, rencontres et gestes
Les Femmes d’Alger présentées ici correspondent à la version de 1849 du musée Fabre, distincte de celle du Louvre. Daniel dans la fosse aux lions et Orphée secourant Eurydice déplacent le regard vers deux récits, où la position des corps donne sa tension à la scène. Phèdre et L’Ange déchu de Cabanel accordent eux aussi une place essentielle aux attitudes. Avec La Rencontre de Courbet, la scène revient à un chemin en plein air, où trois hommes se saluent. La nourrice de Degas reste près du bord gauche de son tableau : les espaces occupés et laissés libres changent fortement d’une composition à l’autre.
14. Femmes d’Alger dans leur intérieur — Eugène Delacroix

Eugène Delacroix · Wikimedia Commons · Domaine public.
Dans cette seconde version du sujet, Delacroix réorganise les figures dans un intérieur où la servante soulève un rideau. La lumière venue de la droite relie les personnages et les étoffes dans une atmosphère assoupie. Cette toile de 1849, plus petite que la version de 1834 du Louvre, est entrée au musée Fabre avec le don Alfred Bruyas de 1868.
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15. Daniel dans la fosse aux lions — Eugène Delacroix

Eugène Delacroix · Wikimedia Commons · Domaine public.
Daniel, assis au milieu des lions, lève le regard vers les hommes penchés au-dessus de la fosse. La lumière venue d’en haut relie les deux groupes et traverse l’obscurité. Dans cette huile de 1849, les animaux forment autour de la figure centrale une masse mouvante de tons chauds. Le tableau provient du don Alfred Bruyas de 1868.
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16. Orphée secourant Eurydice — Eugène Delacroix

Eugène Delacroix · Wikimedia Commons · Domaine public.
Orphée soutient Eurydice affaissée, dans un paysage qui mène le regard vers le ciel clair. Les gestes et les draperies nouent le drame au premier plan, tandis qu’une autre figure se tient en retrait. Delacroix peint cette huile en 1862. Le musée enregistre des dimensions hors cadre de 61 × 50,5 cm et le don Alfred Bruyas en 1868.
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17. La Rencontre ou Bonjour M. Courbet — Gustave Courbet

Gustave Courbet · Wikimedia Commons · Domaine public.
Sur un chemin clair, trois hommes se saluent auprès d’un chien. Le voyageur de droite porte son matériel sur le dos et tient un bâton, tandis que les deux autres ont retiré leur chapeau. Courbet organise cette rencontre dans un paysage largement ouvert. Datée de 1854, la toile est entrée au musée par le don Alfred Bruyas en 1868.
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18. Phèdre — Alexandre Cabanel

Alexandre Cabanel · Wikimedia Commons · Domaine public.
Étendue sur un lit couvert de blanc, Phèdre repose la tête sur une main, tandis que deux femmes l’entourent. Les étoffes claires, le mobilier orné et les tons sombres de la pièce encadrent sa silhouette. Cabanel présente cette huile au Salon de 1880 et l’offre au musée la même année.
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19. L’Ange déchu — Alexandre Cabanel

Alexandre Cabanel · Wikimedia Commons · Domaine public.
L’ange est assis sur un rocher, les bras croisés devant le visage et les ailes sombres repliées derrière lui. Au loin, d’autres figures ailées traversent le ciel pâle. Cabanel oppose la présence du corps au premier plan à cet arrière-plan aérien. Datée de 1847, l’œuvre a été donnée au musée par le frère du peintre en 1889.
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20. Une nourrice au jardin du Luxembourg — Edgar Degas

Edgar Degas · Wikimedia Commons · Domaine public.
La nourrice et l’enfant occupent le bord gauche de la toile, auprès de chaises laissées vides. Une allée s’ouvre derrière eux, bordée d’arbres et parcourue par de petites silhouettes. Degas laisse une grande place à cet espace décentré et à la lumière filtrée par les feuillages. Le musée date cette huile sur toile vers 1872.
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Fleurs, oiseaux et couleurs
Fleurs et Nature morte au héron montrent deux organisations différentes des objets chez Bazille. Le Héron aux ailes déployées de Sisley est une autre œuvre physique, de format horizontal : la présence du même oiseau ne rend pas les deux tableaux interchangeables. Le Jardin en fleurs à Sainte-Adresse de Monet étend les touches colorées à l’espace du jardin. Enfin, les fruits, pots et tissus de la Nature morte portugaise de Robert Delaunay déploient des rapports de bleus, de jaunes et d’oranges. Cette dernière œuvre est une détrempe sur toile, et sa technique est distinguée de celle des huiles qui l’entourent.
21. Fleurs — Frédéric Bazille

Frédéric Bazille · Wikimedia Commons · Domaine public.
Un vase haut porte des fleurs blanches au-dessus d’un groupe de tulipes rouges et de roses disposées plus bas. Le fond sombre et la lumière qui frappe les pétales organisent une nature morte faite de contrastes. Le musée date cette huile sur toile vers 1869–1870 et donne des dimensions hors cadre de 63 × 48,5 cm.
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22. Nature morte au héron — Frédéric Bazille

Frédéric Bazille · Wikimedia Commons · Domaine public.
Le grand héron suspendu déploie ses ailes au-dessus d’autres oiseaux posés sur un linge blanc. Les plumes grises et blanches se détachent devant le fond sombre, dans une composition verticale marquée par le contraste. Cette huile de 1867 est entrée au musée Fabre en 1898 par un don de Madame Gaston Bazille.
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23. Jardin en fleurs, à Sainte-Adresse — Claude Monet

Claude Monet · Wikimedia Commons · Domaine public.
Les massifs de fleurs occupent le premier plan, entre la pelouse ombragée et la maison claire. Monet oppose les touches rouges et roses au feuillage vert et au ciel bleu. Datée vers 1866 par le musée, cette huile sur toile est déposée au musée Fabre par Orsay en 2006. Elle porte aussi la référence MNR 216, liée aux œuvres récupérées après la guerre.
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24. Nature morte portugaise — Robert Delaunay

Robert Delaunay · Wikimedia Commons · Domaine public.
La pastèque ouverte, les fruits, les pots et la vaisselle se répondent dans un ensemble de bleus, de jaunes et d’oranges. Les objets se superposent et s’inclinent, tandis que les étoffes rayées relient la table au premier plan. Le musée date cette nature morte de 1915 et précise sa technique originale : une détrempe sur toile.
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25. Le Héron aux ailes déployées — Alfred Sisley

Alfred Sisley · Wikimedia Commons · Domaine public.
Le héron est suspendu au-dessus d’un linge clair, ses ailes ouvertes formant une large diagonale. D’autres oiseaux reposent au premier plan et accentuent le contraste des plumages avec le fond sombre. Cette toile horizontale de Sisley, datée de 1867, est distincte de la nature morte verticale de Bazille conservée dans le même musée.
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Questions sur cette sélection du musée Fabre
Les 25 tableaux sont-ils tous visibles au musée ?
Pas nécessairement. La base actuelle indique plusieurs œuvres en réserve. Les accrochages et les prêts peuvent évoluer. Consultez les informations du musée avant une visite ; cette sélection porte sur les œuvres documentées dans ses collections et ses dépôts.
Toutes les œuvres appartiennent-elles à la Ville ?
Non. Le jardin de Monet et le portrait de Bazille par Renoir sont des dépôts du musée d’Orsay. Le Monet porte aussi la référence MNR 216. La présence au musée ne suffit pas à établir une propriété municipale.
S’agit-il uniquement de peintures à l’huile ?
La sélection comporte 24 huiles sur toile et une détrempe sur toile : Nature morte portugaise de Robert Delaunay, datée de 1915. La technique de l’original est distincte de celle d’une reproduction proposée à la commande.
Comment les images et les différentes versions sont-elles vérifiées ?
Les inventaires et notices du musée identifient chaque œuvre physique. Les photographies retenues sont signalées dans le domaine public sur Wikimedia Commons ; les pages sources sont liées sous les images. Les versions de Phèdre et les tableaux au héron sont distingués. Aucune partie manquante n’a été inventée et aucun recadrage n’a été effectué pour cette sélection.
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